Policiers tués : l'enquête avance, la classe politique condamne

Policiers tués : l'enquête avance, la classe politique condamne

Un véhicule de police garé devant la maison du couple de policiers abattu à Magnanville (Yvelines) par un homme se revendiquant de Daesh, le 14 juin 2016.

A lire aussi

Orange avec AFP, publié le mardi 14 juin 2016 à 08h54

- Un couple de policiers a été abattu lundi soir à Magnanville par un homme se revendiquant de Daesh. "Un acte terroriste" dénoncé par le gouvernement.

-

Trois personnes étaient en garde à vue ce mardi matin 14 juin dans le cadre de l'enquête sur le double assassinat lundi soir d'un policier et de sa compagne revendiqué par Daesh. Il s'agit de "relations" du meurtrier présumé.

Le drame s'est déroulé à Magnanville, dans les Yvelines, au domicile de Jean-Baptiste, commandant de police de 42 ans en poste aux Mureaux, et de sa compagne, Jessica, secrétaire administrative au commissariat de Mantes-la-Jolie de 36 ans. Vers 21h00, un homme, dont l'identité était encore inconnue, a attaqué le policier en civil dans le quartier pavillonnaire de cette commune de l'ouest de Paris. Peu après, tous les habitants du quartier autour de la maison ont été évacués, avant qu'un dispositif policier conséquent n'empêche toutes les allées et venues. Puis les policiers de l'unité d'élite du Raid "sont rapidement arrivés sur les lieux. Des négociations étaient entamées et un plan d'assaut a été mis au point", a expliqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur Pierre-Henry Brandet. Après l'assaut du Raid, un hélicoptère de la sécurité civile s'est posé à quelques centaines de mètres, alors que plusieurs camions de pompiers et du Samu sortaient du périmètre de sécurité. "Les négociations ne pouvant aboutir, il a été décidé de donner l'assaut", a ajouté le porte-parole. De fortes détonations on retenti vers minuit. "En y entrant les forces de l'ordre qui agissaient avec l'autorisation de légitime défense d'autrui ont trouvé le corps d'une femme" et "l'assaillant a été abattu", a rapporté le procureur de Versailles. Jessica a été retrouvée morte avec "une plaie au cou", selon une source proche de l'enquête.

L'assaillant, un jeune homme de 25 ans, du nom de Larossi Abballa qui vivait dans la commune voisine de Mante-la-Jolie "s'est revendiqué du groupe jihadiste" durant les négociations avec le Raid. Des témoins ont rapporté aux enquêteurs qu'il aurait crié "Allah akbar" en attaquant le policier. Par ailleurs, à peine quelques heures après, l'agence Amaq liée au groupe jihadiste a affirmé qu'un "combattant de l'État islamique" avait tué le couple près de Paris, selon le centre américain de surveillance de sites jihadistes SITE.


CONDAMNÉ POUR PARTICIPATION À UNE FILIÈRE JIHADISTE

Le meurtrier présumé avait déjà été condamné en 2013 pour participation à une filière jihadiste entre la France et le Pakistan selon diverses sources concordantes. Jugé avec sept autres prévenus, il avait été condamné à trois ans de prison dont six mois avec sursis pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes". Il était apparu depuis quelques semaines dans l'entourage d'un homme parti vivre en Syrie, ce qui avait incité la police à le placer sous surveillance, selon le service police-justice de France Info.

Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'enquête, ouverte pour "assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste", "tentatives d'assassinats sur mineur de 15 ans en relation avec une entreprise terroriste", "séquestration sans libération volontaire en relation avec une entreprise terroriste" et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste en vue de la préparation de crimes d'atteintes aux personnes", a précisé une source judiciaire.

"Cet acte a été fait par quelqu'un qui avait été effectivement arrêté pour recrutement", a laconiquement indiqué sur RTL le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll. Mais "à l'heure où on parle, il est difficile de tirer quelque conclusion que ce soit, il faut être prudent", a-t-il dit.

"UN ACTE INCONTESTABLEMENT TERRORISTE"

"Toute la lumière sera faite" sur "la nature exacte" de "ce drame abominable", a déclaré François Hollande. Manuel Valls a exprimé de son côté, la "solidarité de toute la nation aux policiers" et appelé à "refuser la peur, combattre le terrorisme", sur Twitter.



Le président a réuni ce mardi matin à l'Élysée le Premier ministre et les ministres de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et de la Justice Jean-Jacques Urvoas pour faire le point sur l'assassinat. La réunion a débuté un peu avant 7h50 et s'est achevée vers 8h30.



À l'issue de cette réunion, le ministre de l'Intérieur a dénoncé un "acte terroriste abject". Il a annoncé que "plus de 100 individus ont été arrêtés depuis le début de l'année 2016" en France en lien avec la menace terroriste. Le ministre de l'Intérieur, qui avait exprimé la veille "son infinie tristesse", se rendra dans la matinée aux commissariats des Mureaux et de Mantes-la-Jolie, où travaillaient les victimes Jessica et Jean-Baptiste.



Peu après, le président François Hollande a également conspué à l'ouverture d'une réunion internationale contre la corruption un "acte incontestablement terroriste", ajoutant que "la France est confrontée à une menace terroriste de très grande importance". "Nous avons mobilisé des moyens très importants", a-t-il ajouté.

"CE QUI POUVAIT ARRIVER DE PIRE POUR TOUS LES POLICIERS QUI REDOUTENT QUE LEUR FAMILLE SOIT TOUCHÉE"

La classe politique a réagi mardi matin au drame. "En s'attaquant à des policiers pour ce qu'ils sont, en utilisant les moyens de la terreur, c'est la République qui est visée" a dénoncé sur Twitter Nicolas Sarkozy, qui a publié un communiqué sur son compte. Dans le cadre de l'état d'urgence, notre niveau de vigilance doit être adapté sans délai et tous les enseignements de l'enquête judiciaire en cours sur le profil et le mobile du terroriste doivent être tirés pour renforcer la sécurité des Français et la protection de nos forces de l'ordre" a-t-il poursuivi.


Globalement, la droite a réclamé plus de fermeté. Secrétaire général des Républicains, le député Éric Ciotti a réclamé sur iTÉLÉ la mise en place de "centres de rétention", car "ces personnes (ne) peuvent pas aujourd'hui continuer à être dans une situation de totale liberté alors que nous savons, que les services de renseignements, judiciaires manifestement dans ces circonstances, savent leur dangerosité". La présidente Les Républicains de la région Île-de-France Valérie Pécresse, également députée des Yvelines, a elle-aussi demandé l'ouverture de ces "centres de rétention" en région parisienne. .

Du côté du FN, Marine Le Pen souhaite que "la lutte implacable" contre l'islamisme commence "enfin", tandis que son second Florian Philippe réclame la fin du "laxisme".



Vive émotion au sein de la profession policière également. "Nous partageons cette vive émotion et la tristesse infinie de nos collègues des Yvelines", a déclaré, ce mardi, Christophe Rouget, porte-parole du SCI, syndicat des cadres de la sécurité intérieure. "Nous tenons à saluer le grand professionnalisme des forces d'intervention qui ont permis de sauver la vie de leur fils". "Il semble bien que Jean-Baptiste et Jessica aient été victimes de la barbarie qui gangrène le monde et qui a ciblé, une nouvelle fois, un des nôtres et sa famille. C'est ce qui pouvait arriver de pire pour tous les policiers qui redoutent que leur famille soit touchée à cause de leur profession," a expliqué Christophe Rouget.

"Il y a de la colère et de l'inquiétude face à cette situation d'attaques terroristes qui sont multiples et de différentes formes", a réagi sur France Info Nicolas Comte, secrétaire général adjoint et porte-parole d'unité SGP police FO. Ce drame a lieu en plein mois du ramadan. "On savait que c'était un mois à risques. Des messages ont été passés demandant aux combattants de passer à l'action pendant ce mois qu'ils considéraient sacrés". "Il y a l'Euro de football qui donne une résonance particulière à ce qui peut se faire en France", a-t-il ajouté.

 
199 commentaires - Policiers tués : l'enquête avance, la classe politique condamne
  • Pauvre petit, quelle terreur il a dû endurer !
    Et quelle situation préoccupante ... Chaque fois, on entend que le malfaiteur "était connu des services de Police" ... "était surveillé" ... Les voisins tombent des nues "c'était un jeune homme calme, souriant etc etc" ...
    Et on met les drapeaux en berne, on fait des minutes de silence, on s'indigne etc etc ...
    Comment tout cela finira-t-il ???

  • Condoleances à la famille, pauvre petit chou privé de l'amour de ses parents si jeune.Et courage et félicitations à toutes les forces de l'ordre qui depuis des mois nous protègent au risque de leurs vies.

  • les terroristes gagnent tous les jours un peu plus de terrain dans notre pays. Nous ne sommes plus du tout en sécurité puisqu'ils viennent nous chercher chez nous maintenant. Nous sommes vraiment en guerre. Cela doit rappeler de tristes moments à nos anciens. Si cette guerre n'est endiguée nous allons droit à une guerre civile car chacun voudra se défendre mais contre qui, ils savent si bien se fondre dans la masse. Tout le monde sera suspect et la peur entrainera des réactions dramatiques. Je ne suis pas d'un naturel pessimiste mais là j'avoue que je pense que nous pénétrons dans un tunnel rempli d'embuches et dont l'issue est lointaine.

  • Y aura-t-il assez de preuves pour que la justice condamne?????
    Et "Moi Président"....je fais l'autruche sauf...pour passer à la caisse.

  • bien sur certain dise non a la peine de mort car il turer les siens donc cette personne doit demissionner du gouvernement

  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]