Police : le ras-le-bol des services d'investigation

Police : le ras-le-bol des services d'investigation

La police judiciaire enquête sur l'affaire Troadec à Pont-de-Buis-lès-Quimerch, le 9 mars 2017.

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Orange avec AFP, publié le vendredi 30 juin 2017 à 15h25

Le syndicat Alliance alerte sur le grand "malaise" des enquêteurs au sein de la police nationale, qui souffrent de la multiplication des tâches annexes et de la "complexification" de la procédure.

"Il existe une forte désaffection ressentie sur tous les métiers de l'investigation, au niveau de la sécurité publique comme de la police judiciaire", a souligné le secrétaire général du premier syndicat de gardiens de la paix et de gradés, Jean-Claude Delage, au cours d'une conférence de presse jeudi 29 juin. "Nous voulons éviter cette chronique d'une mort annoncée", avertit-il. 

Impuissance et lassitude chez les enquêteurs

Se basant sur une étude réalisée par le syndicat auprès de 8.852 policiers de fin janvier à mars, notamment via internet, Alliance épingle tour à tour "la surcharge de tâches annexes", les problèmes d'astreinte judiciaire ou d'ordre matériel et la "complexification de la procédure". "Les policiers ne sont plus enquêteurs. Le cœur du métier, les collègues ne le vivent plus", regrette le syndicaliste. 

Ainsi, l'étude affirme que "32% des sondés passent plus de 50% de leur temps à rédiger des actes administratifs et statistiques". Elle brosse le portrait d'enquêteurs estimant avoir dorénavant du mal à faire face à la charge de travail, notamment en sécurité publique, où "le sentiment d'impuissance" s'ajoute à "celui de lassitude" sur ce qu'il est convenu d'appeler le "petit judiciaire".

Des mesures pour "redorer le blason de l'investigation" 

Selon les chiffres avancés par l'étude, 81,74% des répondants en sécurité publique indiquent ne pas arriver à faire face à la charge de travail d'investigation. Cette proportion est quasiment inversée lorsque sont interrogés des fonctionnaires de la police judiciaire (PJ), relève cependant l'étude. Alliance se plaint également du "déséquilibre flagrant entre droit de la défense et droit de la victime", et regrette les "incidences" des derniers textes de loi. 

Le syndicat propose une batterie de mesures destinées à "redorer le blason de l'investigation" et "redonner aux collègues l'envie d'y aller et d'y rester". Parmi celles-ci, la refonte des cadres d'enquête, la proscription au début de chaque PV du renouvellement des droits du gardé à vue, ou la dématérialisation de la procédure. Le syndicat demande également un coup de pouce financier en faveur des policiers en charge de l'investigation.

 
119 commentaires - Police : le ras-le-bol des services d'investigation
  • la police, les médecins, ... on a subi 5 ans des ministres amateurs et on s'aperçoit maintenant des dégâts et Hollande ose dire que son bilan est bon !

  • Delage le syndicaliste n'a qu'à aller voir son ami Macron pour qui il a appelé à voter aux dernières élections était ce son rôle , normalement les syndicats ne font pas de politique
    pour ce qui est du raz le bol il est légitime ! le métier de policier est de plus en plus difficile , avec des procédures lourdes et inutiles ,un manque de moyens ,un manque d'effectifs ,des locaux miteux, des enquêtes cassées pour un heure dépassée , un logiciel de travail toujours en panne et inapproprié des fichiers non remis à jour et puis les quotas à ramener chaque mois et oui normalement cela n'existe plus mais dans les faits on ne supporte pas une baisse des quotas ! je comprends le raz le bol mais ce n'est pas Delage qui le réglera courage aux policiers

  • La technocratie qui impose son intelligence de la vie : résultat pour enfiler une veste , la checklist est telle afin de ne jamais impliquer ces " élus " ( dans le sens du désigné privilégié ) en terme de responsabilité qu'il est préférable de sortir à poils pour courir après les bandits ! Là , on note notre intelligence sociétale ! Quelle honte , même de payer ses empêcheurs de tourner en rond !

  • il serait temps de se réveiller, le ras le bol ne date pas d'hier,, mais les appels des services d'investigations de la police et de la gendarmerie ont tiré le signal d'alarme depuis de longues années. Mais personne n'a tenu compte de ces charges qui ne font qu'augmenter à chaque loi . Les charges annexes qui polluent les enquêtes qui sont devenues très lourdes à gérer pour des résultats certaines fois nuls. Il serait temps qu'un ministre de la justice fasse le nécessaire pour une simplification des procédures,

  • - Aujourd'hui les juges , a cause de vouloir la gloire de défendre X ou Y , perso si je pouvais le faire , ben je le ferais faire , mais comme comme avant , une cagoule sur la tête de chaque juge , la il y aurait des peines plus lourdes, aujourd'hui c'est un rappel a la loi et basta

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