Pénurie de carburant : les difficultés persistent

Pénurie de carburant : les difficultés persistent

Plusieurs centaines de militants CGT, 500 selon le syndicat, bloquent depuis la nuit de dimanche à lundi 23 mai le dépôt de carburant de Fos-sur-Mer.

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Orange avec AFP, publié le lundi 23 mai 2016 à 11h43

- Conséquences des mouvements sociaux contre la loi Travail, plus de 1.600 stations-service sur les 12.000 que compte la France étaient en rupture totale ou partielle de carburant ce lundi matin. -

Alain Vidalies a beau répéter qu'il n'y a pas de risque de pénurie de carburant et Manuel Valls assurer de sa détermination "à ce qu'il n'y ait aucune pénurie en France", les automobilistes ne sont pas rassurés.

Lundi 23 mai, les difficultés pour trouver des stations-service ayant de l'essence ont été réelles notamment dans le Grand Ouest et le Nord. En région parisienne, la situation s'est également compliquée, en témoigne la carte interactive mise en ligne par le site Mon Essence : alors que le secrétaire d'État aux Transports affirmait dimanche que 1.500 des 12.000 stations-service françaises étaient en rupture partielle ou totale de carburant, elles étaient lundi matin 23 mai plus de 1.600 à être dans ce cas.

"Nous allons créer les conditions pour que, dès demain, ces dépôts puissent refonctionner" assurait le ministre dimanche soir au JT de France 2, distinguant les dépôts dont les salariés "exercent leur droit de grève" de ceux "dont l'accès est interdit par des gens qui à l'extérieur font des barrages", allusion aux chauffeurs routiers répondant à l'appel de la CGT et de FO. "Nous allons continuer à évacuer un certain nombre de sites et notamment les dépôts" de carburant, a promis dimanche le Premier ministre depuis Tel-Aviv.




Victoire pour les grévistes, le personnel de la Compagnie industrielle et maritime (CIM), terminal pétrolier du port du Havre qui assure 40% des importations françaises, a voté lundi soir pour la grève. Dans cette entreprise d'environ 260 salariés, où la CGT est l'unique syndicat, la grève a été votée à une majorité écrasante de 95% des voix pour demander le retrait de la loi travail, selon les mêmes sources. La CIM est l'unique point de passage du pétrole brut au Havre qui représente 40% des importations françaises. Avec deux terminaux, un au Havre même et un autre au cap d'Antifer, un peu plus au nord, la CIM reçoit le pétrole des tankers arrivant par la mer.

Lundi soir, la situation était "globalement (la) même" que dimanche soir, a indiqué le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, sur BFM TV. "Il n'y a pas de dégradation, avec autour de 20% de stations qui sont fermées ou en grande difficulté" sur les quelque 12.000 recensées dans le pays. Mais alors que les problèmes se concentraient surtout dans le Nord et l'Ouest dimanche, de nouvelles régions étaient touchées lundi, a-t-il précisé, notamment le Sud-Ouest où 13% des stations étaient fermées. Il a toutefois réfuté l'existence d'une pénurie, évoquant plutôt "une surconsommation considérable" du fait de mouvements d'inquiétude. 

CINQ RAFFINERIES SUR HUIT BLOQUÉES

La situation ne devrait pas s'améliorer, la CGT étant déterminée à continuer à maintenir la pression. Sur France Info, le responsable de la branche pétrole du syndicat Emmanuel Lépine a appelé ce lundi matin à ce que "les raffineries arrêtent leurs installations de produits pétroliers". Cinq des huit raffineries françaises étaient "à l'arrêt ou en cours d'arrêt, quatre de Total et Petroineos à Lavera près de Martigues" (Bouches-du-Rhône)" ce lundi matin a précisé ce dernier à l'AFP. "Seules deux raffineries Esso continuent de marcher : celle de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et celle de Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime)", a-t-il ajouté. Il a précisé que la raffinerie de Grandpuits-Bailly-Carrois (Seine-et-Marne), "en grève reconduite de 72 heures, empêchant toute sortie de produits pétroliers", n'était pas à l'arrêt.

Plusieurs centaines de militants CGT, 500 selon le syndicat, bloquent en effet depuis la nuit de dimanche à lundi le dépôt de carburant de Fos-sur-Mer. Nous voulons le retrait de la loi travail" a indiqué lundi matin à l'AFP le secrétaire départemental de la CGT 13 Maxime Picard depuis le barrage installé à l'entrée de Fos-sur-Mer pour une action de blocage à l'instar de celles pratiquées depuis plusieurs jours notamment dans le nord et l'ouest de la France.

Par ailleurs, plusieurs des 189 dépôts de carburant, dont une cinquantaine ont une capacité de plus de 10.000 m3, qui étaient bloqués par les salariés du secteur depuis plusieurs jours, ont été débloqués par les forces de l'ordre, a confirmé à l'AFP Éric Sellini, coordinateur CGT du groupe Total, sans toutefois pouvoir fournir un nombre précis de dépôts bloqués en France.

LA 3E PLUS GRANDE RAFFINERIE DE FRANCE POURRAIT BASCULER DANS LA GRÈVE

Les syndicats CGT et FO de la raffinerie ExxonMobil de Notre-Dame-de-Gravenchon, près du Havre vont appeler le personnel à la grève dès mardi matin pour mettre à l'arrêt la 3e raffinerie française. "La CGT et FO vont appeler dès demain (mardi) matin dans des assemblées générales le personnel à faire grève pour le retrait de la loi travail", a indiqué à l'AFP Christophe Aubert, secrétaire du syndicat CGT de la raffinerie. "A chaque quart, à 05H30, 13H30 et 21H30, la grève sera proposée aux personnels", a-t-il précisé.

Lundi à la mi-journée les deux syndicats grévistes avaient déjà installé une toile de tente en vue d'une consultation du personnel mais ils ont dû la replier sur ordre des gendarmes, appliquant une décision de la préfecture qui ne voulait aucun rassemblement devant la raffinerie, selon M. Aubert.

Dès lundi matin, des forces de l'ordre avaient pris place pour empêcher tout rassemblement de manifestants visant à bloquer l'usine pétrolière. En l'absence de tout blocage, il y a eu toute la journée de lundi un va-et-vient incessant de camions-citernes entrant et sortant du dépôt de carburants de la raffinerie, ont constaté des journalistes sur place.

Les blocages ne sont pas l'objectif a néanmoins précisé le responsable syndical : "Le blocage c'est la conséquence de l'entêtement du gouvernement à ne pas répondre à ce que demandent les gens. On est face à un gouvernement particulièrement "radicalisé". Il souhaite par ailleurs "que les salariés de l'ensemble des secteurs économiques puissent venir nous rejoindre dans la grève parce que ce ne sont pas les raffineurs seuls qui vont obtenir le retrait de la loi Travail". Ce qui n'est pas de l'avis du gouvernement.

Ce qui n'est pas de l'avis du gouvernement. Certaines actions de blocage des raffineries et des dépôts de carburant ne sont pas "légitimes" et le gouvernement utilisera "tous les instruments" à sa disposition pour les faire cesser, a déclaré lundi sur i-TÉLÉ le ministre des Finances Michel Sapin, fustigeant notamment l'attitude de la CGT.





EXISTE-T-IL UN RÉEL RISQUE DE PÉNURIE ?

Pour rassurer les automobilistes, qu'il appelait dimanche à ne pas céder à la "panique", Alain Vidalies expliquait dimanche que le gouvernement œuvrait par ailleurs "pour qu'un certain nombre de stocks soient libérés". "Il y a aussi les stocks stratégiques, auxquels nous n'avons pas touché pour l'instant et qui permettent à la France d'avoir plusieurs semaines, de nombreuses semaines de consommation devant elles".

Emmanuel Lépine a de son côté qualifié de "virtuels" les "90 jours de stocks stratégiques" avancés par le secrétaire d'État aux Transports. "Ces stocks sont très fluctuants, ils sont situés dans les raffineries pour la plupart et donc à partir du moment où elles ne sont pas accessibles, ça devient difficile", a déclaré M. Lépine. Laurent Michel, chef de la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) a évoqué auprès de l'AFP une "trentaine de jours" de stocks commerciaux pour les entreprises.

 
114 commentaires - Pénurie de carburant : les difficultés persistent
  • Le plus grave serait de lacher du lest,pour permettre la mise en oeuvre de cette loi.Nous ne laisserons aucun de droits nous echapper contre quoi que se soi.nous ne sommes et ne serons les obliges de personne.

  • Le président se promène , Valls aboie , Martinez agit et les Français souffrent , pendant ce temps le mot pénurie est censuré par le gouvernement

  • gouvernement de gauche plus casse par des syndicats et autres groupes de gauche : n'en jetez plus , ou c'est la guerre .

  • la gestion de ce mouvement social par le gouvernement est à l'image de la gestion du pays depuis mai 2012. Une gestion calamiteuse, une dégradation lente et persistante de l'autorité gouvernementale. Bref, vivement mai 2017.

  • Et pourtant, à écouter l'immense Khrischnah ("Vizir" pour TitouScorpion il y a 4 heures), ça va mieux et (de la part du sous-Vizir, sa kuandozi Vidalis) pas de pénurie en vue, car "tout-va-bien" !!!

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