Paris : mort d'un homme après une lente agonie devant la salle de shoot de Lariboisière

Paris : mort d'un homme après une lente agonie devant la salle de shoot de Lariboisière

La salle de shoot a été installée il y a 8 mois dans l'enceinte de l'hôpital Lariboisière, dans le Xe arrondissement de Paris.

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Orange avec AFP, publié le mercredi 19 juillet 2017 à 13h09

Selon Le Parisien, un homme d'une quarantaine d'années est mort le jeudi 13 juillet après avoir passé une dizaine d'heures sur un trottoir à proximité de l'hôpital et de la salle de shoot Lariboisière à Paris (Xe arrondissement). Des riverains ont tenté de lui porter secours.

En vain.

"Le mercredi 12 juillet en début d'après-midi, nombre d'entre nous ont vu cet homme, visiblement très mal en point, et ont cherché à l'aider", a confié au quotidien un habitant de la rue. "Ses bras portaient des traces de piqûres qui laissaient penser qu'il s'agissait bien d'un consommateur de drogue par injection. En fin d'après-midi, son état a empiré : il était allongé. Une personne, émue, a crié : 'il va mourir !'", a-t-il poursuivi.

"C'EST IGNOBLE. INDIGNE"

"Les témoins ont composé le 17, en vain, puis le numéro de Gaïa (l'association qui gère la salle "de consommation à moindre risque" installée il y a 8 mois, ndlr) mais il est resté là toute la nuit et le lendemain matin seulement, c'est un homme mort qu'ont trouvé la police et le Samu", a-t-il ajouté. "Son corps n'a été enlevé du trottoir qu'à midi. C'est ignoble. Indigne".


Les responsables de l'association Gaïa assurent quant à eux que l'homme était "inconnu de la structure" et qu'une équipe de maraude s'est rendue à son chevet. Il "semblait alcoolisé" et "ne souhaitait pas se rendre aux urgences". "À ce moment-là, il ne nécessitait pas une évacuation immédiate". Et d'ajouter : "De toute façon, nous ne pouvons pas nous substituer aux services de secours : nôtre rôle est d'aller à la rencontre des usagers, de les orienter vers la salle, qui d'ailleurs, a permis d'éviter plusieurs décès par overdose depuis son ouverture".

"Cet événement dramatique, que nous redoutions, suscite une émotion particulièrement vive. Et un véritable sentiments de dégoût", expliquent des habitants de la rue Ambroise-Paré interrogés par Le Parisien. "Nous nous sentons de plus en plus abandonnés, de mois en mois. Les scènes de deal et d'injonction en pleine rue sont quotidiennes... Et maintenant, on laisse mourir un homme sur le trottoir".

En mars, la mairie de Paris avait elle expliqué que l'ouverture de la salle de shoot avait permis une réduction de 60% du nombre de seringues à ses abords. L'espace de 400 m2 situé dans l'enceinte de l'hôpital Lariboisière, ouvert tous les jours de 13h30 à 20h30, a accueilli 24.200 passages, soit une moyenne de 180 par jour, selon les chiffres fournis à la même date par la mairie. Plus de 150 personnes ont été soignées ou orientées vers des traitements de substitution, alors que près de 90 ont fait l'objet d'un accompagnement social.

"Il y a une baisse importante de la consommation de rue", a déclaré Bernard Jomier, l'adjoint à la maire de Paris chargé de la santé, interrogé par l'AFP. "C'est une satisfaction car la salle apporte aussi du mieux dans le quartier à ce niveau." Ces résultats montrent que la salle est une réussite. L'objectif était de toucher des usagers de drogue très précarisés, très désocialisés et éloignés des soins. Il est atteint", a commenté M. Jomier.
 
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