Paris : levée de boucliers contre le remplacement des kiosques à journaux

Paris : levée de boucliers contre le remplacement des kiosques à journaux

Un des 360 kiosques parisiens, le 16 avril 2013 (photo d'archives).

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Orange avec AFP, publié le dimanche 10 juillet 2016 à 16h27

- Anne Hidalgo l'a confirmé ce dimanche : les 360 emblématiques kiosques à journaux parisiens seront remplacés d'ici à juin 2019 par un modèle "innovant". Un projet qui suscite une vive opposition au nom du "charme" d'antan et du "Paris romantique".



Les kiosques à journaux parisiens, dont le célèbre modèle surmonté d'un petit dôme et d'une frise a été conçu en 1857 par l'architecte Gabriel Davioud, vont faire peau neuve. Le projet de modernisation de ces abris a été confirmé et justifié ce dimanche 10 juillet par la maire socialiste de la capitale, Anne Hidalgo : selon elle, ce projet vise à "permettre aux kiosquiers d'avoir un plus grand confort de travail", a précisé Anne Hidalgo lors du Grand Rendez-vous" iTÉLÉ/Europe 1/Le Monde (à partir de 7'20 dans la vidéo ci-dessous). "Plus de la moitié des kiosques actuels sont obsolètes" et qu'il faut les moderniser pour attirer un nouveau public vers la presse.

Les premiers croquis des kiosques redessinés par la designer française, Matali Crasset, montrent qu'ils conserveront leur couleur verte mais qu'ils perdront leur frise et leur petit dôme caractéristiques. Un éclairage vert ou rouge signalera si le kiosque est ouvert ou fermé et des écrans interactifs seront installés. Il sera aussi chauffé et mieux isolé.

UNE PÉTITION LANCÉE CONTRE CET AMÉNAGEMENT

Une pétition contre cet aménagement a déjà reçu plus de 40.000 signatures. Ce design est "sans âme" et "totalement impersonnel", il "porte atteinte à la beauté et à la spécificité de Paris", s'insurge les détracteurs. "Nous sommes pour que les kiosques à journaux parisiens aient un design qui reprenne ce qui fait tout le charme du 'Paris Romantique' cher aux touristes de France et du monde entier", réclament ses signataires. "Ceux qui nous expliquent qu'on est en train d'abîmer Paris, ce sont les mêmes qui veulent qu'on garde les serres de Roland-Garros, des petites serres en plastique, en nous disant qu'on est en train d'abîmer le patrimoine", a fustigé Anne Hidalgo. "Je suis très attentive à l'histoire de Paris et la façon dont on fait évoluer la capitale".

La mairie a lancé un appel d'offre remporté par la société MédiaKiosk, filiale du groupe JCDecaux et opérateur actuel des kiosques parisiens. L'entreprise doit rendre sa copie lundi lors d'une réunion de travail à la Mairie, en présence de nombreux élus. "Si on trouve que ce qu'ils ont fait est scandaleux, on encouragera le mouvement de protestation", a mis en garde le conseiller d'opposition Jean-Baptiste de Froment (droite). Lui, comme les détracteurs du projet, ne s'opposent pas aux améliorations intérieures des kiosques mais ont peur de perdre un modèle emblématique du Paris du baron Georges Haussmann, qui a redessiné la capitale française au milieu du XIXe siècle.

UN PROJET À PLUS DE 50 MILLIONS D'EUROS 

Pour Michel Carmona, spécialiste du Paris haussmannien, "il y a un paysage typique parisien, qui doit beaucoup à Haussmann et qui est l'un des fonds de commerce de Paris : c'est dommage de le démanteler". Sur le site de la pétition, des signataires français ou étrangers soulignent qu'ils veulent défendre l'aspect extérieur des kiosques et interpellent directement la maire de Paris pointant du doigt son "obsession du béton et du verre" ou sa volonté de "marquer son passage". D'autres dénoncent la gabegie d'un projet "inutile et coûteux" qui dépasse les 50 millions d'euros.  

"Il faut parfois remettre de l'objectivité dans le débat public", a répliqué la maire de Paris pour qui il n'y a déjà plus "de kiosque haussmannien" à Paris. "Les kiosques que vous voyez sont des plagiats d'haussmanniens qui sont en plastique, qui ont été installés dans les années 80 et l'autre partie, les espèces de bulles en verre qui sont assez laides et qui ont assez mal vieilli, c'est ça qu'on va changer", s'est-elle défendue. "Si, à l'époque d'Haussmann, on avait tenu ce raisonnement qui consiste à ne rien changer, le Paris Haussmannien n'aurait pas existé", argumente, elle, aussi son adjointe Olivia Polski.
 
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