PACA : trois ex-élus FN attaquent le parti pour "chantage" aux indemnités

PACA : trois ex-élus FN attaquent le parti pour

Ils accusent, le 9 juin 2017, le Front national d'opérer une "forme de chantage" et de "racketter" ses élus

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Orange avec AFP, publié le vendredi 09 juin 2017 à 16h49

Le Front national aurait prélevé plus de 30.000 euros sur chacun de leur compte en cinq ans.

Une nouvelle affaire judiciaire pour le Front national. Trois ex-élus FN du conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur ont attaqué en justice leur ancien parti, a-t-on appris vendredi 9 juin auprès du TGI de Nanterre. Ils veulent obtenir le remboursement de sommes qui leur auraient été illégalement ponctionnées pendant leur mandat. Le FN dénonce une "diffamation".

Cette assignation, évoquée dans L'Obs cette semaine, remonte au 30 mars 2016, selon leur avocat, Bernard Jacquier.

30.000 euros chacun

Le Front national aurait prélevé plus de 30.000 euros sur chacun de leur compte en cinq ans, accusent Lydia Schenardi, Laurent Comas et Sébastien Copin. Ils avaient été obligés de signer "un engagement moral et politique", dont l'AFP a obtenu copie, par lequel ils s'engageaient notamment "de façon irrévocable" à "respecter les engagements financiers contractés à l'égard du mouvement". Sans ça, impossible pour eux de se présenter aux élections avec l'étiquette du FN.

Dans ce but, chaque candidat avait donné "au trésorier national une autorisation de prélèvement automatique sur un compte bancaire approvisionné à cette fin", sans qu'aucune somme ou quotité soit précisée dans le document. "Si bien qu'il (était) impossible pour le contractant de connaître l'étendue de son obligation", soulignent les plaignants dans leur assignation, dont l'AFP a également obtenu copie.

30% des indemnités

Laurent Comas confirme à l'AFP avoir versé "530 euros par mois sur (ses) indemnités, soit 30%". L'ancien secrétaire départemental FN des Bouches-du-Rhône fustige un FN qui "rackette les élus" et confirme avoir dû signer cet engagement "sous peine de ne pas être investi", dénonçant "une forme de chantage".

Il a estimé que le système était "toujours d'actualité". "La principale motivation du FN, c'est le pognon", a-t-il ajouté, accusant ce parti de "ne pas choisir (ses) élus en fonction de leurs compétences mais de prendre ceux qui ont accepté le chantage".

La date d'examen de cette affaire n'est pas encore fixée, a précisé à l'AFP le tribunal de Nanterre.

Quelques mois avant cette assignation, les trois ex-conseillers régionaux avaient fait partie d'un groupe de frondeurs dénonçant l'exclusion de Jean-Marie Le Pen du FN. Lydia Schenardi et Laurent Comas ont par la suite été candidats aux élections régionales sur les listes de Jacques Bompard, président de la Ligue du Sud, un mouvement d'extrême droite implanté dans le Vaucluse.

Le FN contre-attaque

"C'est une procédure qui a 14 mois, elle n'a aucun sens. Ils sont élus depuis des années. Ils expriment leur refus du dispositif au moment où ils ont un différend avec le FN", a dénoncé Nicolas Bay, secrétaire général du Front national. "On nous reproche ce que font tous les mouvements politiques : demander aux élus de verser au parti grâce auxquels ils sont élus une petite partie de leurs indemnités", a-t-il justifié.

"C'est un engagement moral que prennent les candidats. S'ils ne l'honorent pas, on n'a pas de possibilité de les y contraindre. Ca repose évidemment sur la base du volontariat, la meilleure preuve, c'est que ces reversions sont considérées comme un don à un parti politique : ils le déclarent comme tel pour en obtenir une déduction fiscale chaque année", a encore défendu le numéro trois du FN.

M. Bay a annoncé une "plainte pour diffamation" en retour.

 
28 commentaires - PACA : trois ex-élus FN attaquent le parti pour "chantage" aux indemnités
  • La trame qu'il doit y avoir au sein de ce parti politique ! Je n'ose l'imaginer.....

  • Ces FN auraient dû se renseigner avant de s'engager dans ce parti d'extrême-droite. Prévenez les autres !

  • Cette assignation devra engager des investigations, et c'est un nouveau coup dur pour cette étiquette qui est déjà sous des affaires à devoir répondre des accusations..

    Bon, nous n'avons pas à juger... Sans avoir les tenants et les aboutissants..

    C'est à la Justice d'enquêter et de conclure si les accusations sont fondées et avérées...

    Ensuite, les plaignants sauront s'ils peuvent récupérer les prélèvements ou pas...

    Cette étiquette reste en difficulté sur toutes les affaires médiatisées.. Car émanant de l'intérieur, les accusations peuvent compliquer la suite pour le parti de M. LE PEN...

    A suivre..

  • Il y a des élections dimanche il me semble ?? Hi hi .....

  • ca arrive chaque fois aux élections! si c'est exact pourquoi ne le font ils pas avant? et si c'est faux ils doivent etre tres lourdement sanctionnés

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