Ouragan Irma : Agnès Buzyn s'inquiète des risques d'épidémies à Saint-Martin

Ouragan Irma : Agnès Buzyn s'inquiète des risques d'épidémies à Saint-Martin

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, est arrivée à Saint-Martin le 12 septembre 2017, en compagnie d'Emmanuel Macron.

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Orange avec AFP, publié le mercredi 13 septembre 2017 à 11h50

Une semaine après le passage de l'ouragan Irma, l'île de Saint-Martin reste dans une situation critique. Dans le sillage du président Macron, arrivé mardi sur place, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a fait un point sur la situation sanitaire.

À l'hôpital de Marigot, où elle a rencontré les personnels de santé, la crainte des épidémies est bien réelle, rapporte Le Parisien mercredi 13 septembre.

"Je pense qu'on aura, hélas, des surprises", a confié un médecin à la ministre, alors que des morsures de rats ont été traitées lundi et que des enfants de moins cinq ans victimes de vomissements et de diarrhées ont été évacués vers la Martinique. "J'ai vu des enfants malades dans le quartier d'Orléans, qui vomissaient depuis trois jours, a noté Agnès Buzyn. Il faut absolument communiquer sur cette question de la potabilité. Je pensais que ce point était réglé."

Plusieurs pistes sont étudiées pour face face aux besoins de soins. Un dispensaire doit être monté pour traiter les blessures mineures et soulager le centre hospitalier, où les admissions sont en "nette augmentation", selon une infirmière. Il faudrait également permettre aux médecins généralistes de l'île de reprendre leur activité, a avancé un médecin. "La population les connaît, et il y a encore beaucoup de monde qui ne peut pas se déplacer", a assuré ce dernier. Sur les onze qui exerçaient à Saint-Martin avant l'ouragan, trois pourraient être opérationnels. Deux légionnaires seront affectés à la sécurité de chacun d'entre eux. Les personnels de santé sont en effet ciblés par les délinquants. "Le problème, ce sont d'abord les communications, a expliqué un autre médecin. Sans téléphone, ils doivent venir jusqu'ici à moto pour communiquer avec nous. Et là, comme c'est arrivé, ainsi que pour d'autres personnels, ils se font braquer."

Des faits confirmés par le directeur de la structure. "L'hôpital lui-même est une cible. Les agressions de personnels sont récurrentes. On se fait siphonner les réservoirs. Les délinquants savent ce que nous possédons comme médicaments, et qu'il y a des lacunes dans la protection", a-t-il dit.

La ministre de la Santé ne s'oppose pas à l'idée de laisser les médecins généralistes exercer. "Que des malades ne soient pas traités ici, pourquoi pas. Mais je veux que le moindre signal remonte, pour ne pas prendre le risque d'une épidémie parce qu'un médecin n'aura pas pu déceler une maladie", a-t-elle dit.

Après cette catastrophe "unique au monde", la ministre a assuré que "les semaines à venir vont être critiques". Pour lutter contre les épidémies, l'infrastructure sanitaire est certes indispensable. Mais la logistique est au moins aussi importante. Dans les prochains jours, chaque habitant de l'île devrait disposer de 4 litres d'eau au quotidien. Des pastilles de chlore seront par ailleurs distribuées et des épandages anti-moustiques effectués. "Les raticides sont arrivés aujourd'hui", a également annoncé la ministre, qui a demandé aux médecins de penser à prendre suffisamment de repos.
 
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