Nuit debout, rassemblement à l'avenir incertain

Nuit debout, rassemblement à l'avenir incertain

Près de 1.500 personnes se sont réunis le dimanche 15 mai sur la place de la République à Paris. Mais les rassemblements massifs de Nuit debout sont de moins en moins nombreux.

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Orange avec AFP, publié le samedi 21 mai 2016 à 11h10

- Né fin mars de la colère contre la loi travail, Nuit debout attirait à ses débuts des foules enthousiastes sur la place de la République à Paris. Deux mois plus tard, le mouvement - qui n'a essaimé ni en banlieue ni en province - peine à rassembler dans la durée et se cherche un avenir.

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Dimanche dernier, ils étaient encore plus de 1.500 réunis place de la République, certains pour refaire le monde, d'autres pour profiter du concert gratuit du groupe de reggae Danakil ou, dans l'après-midi, pour assister à une nouvelle prestation de l'"Orchestre debout". Mais la semaine, l'engouement n'est plus au rendez-vous. Pour Nicolas, 32 ans, qui vient "de temps en temps prendre le pouls", "la place publique est faite pour discuter, créer un lieu de débat". Mais quand bien même "le débat c'est intéressant, s'il ne mène pas à une action, ça ne sert à rien", ajoute cet informaticien dans une ONG. "C'est un processus qui se construit, petit à petit", nuance son ami Simon, 31 ans, entrepreneur salarié à Lille, venu observer le phénomène parisien.

Né le 31 mars, au soir d'une manifestation contre la loi travail, Nuit debout a suscité énormément d'espoirs, brassant plusieurs milliers de personnes. L'opinion publique a semblé au départ soutenir le phénomène, mais les images de violence et de dégradations relayées par les médias l'ont terni. Aujourd'hui, deux tiers des Français pensent que le mouvement va s'épuiser rapidement, selon un sondage Odoxa pour Le Parisien publié la semaine dernière. 

"Une part considérable des débats en cours porte précisément sur les limites du mouvement, et sur la façon de les dépasser", écrivaient plusieurs intellectuels, dont Frédéric Lordon, figure "deboutiste", dans une tribune publiée dans Le Monde début mai. Au centre des interrogations, selon eux: "Comment mieux s'associer avec les syndicats et la classe ouvrière" ou comment mobiliser ceux qui sont "en butte à la ségrégation sociospatiale et au racisme". Des questions pour l'instant sans réponse.

"PETITE BOURGEOISIE BLANCHE"

D'après une étude menée par le collectif "Sciences sociales debout", le participant "type" à Nuit debout est un homme, trentenaire, plutôt parisien, plus diplômé que la moyenne, mais souvent sans emploi. Des "individus de la petite bourgeoisie blanche urbaine appartenant souvent à la fonction publique ou aux milieux culturels et étudiants", résumait le philosophe Geoffroy de Lagasnerie dans une tribune publiée par "Le Monde" le 28 avril. "Pour les jeunes d'ici, Nuit debout c'est un truc de classes moyennes supérieures qui ne leur parle pas", estime un cadre au conseil départemental de Seine-Saint-Denis.

"Sur le fond, on est d'accord" avec eux, nuance Mohammed Mechmache, porte-parole d'ACLeFeu, association née à la suite des émeutes en banlieue de 2005. Mais à quelques kilomètres de la capitale, les habitants des quartiers populaires ne vivent pas la même réalité : "On est dans un état d'exception permanent : on est les premières victimes des violences policières, des contrôles au faciès, on subit discriminations et précarité depuis 30 ans".

Constat aussi amer en province. Alors qu'ils étaient un millier le premier jour à se réunir dans le centre-ville de Grenoble, où un campement permanent avait été dressé, ils n'étaient plus que 200 cette semaine. En assemblée générale, les militants ont finalement voté le démantèlement du campement. "Je suis incertain sur les petits feux qui peuvent être des feux follets, dans lesquels on refait le monde", estime un militant écologiste de la première heure, tout en saluant "une bonne école populaire pour une frange de la population".

Si son avenir reste imprévisible, Nuit debout aura fait émerger deux personnalités, jusqu'alors peu connues du grand public, l'intellectuel Frédéric Lordon et le journaliste François Ruffin, auteur du film "Merci patron". Ce dernier espère qu'"un mouvement populiste de gauche" se créera, pour "répondre à la colère". Pour lui, Nuit debout est "une étape sur un chemin".
 
34 commentaires - Nuit debout, rassemblement à l'avenir incertain
  • ben ils vont se coucher maintenant puisqu'ils n'ont rien à faire, parce que j'ai travaillé longtemps de nuit en clinique, je ne manifestais pas mais le matin dès mes enfants partis à l'école et le mari au boulot j'allais me coucher et essayer de dormir pour pouvoir assurer la nuit suivante

  • Sur la photo principale on peut lire sur une pancarte "Peuple exploité,debout"...
    Ça ne doit pas les concerner pas puisqu’ils sont tous assis.....

    'est une photo prise en Corse...

    Surtout avec la statue de la république en toile de fond...

    Mille excuses, c'est vrai que la république n'est pas en Corse...

  • Personnage clé du mouvement "nuit debout", Frédéric Lordon s'exprime : "le vrai réalisme c'est de fermer la bourse, saisir les banques et de ne pas payer la dette...".
    Voilà le genre d'idée que distille M. Lordon !
    A cela, il faut rajouter qu'il méprise globalement les médias, inutile de préciser qu'il est pour la sortie de l'Euro par la France et qu'il prône une réécriture complète de la constitution Française...
    Je pense qu'il a du se rêver chef de file d'un immense mouvement révolutionnaire !
    Raté...

  • quel avenir?
    L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt
    pas à ceux qui se couchent tard!

  • Encore une fois comme l'aurait dit le regretté Michel Audiard : "C'est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases"... Je ne pense pas que la marine soit pourtant largement représentée parmi tous ces pseudo-intellectuels mais pour la parlotte inutile, ils semblent en connaître un rayon. Qu'ils regagnent vite leur lit pour roupiller un peu au lieu de se complaire dans ce genre de discussions censées nous préparer un futur merveilleux...

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