"Nuit debout" contre les dealers à Saint-Denis

"Nuit debout" contre les dealers à Saint-Denis

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Orange avec AFP, publié le samedi 23 avril 2016 à 11h25

Excédés par les nuisances sonores des dealers, des habitants de la cité Paul Eluard de Saint-Denis ont décidé de passer plusieurs soirées au pied de leur immeuble. Objectif ? Se réapproprier l'espace et alerter une nouvelle fois les autorités sur ces trafics.

Ils ont installé une table de camping, des chaises et de quoi grignoter au pied d'un immeuble de huit étages, rue Jean-Lurçat, où les trafiquants de drogue ont leurs habitudes.

Épuisés par les nuisances dues au trafic (va-et-vient des voitures des clients, cris, incivilités, odeur de cannabis), et après l'incendie de trois voitures la semaine dernière, ils ont décidé d'occuper le terrain chaque nuit jusqu'à 1h. L'initiative est soutenue par la mairie (PCF) de Saint-Denis et le bailleur social Plaine commune habitat, qui jugent insuffisants les effectifs de la police.

"Chaque soir, c'est le même manège jusqu'à 4 heures du matin", affirme Georgette, une historique du quartier au "Figaro. "Les voitures des clients défilent sous nos fenêtres. Ils laissent les portières ouvertes, s'invectivent, boivent pendant des heures". La situation n'est pas nouvelle, voilà 20 ans que les riverains doivent supporter ce quotidien, mais "on en a eu ras-le-bol" poursuit Georgette. "On a installé une table et des chaises en bas de l'immeuble, là où il passent leurs soirées. On a pris leur place".



"Dans un État de droit normal, les habitants n'ont pas à jouer ce rôle-là", déplore à l'AFP Slimane Rabahallah, adjoint au maire chargé de la tranquillité publique et de la prévention de la délinquance, venu appuyer les habitants. Il peut à peine finir sa phrase : un journaliste qui lui tend son micro est rapidement pris à partie par un jeune et contraint de partir. L'élu, qui a tenté de s'interposer, est copieusement insulté par une jeune femme opposée à la démarche des riverains. Dès le premier incident, les forces de l'ordre ont été appelées, comme presque tous les soirs depuis le début de cette mobilisation.

Une fois la police repartie, un dialogue débute entre l'adjoint au maire, une habitante et un jeune qui se présente comme un simple "intermédiaire" avec le chef du trafic. "Essayez de vous mettre à notre place", tente l'habitante, qui souhaite comme les autres riverains garder l'anonymat et dit ne plus pouvoir dormir la nuit. Le jeune homme promet de "dire aux gens d'arrêter de faire du bruit, de mettre la musique à fond". Il finit par rejoindre ses camarades un peu plus loin. "Ils sont agressifs parce qu'on leur fait perdre des sous", estime une habitante de la cité.



Les riverains mobilisés - une poignée pour l'instant - se disent déterminés à continuer à passer une partie de la nuit dehors, avec l'espoir que l'initiative prenne de l'ampleur pour que les dealers "partent complètement de la cité". La Seine-Saint-Denis est connue comme un haut lieu du trafic de drogues, en particulier de cannabis.
 
16 commentaires - "Nuit debout" contre les dealers à Saint-Denis
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