Ni héroïque, ni misérable, le handicap veut changer d'image

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 Le handicap reste un sujet complexe à traiter dans les médias

Le handicap reste un sujet complexe à traiter dans les médias

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© AFP, PHILIPPE DESMAZES
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AFP, publié le vendredi 30 juin 2017 à 10h15

Invisible, stéréotypé, le handicap reste un sujet complexe à traiter dans les médias. Malgré de récentes prises de conscience, les principaux concernés s'agacent toujours de leur perception: "soit comme des miséreux, soit comme des héros".

"Le constat est alarmant. Le handicap concerne moins de 1% des personnes vues dans les programmes" télévisés, a déclaré la ministre de la Culture Françoise Nyssen, en préambule d'un colloque intitulé "Handicap et médias: comment devenir visibles?" organisé jeudi à France Télévisions.

Dans les personnages incarnés à l'écran, dans la variété des sujets, comme parmi les invités d'émissions, les personnes en situation de handicap sont en effet peu représentées. Et l'image ne colle pas toujours la réalité.

"Soit nous sommes des miséreux, soit nous sommes des héros", déplore Mathilde Fuchs de la Coordination handicap et autonomie. "On n'est jamais juste banal, juste des gens de la vie quotidienne, juste nous-mêmes".

Selon le dernier baromètre diversité du CSA, 0,8% des personnes indexées dans les programmes télé sont en situation de handicap.

Cette proportion "très en-dessous de l'estimation des personnes atteintes de handicap", 12 millions au sens très large, a pourtant doublé par rapport 2015 grâce à la diffusion des Jeux paralympiques, ajoute le régulateur.

"Le handicap n'a qu'un tout petit écran", résume le sociologue Matthieu Grossetête, invité par le Comité national consultatif des personnes handicapées (CNCPH), organisateur du colloque. "Il est rarissime de voir des personnes handicapées invitées comme témoins ou expertes d'autre chose que ce sujet".

- 'Profilage esthétique' -

Entre 1995 et 2009, ce chercheur a décortiqué les journaux télévisés de TF1 et France 2, et les programmes (hors JT) des six chaînes hertziennes à la recherche du handicap. Sa conclusion: "C'est un thème qui a une actualité événementielle. Il peine à générer une actualité propre, contrairement à d'autres questions de société, comme la sécurité routière par exemple".

Trop souvent, les efforts sont concentrés sur de courtes périodes. "On recense 330 +journées de+. La création d'événements de routine fait paradoxalement obstacle à l'inclusion durable du handicap dans les médias, les journalistes ont du mal à être entendus par leur hiérarchie en dehors", poursuit M. Grossetête.

"Une institutrice aveugle", "un préfet tétraplégique", "un chef d'entreprise amputé": la vision du handicap est en outre souvent "individualisée", "dépolitisée", ce qui "masque les difficultés structurelles", note-t-il.

L'audiovisuel en particulier, car il a besoin d'images, "confond le beau et le bon, ce qui le conduit à un profilage esthétique des personnes handicapées". 

Les plus sévèrement invalides ne sont ainsi quasiment jamais montrés ni interviewés. Handicap mental, psychique et polyhandicap apparaissaient d'ailleurs "plus souvent sous un jour défavorable", selon ses recherches, avec 40% des reportages abordant le polyhandicap et le handicap mental liés à un fait divers, contre 19% en moyenne.

"Cette tendance peut conduire à la disqualification sociale, voire à la criminalisation de certains troubles", met en garde M. Grossetête, prenant l'exemple de la schizophrénie, abordée "dans 18 sujets télévisés, dont 16 racontant le parcours d'un meurtrier".

Pour Mathilde Fuchs, ce prisme médiatique "ne fait pas avancer dans la vie": "les personnes handicapées n'ont pas un rôle à jouer, à subir une pression sociale ou à réaliser des exploits sportifs", s'agace-t-elle, prônant "des bases nouvelles".

"Les personnes handicapées regardent la télévision en quête de représentativité", a souligné la secrétaire d'État aux personne handicapées, Sophie Cluzel, mère d'une jeune femme atteinte de trisomie 21.

"Tout ne se fera pas du jour au lendemain mais il faut poursuivre les efforts. La tâche est encore très grande", a-t-elle ajouté, rappelant qu'une jeune trisomique, Mélanie, a présenté la météo à 5,3 millions de téléspectateurs en mars sur France 2.

Fort du succès des paralympiques, France télévisions diffusera "cet été les mondiaux d'athlétisme handisport" à Londres, a annoncé Delphine Ernotte, la patronne du groupe.

 
2 commentaires - Ni héroïque, ni misérable, le handicap veut changer d'image
  • commencer par l'accepter sont handicap et là c'est du quotidien

    C'est pas tout , mais il faut aussi accepter la douleur qui accompagne souvent le handicap .

  • Dame nature a ses imperfections ou les accidents de la vie sont pour nous rappeler que pour certains d'entre nous c'est parfois plus compliqués.. tout simplement! Mais nous devrions aussi l'admettre car à l'impossible nul n'est tenu!! On peut toujours améliorer mais les réalités seront toujours là et il ne sert à rien d'en faire un étendards comme pour d'autres causes à des fins mercantiles et politiques!! Un pas plus un pas vaut mieux que de grands discours ou anathème à l'encontre de ceux qui sont plus favorisés! C'est dans l'apaisement que vient la bienveillance. Tout un chacun à son handicape et un sourire , une main tendue, une aide ou un merci vaut mieux que de grandes lois , réformes et investissements parfois faramineux et rapidement obsolètes!

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