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Najat Vallaud-Belkacem : "La réforme du collège se fait qu'on le veuille ou non"

Najat Vallaud-Belkacem : "La réforme du collège se fait qu'on le veuille ou non"

La ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, le 12 mai 2016 à l'Assemblée nationale.

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Orange avec AFP, publié le lundi 29 août 2016 à 09h17

Après 18 mois de polémiques, la réforme du collège va entrer en vigueur avec la rentrée des classes ce jeudi 1er septembre. Malgré les réticences d'une partie des enseignants, la ministre de l'Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, l'assure : "cette réforme fait partie d'un ensemble très cohérent et c'est pourquoi, qu'on le veuille ou non, elle se fait dans l'intérêt des élèves".

Najat Vallaud-Belkacem aborde cette rentrée 2016 avec "beaucoup d'enthousiasme et même une forme d'impatience".

C'est en tout cas ce qu'elle affirme ce lundi 29 août dans les colonnes du Parisien. "C'est la première rentrée où l'ensemble de notre refondation de l'école va se voir dans sa cohérence", explique-t-elle. "Les conditions sont réunies pour que cette rentrée se passe de manière apaisée. Depuis un an, on sent les effets sur le terrain des moyens supplémentaires que nous avons donné à l'éducation nationale". La ministre de l'Éducation espère que "les fantasmes et polémiques stériles", nombreux depuis la présentation de la réforme en 2015, "s'évanouiront d'eux-mêmes". "Non, l'arabe ne sera pas obligatoire, le latin n'aura pas disparu et la maîtrise de la langue française sera plus que jamais une exigence fondamentale", assure-t-elle dans son dossier de presse d'avant-rentrée.

Que contient la réforme ? Elle introduit l'interdisciplinarité (l'enseignement de plusieurs disciplines au sein d'un même cours, par exemple physique-chimie et biologie autour du thème "Comment survivre sur Mars"). Déjà pratiquée par certains enseignants, elle permet, selon une partie de la communauté éducative, de donner plus de sens aux apprentissages. Ses détracteurs y voient un affaiblissement des disciplines, piliers traditionnels du système scolaire français. La réforme avance également d'un an l'enseignement de la deuxième langue vivante, en 5e, supprime une partie des classes bilangues (deux langues étrangères dès la 6e).

APPEL À LA GRÈVE DANS LE SECONDAIRE

L'optimisme de la ministre ne semble cependant pas partagé par tous. La réforme reste vivement critiquée par plusieurs syndicats d'enseignants (traditionnellement à gauche) et une grande partie des candidats à la primaire de la droite. Pour le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, la rentrée scolaire s'annonce même "incertaine". Sa secrétaire générale, Frédérique Rolet, a évoqué "un état d'esprit des enseignants marqué par beaucoup de lassitude devant l'empilement des réformes" et "un sentiment de gâchis" en cette dernière rentrée du quinquennat. Jeudi, ce syndicat a d'ailleurs appelé à la grève dès le 8 septembre et invité les enseignants à la "résistance pédagogique".

Selon les estimations de la ministre, les réticences concernent 5 à 10% des établissements. "Nous continuerons de les accompagner. Un gros travail a déjà été fait en amont : nous avons déjà consacré 700.000 jours de formation (pour 215.000 professeurs dans les collèges publics et privés) pour préparer la réforme", explique-t-elle dans Le Parisien. "C'est inédit".

"ASSURER LA PROMOTION DE TOUS"

Même si elle admet que "les changements ont été nombreux", Najat Vallaud-Belkacem estime qu'ils sont "nécessaires" car le système scolaire français, "s'il assure la sélection des meilleurs, peine à assurer la promotion de tous". C'est ce que pointent tous les trois ans les résultats de l'étude PISA, qui compare les systèmes éducatifs des pays de l'OCDE : les élèves français ont des scores honorables, mais le collège notamment accroît les inégalités scolaires et la France ne parvient pas à "rattraper" ses élèves les plus faibles. La ministre martèle que la base de l'école reste le "lire, écrire, compter", auxquels elle ajoute "penser".

"Ne nous aveuglons pas", prévient la ministre. La mise en oeuvre de ces réformes "prendra du temps" et "se construit dans la durée". Le bilan de Najat Vallaud-Belkacem et de ses prédécesseurs depuis 2012 (Vincent Peillon et Benoît Hamon) sera scruté d'autant plus ces prochains mois que l'éducation avait été désignée comme une priorité de François Hollande. Reste à savoir si la réforme du collège pourra produire les effets attendus sur la durée, puisque plusieurs candidats des primaires de la droite, dont Nicolas Sarkozy, ont promis de l'abroger s'ils remportent la présidentielle en 2017. La position d'Alain Juppé est plus nuancée.
 
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