Mort du journaliste Hervé Ghesquière, ex-otage et grand reporter à France Télévisions

Mort du journaliste Hervé Ghesquière, ex-otage et grand reporter à France Télévisions

Le journaliste Hervé Ghesquière, le 13 juillet 2011 à Paris

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AFP, publié le mercredi 14 juin 2017 à 20h50

Le journaliste Hervé Ghesquière, grand reporter à France Télévisions qui avait été retenu en otage 18 mois en Afghanistan, est décédé mercredi à l'âge de 54 ans, a annoncé le groupe audiovisuel public.

France Télévisions "s'associe à la peine de son épouse, de sa famille et de ses proches, ainsi que de celles et ceux qui, au sein de l'entreprise, l'ont connu et apprécié pour ses qualités humaines et professionnelles", selon son communiqué.

"Homme d'engagement et d'action, Hervé Ghesquière n'a eu de cesse de se battre pour la liberté de la presse, pour la libération de tous les otages dans le monde", salue le groupe.

"C'est avec une profonde émotion que j'ai appris la mort d'Hervé Ghesquière", a réagi la ministre de la Culture Françoise Nyssen, évoquant l'"homme de conviction et de terrain, (qui) incarnait la figure du journaliste engagé".

Le reporter avait été retenu en captivité par des talibans dans la province de Kapisa de décembre 2009 à juin 2011 avec son confrère Stéphane Taponier alors qu'ils étaient partis faire un reportage pour le magazine "Pièces à Conviction" de France 3.

De nombreuses manifestations de soutien avaient été organisées, notamment par un comité présidé par la journaliste Florence Aubenas, elle-même ex-otage en Irak.

"A peine libéré, les premières pensées d'Hervé ont été pour ses collègues afghans. Bien que ce pays lui ait fait subir le pire et lui ait enlevé plus d'un an de sa vie, il continuait à l'aimer et à s'y intéresser", a souligné, dans un communiqué de Reporters sans Frontières, Reza Moini, responsable du bureau Iran/Afghanistan de l'ONG, qui s'était rendu deux fois dans le pays pour travailler à sa libération.

A l'annonce du décès du journaliste, les hommages se sont multipliés.

"Hervé Ghesquière s'en est allé. Ce grand reporteur ancien otage s'est battu avec courage, force et humour", a indiqué le directeur de l'information de France Télévisions, Yannick Letranchant.

- "Terrains de guerre" -

Le journaliste est décédé "des suites d'un cancer", a précisé Reporters sans frontières (RSF), dont il fut membre du conseil d'administration entre 2013 et 2017 et qui garde "le souvenir d'un journaliste engagé, féru de grand reportage et d'enquêtes sur les terrains difficiles".

"Très grand respect mon ami pour l'homme que tu étais, pour le journaliste hors pair et sans concession. Chapeau bas!" a salué sa consœur Élise Lucet, tandis que la journaliste Audrey Pulvar a fait part de sa "grande tristesse": "Qu'il repose en paix, après tant d'années de combats."

"La vie pour seul horizon ici ou sur les terrains de guerre. Pour Envoyé Spécial il racontait le monde. Grande tristesse", a écrit l'ancienne présentatrice du magazine, Françoise Joly.

Après des débuts à Radio France, il avait intégré France 3 en 2005. Reporter de guerre il avait notamment couvert les conflits en Croatie, en Bosnie ou au Rwanda.

Né à Lille en 1963, ce passionné de rugby avait enseigné à l'Université de Valenciennes et à l'École supérieure de journalisme de Lille, mais aussi en Ouzbékistan et au Tadjikistan (Fondation George-Soros), au Vietnam et au Cambodge.

Il travaillait pour le magazine "Envoyé Spécial" depuis 2012. 

Il avait dû faire face à une polémique à son retour d'Afghanistan, certains, notamment Claude Guéant alors secrétaire général de l'Élysée, l'accusant d'avoir fait preuve d'imprudence.

Hervé Ghesquière, qui racontait son expérience dans un livre paru en 2012 chez Albin Michel, "547 jours" avait assuré n'avoir pris "aucun risque inconsidéré".

Il avait été également condamné par la justice française pour diffamation envers l'ancien responsable presse de l'armée française à Kaboul, le lieutenant-colonel Jackie Fouquereau, qu'il avait qualifié de "lâche" dans un entretien à un journal régional du nord de la France, Les Échos du Touquet.

Il avait publié l'an dernier un ouvrage sur la Bosnie: "La blessure: Sarajevo, la vie après la guerre" aux Éditions Don Quichotte.

 
103 commentaires - Mort du journaliste Hervé Ghesquière, ex-otage et grand reporter à France Télévisions
  • il nous aura couté cher ce pseudo journaliste, entre le cout des militaires, de recherche et tractations pour sa libération, la rançon versé, le pactole qu'il a touché des assurances, et le cout à la sécu.

  • C'est une grande tristesse d'apprendre le décès de ce journaliste qui fut très courageux et qui malheureusement a été emporté trop jeune laissant trop tôt ses proches et collègues qui l'appréciaient...

    Ayant suivi la période de son enlèvement médiatisé, nous étions heureux d'apprendre sa libération... Et il était d'une grande simplicité et humilité.. Tout en étant engagé dans sa vie professionnelle...

    Donc, nous présentons à ses proches et à ses collègues nos condoléances les plus attristées et surtout que son combat de maintenir la liberté de la Presse et de veiller à ce que des otages puissent être libérés où qu'ils soient...

    Car informer, ces journalistes pour rendre l'information se mettent en danger et le font dans l'éthique pour permettre au monde entier de connaître la réalité de faits qu'ils relatent sur place et sur le retour à l'information à rendre sur des faits où le factuel permet de rendre l'information non détournée etc....

    Ces journalistes doivent être soutenus, encouragés à perdurer dans leur profession, ce sont les dérives de pays qui n'engagent plus leur sécurité en totalité sur les reportages qui sont souvent plus que délicats où ces journalistes prennent tous les risques sur la passion de leur profession... C'est une passion à les entendre évoquer leur métier, même sur des zones de guerre... Où les risques sont accrus sur leur vie à préserver... Mais, tous le disent, ceux qui furent des otages... La passion dépasse les craintes des conséquences liées à tous les risques encourus...

    RESPECT à son courage, à ses engagements professionnels, à cet homme qui a souffert sur une prise d'otage avec d'autres...

    Et toutes nos pensées vont à sa famille pour leur transmettre nos sincères condoléances...

    Il va rester parmi les Grands.... Car, tous ont suivi son parcours... D'engagé et d'otage à un moment de sa carrière...

    cette réflexion n'engage que vous, pour rester parmi les grands il aurait fallu qu'il commence par y entrer, et ce n'est certainement pas en jouant les cowboys irrespectueux sans cerveau et sans courage qu'il risque d'y entrer.

  • lors de son arrestation comme otage je me rappelle que sarkosy les avait presque accusé de s'être fait pris en otage volontairement c'est vrai qu'il n'a jamais fait dans la dentelle et qu'il n'a jamais été à un outrage prés ce fait m'avait profondément choqué et la riposte des deux otages avait été à la hauteur de l'insulte une fois libérés pour tout cela et le reste de votre œuvre et de votre vie soyez en mille fois remercié condoléances aux vôtres

    Votre anti sarkosisme ne fera pas revenir ce journaliste a la vie...paix a son âme...

    " bouech1 " Quand vous traitez un sujet, le faites vous toujours à travers vos idéologies ?

  • Le parfait prototype du gauchiste intégral qui se foutait complètement des conséquences de ses actes inconsidérés sur la vie des autres !

    Tout à fait d'accord avec vous, M1515

    Le parfait prototype du frontiste intégral qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez.

    Que vient donc faire le FN dans tout ça ?

  • Triste ... Il avait beaucoup de courage et de personnalité.

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