"Molesté" et "menacé" par Les Républicains, Frédéric Lefebvre quitte le parti et règle ses comptes

Le député LR Frédéric Lefebvre à La Baule, le 3 septembre 2016.

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Orange avec AFP, publié le jeudi 08 juin 2017 à 15h24

VIDÉO. Dans une lettre adressée à son ex-camp, le député des Français de l'étranger exprime toute son amertume envers la droite, mobilisée "pour plaire à une frange minoritaire mais totalement réactionnaire". Il affirme avoir été menacé par Nicolas Sarkozy lui-même. 

L'ancien ministre Frédéric Lefebvre a annoncé jeudi 8 juin sur Franceinfo son départ du parti Les Républicains (LR). Il a également adressé un courrier, que L'Express s'est procuré, aux instances dirigeantes du parti afin d'exposer ses motivations. "J'ai adhéré au RPR à l'âge de 17 ans, devenu ensuite l'UMP puis enfin les Républicains. J'ai épousé la logique durassemblement défendue inlassablement par le mouvement gaulliste", détaille-t-il au début de sa lettre, avant d'évoquer "le gâchis" des années Sarkozy et de condamner la proximité de l'ancien chef de l'État avec Patrick Buisson - "l'école 'Buissonière' fut mortifère" -, ainsi que la campagne présidentielle de 2012, qualifiée de "campagne d'unijambiste sur la jambe droite". 

Frédéric Lefebvre regrette "l'invective systématique" et "l'opposition stérile" des membres de son parti "pour plaire à une frange minoritaire mais totalement réactionnaire" de l'électorat. "Depuis quatre ans, j'ai pris ma liberté de vote et d'action au service de l'intérêt de nos compatriotes, car c'est celle qui compte avant tout", argumente un Frédéric Lefebvre meurtri, qui accuse sa famille politique de l'avoir "menacé" et "molesté".  

Menacé par Nicolas Sarkozy

"Le tournant, ça a été mon vote pour le Pacte de responsabilité" durant le quinquennat Hollande, en 2014, a détaillé Frédéric Lefebvre sur Franceinfo. Il précise que certaines des menaces évoquées dans sa lettre de départ ont été formulées par Nicolas Sarkozy lui-même, "à Pasadena (Californie, ndlr) quand Carla (Bruni-Sarkozy, ndlr) était venue donner un concert et que dans la loge j'ai subi ces menaces". "Vous m'avez menacé. Vous m'avez molesté", accuse-t-il. 

"Un quarteron de généraux sectaires" à la tête de LR

Investi par LR aux législatives en Amérique du Nord, Frédéric Lefebvre a fait 12,68% au premier tour des législatives, loin derrière Roland Lescure, candidat de La République en marche (LREM) (52,80%). "J'ai porté cette étiquette des Républicains durant cette campagne par loyauté. Elle est devenue au fil des jours un fardeau urticant dont je me libère aujourd'hui avec enthousiasme", écrit-il. L'ancien ministre se positionne comme l'un des militants pionniers de la disparition du clivage gauche/droite. Pour cette raison, "les leaders des Républicains m'ont moqué, m'ont attaqué et ont tenté de me museler". "Je ne supportais plus que ces gens, je pense à un quarteron de généraux sectaires qui sont à la tête des Républicains, parlent en mon nom". 

Frédéric Lefebvre fait le choix de se positionner dans le sillage d'Emmanuel Macron. "Je reste un homme de droite, libre, décidé à avancer avec le nouveau président de la République avec qui nous partageons la certitude que le pays à besoin pour s'adapter aux défis du monde d'aujourd'hui, d'addition plutôt que de division". 

 
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