Migrants: un nouveau centre pour rationaliser l'accueil et l'orientation

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 Des migrants sont installés dans un centre de "préaccueil" à Cergy-Pontoise, en région parisienne, le 12 octobre 2017

Des migrants sont installés dans un centre de "préaccueil" à Cergy-Pontoise, en région parisienne, le 12 octobre 2017

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© AFP, Lionel BONAVENTURE
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AFP, publié le jeudi 12 octobre 2017 à 20h13

Face à l'engorgement du centre parisien, l'Etat a ouvert jeudi en Ile-de-France une nouvelle structure pour héberger les migrants mais aussi les orienter en fonction du droit au séjour, dans une logique de rationalisation qui fait craindre un "tri" aux associations.

"Cinquante personnes sont arrivées ce matin" à l'ancienne patinoire de Cergy-Pontoise (Val d'Oise), transformée en centre d'accueil d'une "capacité maximale de 200 personnes", a indiqué le préfet du Val d'Oise, Jean-Yves Latournerie.

A midi des hommes dorment sur les lits de camp installés sur la piste tandis que d'autres prennent leur déjeuner dans l'ancienne cafétéria. La Croix-Rouge a disposé des tables pour l'accueil. 

"J'ai dormi pendant trois mois dans les rues, autour du centre de La Chapelle", le centre humanitaire parisien, raconte Ahmed, Somalien de 23 ans : "on était sous les ponts, c'était difficile, la nuit, la police nous réveillait parfois".

"Je ne sais pas combien de temps je vais rester. Après, je ne sais pas ce qui va se passer", confie Abdallah, Tchadien de 14 ans.

L'ouverture de ce centre était attendue depuis que le préfet d'Ile-de-France Michel Cadot avait annoncé le 25 septembre un "lieu de pré-orientation" d'un nouveau genre.

Il s'agit de "mettre à l'abri les personnes qui sont dans la rue", et pour cela des "maraudes renforcées" ont été mises en place à Paris, a indiqué M. Latournerie.

Au cours de leur séjour d'"une dizaine de jours" dans ce centre géré par l'association Espérer 95, les personnes seront accueillies avec "un bilan social, sanitaire, de situation...".

Mais sur cet "accueil inconditionnel" se greffe "un début d'instruction de la demande d'asile", qui aura lieu dans la préfecture voisine, en collaboration avec l'Office français d'immigration et d'intégration (Ofii).

"La nouveauté est que l'on intègre les deux démarches : la mise à l'abri et le traitement de la situation administrative", a souligné M. Latournerie. 

- "Etau" -

Dans la conception, c'est une différence avec le centre d'accueil parisien, opposé à tout contrôle entre ses murs : le volet administratif, organisé dans un guichet préfectoral éloigné, s'est pendant des mois fait de façon partielle, voire expéditive.

La structure parisienne est saturée, avec des centaines de migrants à la rue. Son déménagement d'ici mars est l'occasion, pour l'Etat, de redéfinir les lignes directrices de la prise en charge des migrants, en ambitionnant de rationaliser le processus.

Après l'examen de leur situation administrative, les migrants seront "répartis en fonction de leur situation dans des centres d'accueil dédiés", sur "tout le territoire", selon qu'ils sont "primo-arrivants", demandeurs d'asile, etc.

Les "dublinés", c'est-à-dire les migrants déjà enregistrés dans un autre pays européen, "resteront en Ile-de-France", a toutefois fait savoir le responsable de l'Ofii du Val d'Oise, Pascal Mertz.

Un millier de places ont été créées pour eux en région parisienne cet été : aux termes des procédures européennes, ils doivent être renvoyés vers le pays où ils ont déposé leur demande d'asile.

L'expérience de Cergy permet pour les préfets de répondre au double objectif fixé par Emmanuel Macron de ne plus avoir "personne à la rue" d'ici la fin de l'année et de traiter les dossiers "dès la première minute", alors que selon lui la France expulse "beaucoup trop peu". Un autre centre doit ouvrir à Paris d'ici quelques semaines, et "sans doute" un troisième en Ile-de-France "d'ici la fin de l'année", selon M. Latournerie.

Les associations, elles, s'inquiètent d'une logique évoluant vers le centre de "tri". 

"Vous pouvez l'appeler comme cela mais ce n'est pas le bon terme", a assuré M. Latournerie.

Mais "cela va tellement vite qu'on n'est pas sûr que les droits seront respectés", affirme Corine Torre, responsable de la mission France de Médecins sans frontières, qui redoute une "usine à débouter".

"On est dans une logique d'identification et de tri le plus tôt possible", s'inquiète Caroline Mailary, chargée de mission sur l'asile au Gisti, selon qui "l'étau se resserre sur les +dublinés+".

 
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