23/02/2012 à 13:35

Meurtres du pont de Neuilly: perpétuité requise contre David Sagno

L'avocat général Philippe Courroye a requis jeudi la réclusion à perpétuité à l'encontre de David Sagno, jugé par la cour d'assises des Hauts-de-Seine pour le meurtre de deux femmes au pont de Neuilly, dont l'un avait entraîné la condamnation de Marc Machin, ensuite libéré.

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Photographe : Mathieu Genon :: Le pont de Neuilly le 30 mars 2008, où deux femmes ont été assassinées photo : Mathieu Genon, AFP

Il a en outre demandé que cette peine soit assortie d'une peine de sûreté de 22 ans, et s'est interrogé sur le "fonctionnement du processus judiciaire" en raison de la condamnation, finalement annulée, de Marc Machin.

Dans son réquisitoire, le procureur de Nanterre a insisté sur la "dangerosité" de l'accusé en étayant ses dires avec des constatations d'experts. "Seule une très longue peine peut nous assurer qu'il n'y aura pas d'autres fois", a-t-il affirmé, faisant référence aux victimes, Marie-Agnès Bedot et Maria-Judith Araujo.

"Il avait la volonté de faire le mal, il l'a dit au juge d'instruction", a rappelé M. Courroye, soulignant la "froideur" de l'accusé, qui est resté impassible dans son box.

Passant en revue les éléments de preuves incriminant David Sagno, telles les traces d'ADN relevées sur les victimes, ainsi que ses déclarations, l'avocat général a souligné le caractère "prémédité" du geste de l'accusé.

"Je ne fais ni le procès de la police ni de la justice (...) Mais je dis qu'il est nécessaire de s'interroger sur le fonctionnement du processus judiciaire", a-t-il également affirmé en revenant sur les deux condamnations de Marc Machin, en première instance et en appel.

Dans la nuit du 3 au 4 mars 2008, David Sagno s'était rendu au commissariat de La Défense (Hauts-de-Seine) pour s'accuser des meurtres de Marie-Agnès Bedot, le 1er mai décembre 2001, et de Maria-Judith Araujo, le 22 mai 2002, commis au pont de Neuilly.

Si le second meurtre n'avait jamais été élucidé, le premier avait conduit à la condamnation à 18 ans de réclusion de Marc Machin, âgé de 19 ans au moment des faits. Grâce aux aveux tardifs de David Sagno et à des vérifications génétiques, Marc Machin avait bénéficié d'une remise en liberté en avril 2010 par la cour de révision, qui avait annulé sa condamnation. Il doit être rejugé fin 2012.

Le procès se poursuivait dans l'après-midi avec la plaidoirie de la défense.

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