Manifestations : Cazeneuve "indigné" par "les propos tenus à l'égard des policiers"

Manifestations : Cazeneuve "indigné" par "les propos tenus à l'égard des policiers"

Bernard Cazeneuve, lors d'une conférence de presse au ministère de l'Intérieur le 25 mai 2016 (photo d'Archives).

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Orange avec AFP, publié le mardi 14 juin 2016 à 22h54

- Le ministre de l'Intérieur s'est insurgé, ce mardi sur France 2, contre les "hordes de manifestants violents" qui ont perturbé les manifestations contre la loi travail à Paris et dans d'autres villes de province. "Nous avons vu des manifestants crier 'un policier, une balle' ; 'policiers la France vous hait'", a-t-il ajouté.

Pour le ministre de l'Intérieur, "après ce que nous avons vécu hier, tout cela n'a que trop duré". -

Affrontements entre casseurs et policiers, vitrines saccagées, hôpital Necker-Enfants malades vandalisé... La forte mobilisation contre la loi travail, mardi à Paris, a été une nouvelle fois éclipsée par les violences d'un poignée de casseurs. Au moins 29 policiers et 11 manifestants ont été blessés et 58 individus interpellés. Les heurts entre plusieurs centaines de personnes encagoulées et les forces de police ont commencé rapidement après le début du cortège parti de la place d'Italie pour rejoindre les Invalides. A Paris, le défilé a rassemblé un million de personnes, selon les organisateurs, près de 80.000 selon la préfecture de police.

"DES SAUVAGEONS"

Bernard Cazeneuve a fait part de son "indignation" face aux propos tenus à l'encontre des forces de l'ordre "ces dernières semaines". "Après ce qui s'est passé hier (l'attentat meurtrier contre deux policiers dans les Yvelines), tout cela n'a que trop duré. Et moi, je n'accepterai plus que dans des manifestations il y ait des 'sauvageons' qui puissent tenir ce type de propos avec 27 policiers blessés, les vitres de l'hôpital Necker brisées alors que l'enfant des policiers tués lundi soir s'y trouve".


Lors des questions à l'Assemblée nationale, le ministre avait déjà dénoncé les "postures", "propos" et "affiches" qui mettent en cause les forces de l'ordre. "Au moment où il y a des manifestations à Paris, j'appelle tous ceux qui sont dans la violence, qui s'attaquent aux policiers, qui veulent s'en prendre à eux, à retrouver un peu au fond d'eux-mêmes d'humanité, de tolérance, de respect, simplement en respect de ceux tombés hier et en respect de ce petit enfant auquel nous nous devons de donner une image digne de la France", avait-il déclaré.

Lundi peu après 20h, la France a été à nouveau frappée par une attaque jihadiste : Larossi Abballa, un livreur de sandwichs âgé de 25 ans et domicilié à Mantes-la-Jolie âgé, a tué au couteau un policier en civil, avant de se retrancher au domicile de sa victime à Magnanville (Yvelines) et d'être abattu lors de l'assaut des policiers d'élite du Raid. Dans la maison, les policiers ont découvert le corps de la compagne du policier, âgée de 36 ans, égorgée. Ils ont aussi retrouvé le fils du couple, trois ans et demi, "dans un état de sidération" mais indemne.

Larossi Abballa a revendiqué son acte sur Twitter et Facebook dans une vidéo filmée depuis la maison des victimes et diffusée mardi en fin d'après-midi par l'agence Amaq liée au groupe État Islamique (EI). "On vous réserve d'autres surprises pour l'Euro, je ne vous en dis pas plus. L'Euro sera un cimetière", promet-il dans cette vidéo, visionnée par l'AFP. Il y affirme avoir prêté allégeance il y a trois semaines au chef de l'EI Abou Bakr al-Baghdadi. Il y enjoint également "à attaquer des policiers, des journalistes, des gardiens de prison et des rappeurs".

PLACÉS LES "FICHÉS S" EN CENTRE DE RÉTENTION ?

L'homme avait un passé dans l'islamisme radical. Il avait notamment été condamné en 2013 à trois ans de prison dont six mois avec sursis pour participation à une filière jihadiste vers le Pakistan. Pendant son incarcération, il s'était "livré à des actes de prosélytisme d'islamisme radical", a détaillé ce mardi le procureur de la République, François Molins. Son nom était ensuite apparu cette année dans une enquête sur une filière de départ vers la Syrie. Mais "plusieurs interceptions téléphoniques et géolocalisations" sur plusieurs lignes n'avaient pas permis "de déceler la préparation d'un passage à l'acte violent", a assuré le procureur.

Bernard Cazeneuve a salué "des fonctionnaires admirables, courageux, qui avaient une relation de confiance forte avec leurs collègues". "L'hypothèse la plus probable est que Larossi Abballa a agi seul", a indiqué Bernard Cazeneuve en restant extrêmement prudent. "Cet individu a été condamné. Après sa sortie, il a fait l'objet d'un suivi des services judiciaires qu'il a parfaitement respecté. Les écoutes administratives n'ont rien révélé. Malgré cela la police judiciaire ont poursuivi les investigations qui ont conduit à sa judiciarisation (...) On est dans un état de droit (...) on ne peut pas procéder, sans preuve, à l'incarcération d'un individu qui n'a commis aucun acte, aucun délit".

Trois hommes de 27, 29 et 44 ans ont été placées en garde à vue ce mardi. Deux d'entre eux avaient été condamnés avec Abballa en 2013 dans l'affaire de la filière pakistanaise, dont l'un parti en janvier 2011 au Pakistan avait été arrêté trois mois plus tard et expulsé vers la France.

Face à la menace jihadiste, la droite et l'extrême droite ont demandé plus de fermeté au gouvernement. Le député "Les Républicains (LR)" des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, a notamment demandé à ce que le haut du panier des fichés pour radicalisme soit "placés en centre de rétention. Ils ne peuvent plus continuer à être dans une situation de totale liberté alors que nous savons, que les services de renseignements (...) savent leur dangerosité". "J'ai déposé de multiples amendements dès 2012 dans la loi terrorisme pour qu'il y ait des centres de rétention, comme pour les malades psychiatriques", a ajouté le secrétaire général adjoint des Républicains.

Il y a "quelques centaines (de personnes) qui présentent une dangerosité maximale. Il y a 11.000 personnes dans le FSPRT, le nouveau fichier classé secret défense (...), des signalés pour la prévention de la radicalisation terroriste. Il y a 10.000 personnes fichés S, il y a là-dedans environ un millier qui sont suivis par la DGSI (...) qui présentent une dangerosité forte. Il doit y avoir un principe de précaution", a-t-il ajouté.

"C'est le contraire de ce qu'est la République française, c'est la porte ouverte à l'arbitraire et ça n'aurait qu'une efficacité très limitée", lui a répondu Bernard Cazeneuve.
 
50 commentaires - Manifestations : Cazeneuve "indigné" par "les propos tenus à l'égard des policiers"
  • Monsieur Cazeneuve n'est pas un politique, c'est un ancien Préfet et en tant que tel, il se comporte comme en fonctionnaire zélé. Il n'a sans doute pas l'étoffe d'un ministre de l’intérieur.

  • qu'il arrête son cinéma avec ses 'indigné" "inacceptable", "intolérable", "grande fermeté" ; c'est tout ce qu'ils savent dire, des discours convenus, sans effet, sans portée. Des actes bons sang !!

  • Ils savent très bien les groupuscules qui s'attaquent aux hôpitaux et Policiers se sont les groupuscules antifa qui sont couverts et aux ordres de ce gouvernement. Facile de discalifier la cgt et interdire les manifs en voulant les rendre responsable du désordre alors ces actes sont commandités par nos élus de gauche

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    MV8896  (privé) -

    moi aussi j'ai été choqué par les propos "gestapo….(entre autres )" criés par NOS hooligans aux forces de l'ordre. Je trouve même que la police n'est pas assez dure face à ces vandales qui, comme les hooligans du sport, ne sont là que pour casser, vandaliser. Les repousser au "canon à eau" c'est un commencement mais pas suffisant. J'aimerais que M. Cazeneuve délègue des troupes afin d'aider la Police!!! vous ne trouvez pas qu'il y en a plus qu'assez de se faire marcher sur la figure par des voyous ??? Nous avons tout de même des moyens pour les museler non ???? De plus ils sont faciles à repérer : tout en noir, masqués et cagoulés même s'ils sont très mobiles, ils en choperont au moins quelques uns. Si on ne fait rien il y en aura de plus en plus se croyant intouchables.

  • Pour verser de l'huile sur le feu, la CGT est championne du monde. Elle est assez courageuse pour éditer et diffuser des affiches anti-flics mais trop lâche pour ne pas s'en prendre aux casseurs.

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