Manifestation loi Travail : tollé après la dégradation de l'hôpital Necker

Manifestation loi Travail : tollé après la dégradation de l'hôpital Necker

Une famille devant l'hôpital Necker à Paris, dégradé mardi 14 juin 2016 par des casseurs.

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Orange avec AFP, publié le mercredi 15 juin 2016 à 19h20

- Au lendemain de la manifestation contre la loi Travail, Manuel Valls s'est rendu mercredi matin à l'hôpital Necker à Paris pour constater les dégâts provoqués par des casseurs. -

Affrontements entre casseurs et policiers, vitrines saccagées, au moins 29 policiers et 11 manifestants blessés, 58 interpellations : la forte mobilisation contre la loi Travail, mardi 14 juin à Paris, a été une nouvelle fois éclipsée par les violences.

Les casseurs s'en sont donnés à cœur joie en brisant des vitrines de banques, de restaurants, des baies vitrées du ministère des Outre-Mer et de l'hôpital Necker. La dégradation de l'établissement spécialisé en pédiatrie a fait polémique. La CGT a condamné mercredi "sans réserve les violences commises", en dénonçant "des actes aveugles" qui discréditent l'opposition au projet du gouvernement.

Déplorant le bris d'une quinzaine de baies vitrées, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé vouloir "porter plainte" après l'"attaque inadmissible" de l'hôpital des enfants malades. La ministre de la Santé Marisol Touraine a dénoncé sur Twitter une "attaque insupportable de casseurs" contre l'établissement. "Honteux", a-t-elle déclaré, apportant son "soutien aux professionnels de santé mobilisés auprès des patients". "C'est à un hôpital pour enfants qu'on s'en est pris", s'est-elle également insurgée sur France Info. "Il y a des enfants qui entraient dans les blocs opératoires et certains n'étaient pas encore endormis et ce sont des choses qui sont choquantes", a-t-elle déploré. Parmi les patients, se trouvait notamment l'enfant de 3 ans du couple de policiers assassinés à Magnanville lundi soir, hospitalisé après avoir été retrouvé "choqué mais indemne".

À ceux qui plaideraient l'ignorance, la ministre assure que ce n'est pas possible. "Les vitres qui ont été caillassées, elles portent l'inscription hôpital Necker, donc personne ne pouvait ignorer que c'était un hôpital auquel on s'en prenait et qu'on attaquait".



VAGUE D'INDIGNATION

Citoyens et responsables politiques ont manifesté leur colère après les dégradations de l'hôpital pédiatrique. Mercredi matin, le dessinateur Alex a profité du coup d'envoi du bac 2016, avec l'épreuve de philosophie, pour s'en prendre aux casseurs.

Ancien collaborateur de Charlie Hebdo, le président de l'association des médecins urgentiste de France Patrick Pelloux s'est révolté sur Twitter. "Les manifestants ont caillassé des vitres où derrière il y avait des opérations, des blocs opératoires qui étaient en fonctionnement. Ça a remis en cause la sécurité des malades, les enfants ont eu peur, les familles ont eu peur", a-t-il déploré sur BFMTV.

Le médecin et animateur Michel Cymes espérait dans la soirée de mardi sur le plateau de "C à vous", sur France 5, que les responsables seraient condamnés.

La classe politique a également unanimement condamné ces dégradations. Sur France 2 mardi soir, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve espérait que "justice passe, car cela suffit". Sur Twitter, Nicolas Sarkozy a décrété que c'était "inacceptable", tandis que François Fillon a appelé à cesser les manifestations.



C'est également l'avis de Manuel Valls. "Je demande à la CGT de ne plus organiser ce type de manifestations sur Paris et au cas par cas, car vous savez qu'on ne peut pas prononcer une interdiction générale, nous prendrons, nous, nos responsabilités", a prévenu mercredi le Premier ministre sur France Inter. "Nous ne tolérons aucune de ces violences perpétrées par quelques individus en dehors des manifestations, comme celles qui gratuitement endommagent des établissements de soins au service des populations", lui a répondu le syndicat.

"LES CASSEURS VOULAIENT TUER DES POLICIERS"

Après son passage à la radio, le chef du gouvernement s'est rendu avec Marisol Touraine à l'hôpital Necker, pour constater les dégâts. "J'ai tenu à marquer la solidarité du gouvernement et, j'en suis sûr, celle de tous les Français vis-à-vis des équipes de l'hôpital qui ont subi hier (mardi, ndlr) une agression intolérable", a-t-il déclaré. "De mémoire, c'est la première fois que l'on s'attaque ainsi à un hôpital. Personne ne peut ignorer que c'est un hôpital. Derrière ces vitres, il y a en plus le bloc opératoire", a-t-il ajouté avant de "saluer le sang-froid de toutes les équipes qui ont été choquées qu'on s'attaque à cet hôpital, choquées par la violence des casseurs."

Manuel Valls a également condamné les actes des casseurs, "plus nombreux que d'habitude, 700 à 800", qui "non seulement s'attaquaient à des bâtiments publics, mais voulaient aussi se payer, voulaient tuer des policiers"."Quand on balance des parpaings particulièrement lourds, c'est qu'on veut faire mal, c'est qu'on veut tuer un policier", a-t-il affirmé.
 
295 commentaires - Manifestation loi Travail : tollé après la dégradation de l'hôpital Necker
  • Je persiste et signe pour traiter la CGT d'organisation populaire terroriste. Celle-ci devrait être interdite et son ""patron"" écroué pour vandalisme organisé, trouble à l'ordre publique, incitation à la violence. Les manifs devraient être interdites et les contrevenants mis en prison.
    En voilà des idées qu'elles sont bonnes ! ! !
    Non ? ? ?

  • Bien sûr qu'il faut condamner les casseurs d'autant plus qu'ils s'attaquent aux hopitaux pour enfants comme Necker mais faudrait surtout avoir la volonté politique de les arrêter, leur faire payer les dégâts et les mettre à l'ombre pour un petit moment

  • Il y en a encore pour défendre l'indéfendable soit la légitimité de la violence et des casseurs dans les manifestations en représailles de la violence sociale que représente les licenciements et le chômage du le secteur marchand.
    L'emploie à vie n'existant presque plus le licenciement devrait être partie intégrante du contrat de travail un peu comme les contrats de mariages, sans cela les entreprises seront toujours aussi rétissantes à embaucher, qui voudrait épouser quelqu'un qui au moindre coup de Trafalgar réclamerait la maison, la voiture, les enfants et une rente à vie....!!???

  • Ca paraît pourtant simple : interdiction purement et simplement de toutes manifestation, un point c'est tout.
    De plus, nous sommes en état d'urgence, non ? Malheureusement, cette mesure semble de plus en plus galvaudée....

  • Tout cela avec l'aval de la CGT qui a laissé les casseurs à l'avant du cortège. Bravo les gars!

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    Laurencedarabi  (privé) -

    Ce n'est pas dans les attributions d'un syndicat de neutraliser des personnes extérieures à la manifestation, les casseurs en l'occurrence....C'est l'affaire de la police ou de la gendarmerie de faire le boulot.

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