Manifestation contre les "violences policières" à Rennes : des incidents malgré l'interdiction

Manifestation contre les

Vitrines brisées, forces de l'ordre omniprésentes et appel à éviter le centre-ville : Rennes a été le théâtre de nouveaux incidents ce samedi 14 mai.

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Orange avec AFP, publié le samedi 14 mai 2016 à 17h24

- La manifestation interdite et néanmoins organisée sur l'esplanade Charles-de-Gaulle à Rennes pour protester contre "les violences policières" a pris fin ce samedi vers 15h après de nouveaux incidents entre des dizaines de casseurs et des forces de l'ordre. -

"L'État est totalement mobilisé" et les forces de l'ordre resteront "mobilisées ce (samedi)soir dans les rues de Rennes" comme elles l'ont été samedi après-midi pour empêcher un "rassemblement interdit", a assuré le nouveau préfet de région Christophe Mirmand lors d'un point presse.

"La mobilité des unités de police est essentielle" pour prévenir de nouveaux risques de violence, a ajouté le représentant de l'Etat, arrivé quelques heures plus tôt d'Ajaccio où il était précédemment en poste.

Les forces de l'ordre, venues en nombre (dispositif très lourd de quelque 500 hommes), ont empêché samedi quelque 700 manifestants de défiler dans le centre de Rennes pour protester contre "les violences policières", au lendemain d'une soirée de dégradations commises par quelque 300 casseurs. Une cinquantaine de personnes se trouvaient encore vers 15h30 sur la vaste esplanade où quelque 700 manifestants s'étaient rassemblés vers 13h, dénonçant "les violences policières" et la réforme du code du travail adoptée au 49-3 par le gouvernement.

"La police mutile, la police assassine", criaient les manifestants. L'un d'entre eux a montré à l'AFP une marque à la cuisse causée selon lui par une balle de défense. "Ils ne cherchent pas à nous faire peur mais à nous faire mal", a-t-il déclaré. La violence n'est pas de notre côté, ils tirent pour nous mutiler".



Faisant usage de gaz lacrymogènes et de lanceurs de balles de défense, les forces de l'ordre ont empêché les manifestants de se former en cortège pour défiler dans le centre-ville, a expliqué à l'AFP Patrick Dallennes, préfet par intérim d'Ille-et-Vilaine et préfet délégué pour la zone de défense et de sécurité ouest. "Les choses étaient très claires : pas question de défiler", a-t-il expliqué. Les manifestants ont lancé des projectiles en direction des forces de l'ordre, selon la préfecture, qui a précisé que personne n'avait été blessé.


"On ne les laissera pas manifester, cette manifestation n'aura pas lieu. On fera respecter la loi, on fera respecter l'état de droit", avait martelé le préfet intérimaire dans la matinée. "La réponse sera très ferme. Tous ceux qui commettent des dégradations et des actes violents seront interpellés chaque fois qu'on pourra le faire" et déférés à la justice, avait-il prévenu, tout en appelant les Rennais à éviter le centre-ville dans l'après-midi.

QUATRE PERSONNES PLACÉES EN GARDE À VUE

Les manifestants étaient autorisés à quitter la place après avoir montré le contenu de leur sac-à-dos aux policiers. Les forces de l'ordre veillent à empêcher que des petits groupes se reconstituent dans le centre-ville, a assuré Patrick Dallennes. Les forces de l'ordre, appuyées par deux hélicoptères, n'ont pas eu à faire usage des quatre canons à eau qui avaient été prépositionnés.


Avant la manifestation, les forces de l'ordre avaient effectué 22 contrôles d'identité auprès de personnes qui se rendaient sur l'esplanade. Quatre ont été placées en garde à vue, dont une qui était en possession d'un marteau et trois autres qui ont refusé de se soumettre à des prises d'empreintes, selon Pactrick Dallennes. Depuis le Nigeria où il se trouve en visite, le président François Hollande a dénoncé les dégradations commises vendredi soir à Rennes, estimant qu'"aucune violence ne doit être acceptée".

"UNE TACTIQUE DE GUERILLA URBAINE"

Un groupe de casseurs avait évolué dans le centre historique jusqu'à 23 heures, cassant méthodiquement les vitrines de plusieurs agences bancaires, de commerces et de bâtiments publics : la mairie, un bureau de poste, un poste de police. Le siège du Parti socialiste a également été pris pour cible ainsi que des abribus et une automobile qui a fait l'objet d'une tentative d'incendie. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes devant la mairie et place Sainte-Anne, au cœur de la vieille ville, pour empêcher les manifestants d'approcher d'une salle municipale d'où ils avaient été délogés le matin même par les gendarmes mobiles. Mais les forces de l'ordre n'ont pu empêcher la dégradation de nombreux commerces, malgré cinq interpellations.

Le patron du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a appelé ce samedi les dirigeants de partis et de syndicats à "condamner la violence et les attaques de permanences de députés" : "La violence inacceptable, et son caractère maintenant systématique, est une atteinte à la démocratie qui doit nous inquiéter. C'est un fait sans précédent depuis la Seconde guerre mondiale que des groupes s'en prennent de cette façon à une représentation démocratiquement élue", écrit-il dans une lettre adressée à Nicolas Sarkozy (LR), Jean-Christophe Lagarde (UDI), Pierre Laurent (PCF) et aux autres dirigeants de partis "républicains" et d'organisations syndicales.

"Ils se sont servis, ils ont tendu le bras pour attraper les vêtements qui étaient juste derrière", a déploré samedi matin Frédéric Bonnechère, propriétaire d'un magasin de vêtements, en découvrant son établissement vandalisé. "On essaie de créer une clientèle et, là, ça fait un mois et demi qu'il n'y a plus de clients dans Rennes", s'est désolé le commerçant. Pour le préfet par intérim, les manifestants avaient mis au point "une tactique de guerilla urbaine", avec des petits groupes très mobiles s'en prenant en peu de temps à différentes cibles avant de disparaître dans la nature après s'être changés. 

Depuis deux mois, Rennes a été le théâtre de manifestations parfois violentes contre la loi travail, un jeune manifestant ayant perdu l'usage d'un œil le 28 avril suite à un jet de projectile. Certains manifestants ont imputé cette blessure à un tir de Lanceur de balles de défense (LBD40) de la police. Une enquête, ouverte par le parquet et confiée à l'IGPN (inspection générale de la police nationale) est en cours pour déterminer l'origine exacte du projectile. "Rennes et Nantes n'ont pas vocation à devenir un champ de bataille pour casseurs violents, animés par la haine de l'État et de la République", avait déclaré vendredi Bernard Cazeneuve appelant à la plus grande fermeté.

 
57 commentaires - Manifestation contre les "violences policières" à Rennes : des incidents malgré l'interdiction
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    jimmy973  (privé) -

    Quand on manife et qu'il y a des violences, il ne devrai pas y avoir le droit aux "commentaires".
    T'es blessé, ben t'avais qu'à ne pas être là !

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    jimmy973  (privé) -

    où sont les interpellés ?........

  • le ministre les soutiens aujourd'hui ! Maintenant qu'ils se sont bien fait massacrés ! je pense que si j'etais un des leur , je m'en souviendrai ! Non ?

  • ce gouvernement est complètement dépassé, il n'a pas voulu agir dès le début et les extrêmes gauches en profitent ! ce gouvernement qui ne cesse de dire que tout va bien attend t il qu'il y ait des morts pour enfin agir?
    avoir de la compassion , condamner c'est bien mais agir c'est indispensable , l'euro foot arrive et tous ces extrêmes vont tout faire pour pourrir la situation et rendre la France infréquentable !! que ce gouvernement réagisse et qu'il cesse de croire que tout va bien !! c'est le contribuable qui va trinquer encore et les dégâts sont énormes ! mais tout va bien !!

  • Pourquoi vous critiquez les jeunes il essayent de faire comprendre qu'ils n'auront jamais de travail , déjà par cette loi qui est uniquement faite pour que les patrons vous jettent plus facilement dehors avec le minimum indemnités , mais le pire est passé sous silence par les médias la robotisations dans tous les domaines, les travailleurs détachés , et toute cette immigration qui se proposera au travail pour une misère alors commerçants et patronat et banquier peut y voyez vous encore plus de bénéfices a envoyer au Panama , par contre les vrais casseurs et voyous des banlieues qui viennent pour casser et surtout voler pour leurs survie la ils faut sévir ? mais par contre qui a créer ces banlieues et bandes c'est bien vous messieurs les politiciens vous en avez que le revers de la médaille HI

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