Macron s'adresse lundi au Congrès à Versailles

Macron s'adresse lundi au Congrès à Versailles

Le président français Emmanuel Macron à l'Elysée à Paris, le 26 juin 2017

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AFP, publié le mercredi 28 juin 2017 à 21h59

Emmanuel Macron s'adressera au Parlement réuni en Congrès à Versailles lundi à 15 heures, la veille de la déclaration de politique générale d'Edouard Philippe devant l'Assemblée, une communication solennelle sur "les grandes orientations" du quinquennat qui devrait devenir annuelle.

Après quelques jours de suspense sur la date choisie, Emmanuel Macron a décidé de parler en premier, en dépit des critiques de parlementaires LR, UDI, FN et PS qui dénoncent une "humiliation" pour le Premier ministre et qui veulent, pour certains, boycotter l'événement.

En conséquence, a précisé son entourage, le président ne donnera pas d'interview télévisée le 14 juillet, rompant ainsi avec une tradition vieille de plus de 40 ans mise en place par Valéry Giscard d'Estaing.

Ce sera la troisième fois qu'un chef de l'Etat s'exprime devant le Congrès
depuis la révision constitutionnelle de 2008 qui a autorisé cette forme d'intervention, jusqu'alors proscrite. Nicolas Sarkozy s'était exprimé en juin 2009 puis François Hollande juste après les attentats de Paris, le 16 novembre 2015.

Pour sa part, de Tallinn en Estonie où il est actuellement en déplacement, M. Philippe a estimé qu'il "y aura deux expressions à la fois parfaitement en ligne et en même temps complémentaires".

Emmanuel Macron, qui a informé au préalable de sa décision les présidents du Sénat et de l'Assemblée, Gérard Larcher et François de Rugy, veut même faire de cette allocution, jusqu'ici exceptionnelle, un rendez-vous annuel, à chaque anniversaire de son investiture, vers mai-juin, indique-t-on à l'Elysée, comme il l'avait déclaré pendant sa campagne.

"Le président de la République a pris un engagement devant les Français de réunir le Congrès une fois par an pour balayer un certain nombre de sujets", a aussi rappelé mercredi le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner.

"Ce sera un discours sur l'état de la France, qui ressemble au discours sur l'état de l'Union des présidents américains", analyse Philippe Moreau-Chevrolet, expert en communication politique.

"De plus, cela se passe à Versailles, que Macron utilise pour la seconde fois après y avoir reçu Poutine, comme si l'Elysée était devenu trop petit pour affirmer une image présidentielle aussi forte que celle de Trump. C'est une logique de mondialisation de l'image du président français. Ce sont des images pensées pour l'international", ajoute-t-il.

"Et l'interview du 14 juillet ne fait plus l'événement: le président s'adresse au peuple et pas aux médias. Macron remplace une tradition française par une tradition américaine", selon M. Moreau-Chevrolet.

"Le président renoue avec une tradition de la Ve République", fait en revanche valoir l'Elysée.

- "Humiliation pour le parlement" - 

Avant même 2008, "il était d'usage que le président, en début de mandature, s'adresse, sous forme d'un message lu par le Premier ministre, au nouveau Parlement", a dit M. Castaner en énumérant les précédents de Jacques Chirac, François Mitterrand, Georges Pompidou et Charles de Gaulle.

La décision présidentielle a toutefois suscité de nombreuses critiques à droite et à gauche, y compris chez les "constructifs".

Le patron des députés Nouvelle Gauche (ex-PS), Olivier Faure, a affirmé qu'Emmanuel Macron "renou(ait) avec la conception la plus archaïque de la Ve République", avec un "retour du pouvoir personnel". "Effacé, le Premier ministre, qui se voit condamné à jouer les répétiteurs le lendemain. Escamoté, le vote de confiance puisque le discours présidentiel ne peut faire l'objet d'aucun débat en sa présence, ni d'aucun vote", a-t-il écrit.

M. Macron "squeeze" le gouvernement, a renchéri le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, député du groupe "Les constructifs: Républicains, UDI, indépendants", qui n'ira pas à Versailles.

Thierry Solère, cheville ouvrière de ce groupe, a en revanche salué cette hypothèse, pas "contradictoire" avec le discours de politique générale du premier ministre.

Chez LR, Damien Abad a pointé une "humiliation pour le Parlement dans son ensemble".

Le vice-président du Front National Florian Philippot a twitté : "Macron réunit le Congrès pour rien. Juste pour sa communication personnelle et singer le président américain. Les Français méritent mieux".

 
171 commentaires - Macron s'adresse lundi au Congrès à Versailles
  • ça va coûter dans les 300 000 euros et se fera sans appel d'offres; pourquoi ne pas en avoir confier l'organisation à Mme Penicaud ?

  • Il préfère s'adresser aux députés et sénateurs plutôt qu'aux français, puisque aucune question ne pourra lui être posée. il est vrai que l'ensemble, de l'abstention, des bulletins nuls, des bulletins blancs représente 36.51% des voix du corps électoral. Macron qui n'a obtenu que 65.82% des voix, n'a obtenu l'adhésion que de 41.8% des voix du corps électoral Français, soit environ les voix de 4 Français sur 10. On comprend qu'il ne veuille pas leur parler à travers un interview et par crainte des journalistes qui pourraient lui poser des questions gênantes auxquelles les français auraient souhaité avoir une réponse .

    Comme il a raison puisque ce sont les représentants du peuple , élus démocratiquement ! Il respecte l'ordre des choses .

    Elus par une minorité de français.

  • Sa Majesté a décidé, donc cela sera !! Vive 1789 !

  • Les responsables de la défaite du PS sont Hollande-Valls-Gattaz-Macron et leur politique de casse des métiers, d'ubérisation de nos vies, de de cadeaux aux patrons plutôt que de lutte contre la finance et la fraude fiscale organisée, y compris par des grandes banques, comme démontré. Ne pas se tromper de responsables. Les frondeurs ont tenu à distance d'encore plus mauvais coups que Macron va se faire un plaisir de porter. Salut à eux, les vrais courageux , et pas aux ventres mous dociles et suiveurs, avides, cupides, et seulement intéressés par leur carrière, chantres de la mondialisation délirante et polluante

  • Curieux, ces termes de "balayer un certain nombre de sujets". Le verbe balayer a plusieurs sens, comme : balayer devant sa porte, balayer des arguments, balayer du regard et même balayer la couleur de ses cheveux. Que faut-il comprendre ?

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