Macron de retour à Oradour-sur-Glane pour tenir sa parole

Macron de retour à Oradour-sur-Glane pour tenir sa parole

Discours d'Emmanuel Macron lors du 73e anniversaire du massacre d'Oradour-sur-Glane, samedi 10 mai 2017

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Orange avec AFP, publié le samedi 10 juin 2017 à 13h59

VIDÉO - Le président est venu présider samedi matin les cérémonies commémoratives du massacre d'Oradour-sur-Glane, tenant ainsi une promesse faite au dernier survivant de ce massacre.

Emmanuel Macron est arrivé samedi matin 10 juin à Oradour-sur-Glane, en Haute-Vienne, pour présider les cérémonies du 73e anniversaire du massacre de 642 villageois, le 10 juin 1944, par la division SS Das Reich qui rejoignait le front de Normandie dans une marche sanglante.

Le chef de l'État a été accueilli par quelques-uns des 500 enfants venus du nouveau village d'Oradour-sur-Glane et de toute la France pour participer à cette cérémonie. Il a ensuite rejoint l'ancienne église du village où plus de 450 femmes et enfants avaient été enfermés et brûlés vifs, les hommes, répartis en six groupes, étant abattus dans des granges avant que le village ne soit entièrement incendié.

Promesse tenue

Dans cette église à ciel ouvert, Emmanuel Macron a retrouvé Robert Hébras, 91 ans, dernier rescapé du massacre d'Oradour-sur-Glane, en compagnie duquel il doit ensuite parcourir pendant près d'une heure les rues du village martyr, laissé en l'état depuis sa destruction.

Le 28 avril dernier, en pleine campagne de l'entre-deux-tours, celui qui n'était encore que candidat à la présidentielle avait promis à cet homme, mitraillé et laissé pour mort dans un garage d'où il avait réussi à s'échapper malgré l'incendie à l'époque, de revenir en tant que chef de l'État.

"Quelle belle journée", a déclaré ce dernier au président, malgré le douloureux souvenir que lui évoque cette journée. Il s'est dit très troublé par la présence des enfants autour du président, se souvenant avec émotion le destin funeste qu'ont subi ses petits camarades à l'époque. "Il y a 73 ans, c'était une journée ensoleillée comme celle-ci. C'était un samedi comme aujourd'hui et ma mémoire va à ceux qui ont disparu. Merci monsieur le président d'être parmi nous." Très ému, il a ensuite appelé tous les officiels et les citoyens présents à se recueillir pour une minute de silence.

"On a mis le feu sur nous"

Face aux enfants et au président, le nonagénaire a retracé le fil de cette atroce journée. "À un moment, un des soldats a fait le tour du groupe. Lorsqu'il est arrivé à notre hauteur, il nous a fait signe. On s'est levés. Le temps qu'il revienne à l'entrée de la grange, il y a une détonation dans le village et c'est la fusillade", a-t-il raconté.

"On tombe les uns sur les autres. Pourquoi je suis là? Je ne sais pas. Ce sont les autres qui m'ont sauvé la vie", s'est-il remémoré avant de poursuivre : "Après, il y a eu le coup de grâce. Ils nous ont couvert de tout ce qui pouvait brûler et on a mis le feu sur nous. Quand le feu m'a atteint, je n'avais pas le choix, où je mourais brûlé vif, ou je savais que j'allais mourir quand même, parce que pour moi les soldats étaient devant la porte. Quand je suis sorti de dessous les autres, il n'y avait que des morts et des mourants." 

Très attentif, Emmanuel Macron a écouté le reste de son histoire. "Quand je suis sorti de dessous les autres, les soldats n'étaient plus là. J'ai tenté de m'enfuir par la porte juste ici, mais c'était une cour sans issue, donc je suis revenu dans la fumée, sur les autres. Et je me suis caché dans une de ces granges, a expliqué M. Hébras. J'étais seul, je me suis caché dans une étable et j'ai attendu. Et à un moment j'ai entendu parler français."

L'hommage de Macron

Le chef de l'État a également tenu un discours, s'adressant plus particulièrement aux jeunes générations. pour les appeler à "se souvenir" de la barbarie nazie et à en tirer des enseignements pour le présent. "Oradour, ce n'est pas seulement un drame de guerre. Oradour est un scandale absolu", a déclaré Emmanuel Macron, ajoutant que "ce qui se produisit ce jour-là est exactement ce que la France a toujours voulu combattre".

Et de poursuivre: "Le monde était dangereux et il l'est encore aujourd'hui. La barbarie se reforme et ne change pas" mais "la vie, à la fin, l'emporte".

 
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