Loi Travail : vers l'interdiction des manifestations ?

Loi Travail : vers l'interdiction des manifestations ?

La manifestation à Paris le 14 juin 2016 a été émaillée de violences.

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Orange avec AFP, publié le mercredi 15 juin 2016 à 19h00

- Au lendemain des violences en marge de la manifestation anti-loi Travail, le gouvernement a laissé planer la menace d'une interdiction de manifester. -

Malgré la contestation, entre 125.000 et 1,3 million de Français ayant encore battu le pavé mardi, Manuel Valls ne compte pas céder sur la loi Travail.

"Le gouvernement ne changera pas un texte qui est déjà le résultat d'un compromis avec les syndicats réformistes il y a plusieurs mois", a déclaré le Premier ministre sur France Inter ce mercredi 15 juin. "Ces manifestations ne peuvent plus durer ainsi. Et moi j'en appelle à la responsabilité d'un syndicat, la CGT, qui hier, à l'évidence, était débordé", a déploré le chef du gouvernement. La CGT a répondu à ces accusations mercredi, condamnant "sans réserve les violences commises", ainsi que "des actes aveugles" qui discréditent l'opposition au projet du gouvernement. Le syndicat a par ailleurs réaffirmé "qu'il est de la responsabilité de la puissance publique d'assurer la sécurité des biens et des personnes et le maintien de l'ordre".

Quarante-quatre personnes étaient toujours en garde à vue mercredi à Paris au lendemain de la manifestation, une nouvelle fois émaillée de violences et d'affrontements avec les forces de l'ordre. La veille, la préfecture de police avait annoncé 58 interpellations, et 29 policiers et 11 manifestants blessés. Les incidents ont été particulièrement spectaculaires dans le secteur de Port-Royal, des Invalides, mais aussi dans les XIe et XVe arrondissements, où des baies vitrées du ministère des Outre-Mer et surtout de l'hôpital pédiatrique Necker-enfants malades ont été brisées, provoquant l'émoi des l'opinion et de la classe politique. Vitrines de banques, d'opticien, de serrurier, de restaurants, supérettes, salons de coiffure ou un centre d'imagerie médicale : les casseurs s'en sont aussi pris à de nombreux commerces, parfois sous les huées d'une partie des manifestants. Dans le secteur de la place de la République, un véhicule de la RATP et deux Autolib, vides de tout occupant, ont été incendiés dans la soirée.

"LES CASSEURS VOULAIENT TUER LES POLICIERS"

Manuel Valls a fustigé des casseurs "plus nombreux que d'habitude, 700 à 800", "qui voulaient sans doute tuer" des policiers, et "une attitude ambiguë du service d'ordre de la CGT qui n'assume plus ses responsabilités". "Les casseurs non seulement s'attaquaient à des bâtiments publics, mais voulaient aussi se payer, voulaient tuer des policiers", a-t-il répété plus tard lors d'une visite à l'hôpital Necker. "Quand on balance des parpaings particulièrement lourds, c'est qu'on veut faire mal, c'est qu'on veut tuer un policier", a-t-il affirmé.


"Je demande à la CGT de ne plus organiser ce type de manifestations sur Paris et au cas par cas, car vous savez qu'on ne peut pas prononcer une interdiction générale, nous prendrons, nous, nos responsabilités", a prévenu le Premier ministre au micro de France Inter. "Nous ne tolérons aucune de ces violences perpétrées par quelques individus en dehors des manifestations, comme celles qui gratuitement endommagent des établissements de soins au service des populations", s'est défendu le syndicat la CGT dans un communiqué.

LE GOUVERNEMENT "AUX ABOIS" ?

Le chef du gouvernement n'est pas le seul à se plaindre des manifestations. Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a demandé mercredi à la CGT de faire une "pause dans les manifestations", estimant qu'elle est "instrumentalisée" par les casseurs. "Quand la CGT discute avec la préfecture de police, elle refuse les préconisations de la préfecture de police, sur le parcours, la longueur, la façon de l'organiser, etc. Je ne dis pas que la CGT est responsable de la violence, je constate qu'à chaque manifestation aujourd'hui, il y a de la violence, donc je demande à la CGT une pause, parce que ce ne sont pas les manifestations qui changeront la nature de la loi travail", a-t-il développé. Candidat à la primaire de droite, Alain Juppé s'est également prononcé mercredi pour l'interdiction "des manifestations qui constituent une menace évidente à l'ordre public".

L'interdiction des manifestations est-elle vraiment envisageable ? François Hollande a annoncé mercredi en Conseil des ministres qu'il n'y aurait plus d'autorisation de manifester si la préservation des "biens et des personnes" ne pouvait être "garantie", a rapporté le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

Une menace qui n'est pas pour plaire à la CGT. Le syndicat a estimé après les déclarations du Premier ministre que "menacer d'interdire les manifestations était le signe d'un gouvernement aux abois", en dénonçant les accusations "inacceptables" de Manuel Valls, qui a évoqué une attitude "ambiguë" du syndicat à l'égard des casseurs. L'organisation a souligné qu'il incombait "aux pouvoirs publics" dont Manuel Valls "a la première responsabilité, d'assurer la sécurité et le maintien de l'ordre", au lendemain de violences intervenues lors d'une manifestation nationale. La CGT "tient à rappeler au Premier Ministre que, comme il n'est pas de la responsabilité des supporters d'assurer la sécurité dans et autour des stades de l'euro de football, de la même façon il n'est pas de la responsabilité des manifestants d'assurer la sécurité dans et autour d'une manifestation autorisée par la préfecture de police". Elle assure avoir pris "les dispositions nécessaires afin de garantir la sécurité des participants à cette manifestation massive".

 
121 commentaires - Loi Travail : vers l'interdiction des manifestations ?
  • ....... on veut interdire les manifestations à cause des casseurs ?


    Ne serait il pas plus judicieux d’interdire aux casseurs de casser .... et donc de les en empêcher, en les attrapant et en les sanctionnant .....

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    menthe  (privé) -

    Cela est devenu impératif : mais les paroles ne suffisent pas :il faut des actes concrêts!

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    menthe  (privé) -

    C'est devenu impératif : mais les paroles ne suffisent pas , il faut des actes
    concrêts.

  • Un haut résponsable des CRS disait :nous sommes capables de cerner et isoler ces groupes de casseurs mais il faut que l'on nous en donne l'ordre. Mais le gouvernement a laissé faire sciemment en jouant sur l'impopularité pour que cesse cette contestation c'est digne de ces irresponsables que nous avons pour diriger notre pays.

  • Si on ne peut pas défendre la violence, on ne peut pas non plus défendre l'article 2 qui est une forme de violence sociale.

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