Loi travail : le point sur les perturbations

Loi travail : le point sur les perturbations

Des grévistent brûlent des pneus pour bloquer l'accès à la raffinerie de Donges, le 17 mai 2016.

A lire aussi

Orange avec AFP, publié le mardi 17 mai 2016 à 08h35

Des grèves et des perturbations sont attendues cette semaine, notamment dans le secteur des transports, alors que sept syndicats appellent à la mobilisation contre la loi travail ce mardi 17 mai et jeudi 19 mai. Les routiers inaugurent le mouvement aujourd'hui avec des barrages et des blocages, en particulier de sites pétroliers.

Pour la première fois depuis le début de la contestation contre la loi El Khomri, quatre syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires) et trois organisations de la jeunesse (Unef, UNL et Fidl) appellent à deux nouvelles journées d'actions unitaires mardi et jeudi, les sixième et septième en un peu plus de deux mois.

"Quand on n'est pas entendu, il faut essayer de se faire entendre", a résumé lundi Philippe Martinez, le numéro de la CGT. Des perturbations et des grèves reconductibles dans divers secteurs, en particulier dans les transports, sont à prévoir, ainsi que de nouvelles manifestations.

- Transport routier et maritime -

Ce mardi, ce sont les routiers qui inaugurent le mouvement avec des barrages filtrants et des blocages de zones logistiques et pétrolières. Lancé par les fédérations des transports CGT et FO, le mouvement des routiers devrait principalement toucher mardi le Nord, Nantes, Marseille, Bordeaux, mais pas l'Ile-de-France, selon FO.

A Caen, un blocage filtrant de routiers était en place en début de matinée à une sortie du périphérique, laissant passer les automobiles au ralenti mais pas les poids-lourds, selon la préfecture.





Une manifestation avait lieu sur l'autoroute A11 au nord du Mans selon Bison futé, et un des deux principaux points d'entrée à Lorient était bloqué par 200 manifestants, selon les médias.



A Rennes, une opération escargot initiée par une douzaine de voitures avait lieu sur la rocade sud, en direction de l'ouest, a indiqué William Morin, de FO Transports Ille-et-Vilaine. Des barrages filtrants étaient également organisés pour bloquer les poids-lourds à Calais, Lille, Dunkerque, Avignon, Marseille, Bordeaux et Nantes Saint-Nazaire, selon le secrétaire général de FO-Transports, Patrice Clos, interrogé par l'AFP.

En Gironde, des routiers CGT et FO ont bloqué ne centrale d'achat du groupe Leclerc à Cestas et d'un dépôt de carburant d'Ambès.





La CGT prévoit par ailleurs de bloquer les ports du Havre et de Nantes-Saint-Nazaire, avec d'autres actions à Lyon, Metz, au Mans ou encore à La Rochelle, selon Jérôme Vérité, le numéro un de la fédération. La raffinerie de Donges est également bloquée.



Depuis 6 heures, environ 3.000 personnes, selon l'intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaire et Unef, paralysent Le Havre, ainsi que les zones portuaire et industrielle de la cité normande. Les manifestants ont installé une quinzaine de points de blocage, notamment au niveau de l'autoroute, du rond-point du pont de Normandie et devant le dépôt de la raffinerie Total.


Adopté sans vote en première lecture la semaine dernière après un recours à l'article 49-3 de la Constitution, le projet de loi instaure la primauté des accords d'entreprises sur les accords de branche, un casus belli pour les syndicats. Chez les routiers, on redoute aussi des baisses drastiques de salaires, le texte prévoyant qu'un accord d'entreprise puisse ramener la majoration des heures supplémentaires à 10% au lieu des 25% généralement pratiqués. Pour un chauffeur "qui fait 200 heures par mois, c'est 1.300 euros en moins sur la fiche de paie" annuelle, calcule Jérôme Vérité. "Les salariés décideront localement" des suites du mouvement, indique-t-il.

- Transports en commun -

Des grèves reconductibles ont également été annoncées à partir de mercredi à la SNCF. Le syndicat SUD-Rail a lancé un mouvement de grève reconductible dès mardi midi, et les autres syndicats mardi soir précise France Info. Mercredi, 2 TGV sur 3 circuleront, ainsi qu'un TER sur 2 et 4 Intercités sur 10.

En Ile-de-France, le trafic devrait être normal selon la RATP, malgré un préavis déposé par la CGT. Mercredi, 3 RER sur 4 (1 sur 3 pour le RER E et 6 Transiliens sur 10 circuleront.



Des perturbations dans les transports en commun à Marseille, Lyon ou Dijon sont également à prévoir.

Des perturbations sont également attendues dans les airs jeudi, jour de mobilisation des aiguilleurs du ciel et les prévisions devraient également être connues mardi, précise Le Figaro. L'appel a la grève a été lancé par l'Usac-CGT, premier syndicat de la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC), tous corps confondus.

La CGT appelle également à une grève de 24 heures reconductible dès mardi à Aéroports de paris.

- Des manifestations dans tout l'hexagone -

La grogne s'exprimera aussi dans la rue, avec des manifestations dans plusieurs villes de France. A Paris, le cortège partira à 14 heures de la place de l'Ecole militaire (7e arrondissement) en direction de la place Denfert-Rochereau (14e).

Il s'agit pour les syndicats de relancer le mouvement, moins suivi la semaine dernière, avec 55.000 manifestants recensés par les autorités, contre 390.000 (1,2 million, selon les syndicats) le 31 mars. Et de profiter de la lenteur du processus parlementaire, le projet de loi travail devant être débattu en juin au Sénat avant un nouvel aller-retour entre les deux chambres, pour une adoption définitive en juillet.

Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, qui a toujours réclamé le retrait du texte, a déclaré lundi que "si le gouvernement acceptait effectivement sur trois ou quatre points clé (...) d'ouvrir les yeux, cela arrangerait les choses", soulignant qu'il était encore possible de "modifier le texte".

Selon un sondage BVA pour Orange et I-télé publié dimanche, plus d'un Français sur deux soutient la mobilisation des syndicats contre le projet de loi travail, plus des deux tiers souhaitant que le gouvernement revienne sur le texte.

 
50 commentaires - Loi travail : le point sur les perturbations
  • La CGT devrait être satisfaite - N'a t elle pas appelé à voter HOLLANDE -

  • Non mais c'est quoi cette pagaille ?
    Ce ne sont plus des manifestations contre une loi désormais, mais une réunion de bandes d'anarchistes et de casseurs qui veulent tout mettre à feu et à sang. Eh bien s'ils aiment tant que ça la bagarre, qu'on leur en donne, avec des militaires et de légionnaires ils seraient vite calmés.
    Quelle image de la France ! Lamentable !
    Il n'y a plus d'autorité dans ce pays ! Que fait ce gouvernement de laxistes ?
    Ils attendent la révolution complète.

  • déclaration aux médias du président "" tout va bien ,tout va mieux""donc ces manifs sont pour le soutenir

  • J'habite en milieu rural,si on a le malheur de brûler quelques ordures,les gendarmes arrivent dans la demie heure pour verbaliser,car c'est interdit,là on brule des pneux,non seulement c'est toxique,et dangereux pour les habitations,en plus cela degrade la route,tout ça sans impunité.Va comprendre charles.

  • La CGT n'a jamais brillé par ses capacités de négociation, étant toujours contre tout, sans jamais proposer de réelles pistes d'évolution face à un problème quelconque. Le syndicalisme français pâtit beaucoup de ce comportement plutôt borné de cette organisation syndicale. Jeter un oeil outre-rhin ne serait peut-être une si mauvaise idée. Néanmoins, il est aussi possible, voire probable, que le comportement des Cégétistes soit dicté par une ou plusieurs organisations politiques françaises ???

  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]