Loi travail : le point sur les blocages

Loi travail : le point sur les blocages

Des opposants à la loi travail font face aux forces de l'ordre, le 25 mai 2016 à Douchy-Les-Mines (Nord).

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Orange avec AFP, publié le jeudi 26 mai 2016 à 14h07

Blocages en cascade, pénurie de carburants, perturbations sur les routes, les ports et les centrales nucléaires : la contestation intersyndicale (CGT-FO-Solidaires-FSU-Unef-Fidl-UNL) au projet de loi travail a pris jeudi une nouvelle ampleur et créé des dissonances majeures au sein du gouvernement, à la recherche d'une sortie de crise. Voici le point des mobilisations de ce jeudi 26 mai.

La mobilisation contre la loi Travail entamée il y a deux mois et demi est montée d'un cran depuis le week-end dernier avec l'entrée en lice des salariés des sites pétroliers et des difficultés grandissantes d'approvisionnement en carburant.

A un peu plus de deux semaines de l'Euro de foot et pour éviter la paralysie du pays, le gouvernement cherche une issue face à la combativité de la CGT et de son secrétaire général Philippe Martinez. "Le but, c'est surtout un blocage économique car c'est l'économie qui commande ce dumping social", a expliqué à l'AFP Pascal Busson, secrétaire général CGT Airbus Nantes.

Si les salariés du nucléaire ont rejoint le mouvement jeudi avec une grève votée dans les 19 centrales de France, l'approvisionnement électrique n'était pour l'heure pas compromis, selon RTE, gestionnaire du réseau national à haute tension. Peu de perturbations à la SNCF également, où les grévistes souhaitent surtout peser dans les négociations sociales du rail, et aucune dans les aéroports parisiens, les compagnies ayant anticipé les conséquences de la grève, notamment, des aiguilleurs du ciel en annulant 15% des vols à Orly. En revanche, aucun quotidien national, à l'exception de L'Humanité, n'était en kiosque jeudi. Des responsables de ces journaux ont vivement critiqué la CGT du Livre pour avoir empêché la parution de leurs titres après leur refus de publier une tribune de Philippe Martinez, une exigence "scandaleuse".

LA SITUATION PARTICULIÈREMENT TENDUE DANS L'OUEST

À Nantes, au moins 1.300 personnes ont défilé malgré une interdiction préfectorale, derrière une banderole "Loi travail, 49.3, état d'urgence. Rage, blocage". Les salariés qui bloquaient depuis 04h du matin la zone aéroportuaire de Nantes ont levé les barrages à 16h avant une reprise vendredi à 04h, d'après la CGT. Le syndicat promet également le blocage des bennes à ordures.



À Donges, la raffinerie Total est "à l'arrêt complet". Le dépôt pétrolier SFDM (groupe Bolloré) situé à proximité, continuait à être bloqué pour la 10e journée consécutive par ses salariés.


À Saint-Nazaire, où entre 2.500 et 4.500 personnes ont été recensées, des manifestants ont investi un centre commercial, contraint de fermer ses grilles avec des clients à l'intérieur. À Rennes, 3.500 à 8.000 personnes ont défilé, notamment des jeunes derrière une banderole : "Faute de fioul, fous ta cagoule". Alors que peu de bus ont pu circuler en ville toute la journée, le trafic était revenu à la normale en fin de journée après le déblocage du dépôt de bus du Star.


À Caen, près de 300 personnes ont participé à une "manifestation sauvage", après celle officielle ayant rassemblé entre 2.000 et 7.000 personnes. Les forces de l'ordre ont chargé, utilisé des gaz lacrymogènes et procédé à trois arrestations. Des dockers de la Brittany Ferries barraient toujours l'accès des camions aux bateaux à Ouistreham, port de l'agglomération caennaise. La grève des dockers devrait se prolonger vendredi 27, à partir de 6h30 et jusqu'à 23h30.


À Cherbourg, l'usine de sous-marins nucléaires du groupe DCNS a été totalement bloquée pendant plusieurs heures, une première d'après France Bleu Cotentin. L'accès était de nouveau possible en début d'après-midi.


Près du Havre, les ponts de Normandie et de Tancarville ont été bloqués pendant plusieurs heures. La préfecture de Seine-Maritime a recensé 3.300 manifestants à Rouen et 7.400 au Havre (30.000 selon les organisateurs).

NORD

En plus des barrages filtrants devant les centrales de Gravelines (levés dans la matinée) et de Nogent-sur-Seine, entre 500 et 700 personnes ont manifesté à Valenciennes, selon la préfecture et les syndicats, et 300 à 600 à Calais. Tôt ce matin, des barrages ont été érigés notamment sur l'A25 près de Lille, entraînant des embouteillages importants.


SUD-OUEST

À La Rochelle, en marge d'une manifestation, le siège de la fédération PS pour la Charente-Maritime a été "muré". "Aux chiottes Valls et ton 49-3, Fin à la dictature du capital", était-il écrit à la peinture sur les parpaings.

À Toulouse, des barrages filtrants ont entraîné d'importants ralentissements toute la matinée sur le périphérique. L'aéroport recensait 19 vols annulés et un retard moyen d'une heure. Devant la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne), un barrage filtrant a été installé. À Narbonne, une manifestation a réuni entre 500 et 700 personnes.

AUVERGNE-RHONE-ALPES

Dans la Drôme, trois barrages filtrants ont perturbé l'accès à la centrale du Tricastin, où la production était ralentie. À Grenoble, des manifestants réunis par l'appel "on bloque tout" ont paralysé des points d'entrée de la ville. Les transports en commun étaient très perturbés.

SUD-EST

Le sud du pays n'était pas en reste : à l'est de Nîmes, les poids lourds ont été bloqués à l'entrée d'une zone industrielle, provoquant des bouchons sur plusieurs kilomètres. Par ailleurs, la CGT a déversé du fumier devant le siège de la Fédération PS du Gard selon France Bleu Gard Lozère.


À Vitrolles, un automobiliste a forcé un barrage de la CGT, faisant un blessé grave selon la police. La victime a été prise en charge par les pompiers, son pronostic vital n'est pas engagé. En Corse, les deux principaux dépôts pétroliers ont été bloqués selon la CGT, une première depuis le début du mouvement.

 
36 commentaires - Loi travail : le point sur les blocages
  • Un pauvre homme excédé par les brimades exercées par les barrages, la privation de carburant, a craqué. Certes, il n'en avait pas le droit et sera certainement inquiété.
    Mais j'estime que personne n'a le droit d'entraver la libre circulation des personnes ou des biens comme le fait la CGT, dont les méthodes sont complètement antidémocratiques!
    La France est le pays des libertés, et je ne comprends pas qu'une minorité puisse impunément bloquer tout un pays. Vivement une réforme totale de tout le système syndicaliste.

  • comment peut on tolérer de tels actes d'une minorité ....des rètrogades , ignares qui dans la plupart des cas ne savent pas ce qu'est le travail, qui sont protégés par des lois absurdes et qui nuisent à l'entreprise et au développement de la france.
    mettez les en prison ...d'autres y sont allés pour bien moins...

    ohhh je n'ai jamais aimé la CGt mais là, je crois que vous êtes insultant envers des gens qui travaillent très dur et s'ils n'étaient pas ignares comme vous le dites, ils seraient à votre plaçe ! or des gens comme eux, il en faut, alors respectez leur droit de liberté d'expression. Vous avez dû voter pour l'incompétent Hollande............. Il est sensé être le plus intelligent, alors qu'il retire cette foutue loi et qu'il soit plus diplomate avec le monde du travail, le vrai, car lui il n'a jamais travaillé ni dirigé une entreprise !
    d'où la faillite de la France actuellement..............

  • C'est étonnant JL Mélenchon est "muet" depuis plusieurs jours ?? M. Le Pen également ?
    et nos Ecologistes trouvent normal que des centaines de pneus partent en fumée, ils n'occasionnent pas de pollution ??

    la CGT n'est pas particulièrement écologiste!

    Mélenchon aurait rivé son clou à Cosse dans des paroles et des actes, quant à Philippot il parle assez, mais ce n'est pas à eux de faire le travail du président et PM actuels !!! plus de 60% des Français approuvent la CGt actuellement. On ne fait pas d'omelette sans oeufs !!! fallait pas voter pour Hollande.............

  • Ce qui m'a le plus choqué dans cette journée, et c'est une honte sans nom pour la CGT, c'est la menace et l'entrave à la liberté de la presse. On ne voit ce comportement que dans les dictatures. La CGT, comme n'importe quel autre organisme, n'a a s'immiscer dans le choix des articles et encore moins à s'y opposer.

    Vous avez remarqué que l'on en parle nulle part, cela voudrait-il dire que les médias touché pourtant dans ce qu'ils ont de plus cher ont la pétoche ???

  • Vite, un référendum "pour ou contre le cgtexit", vite vite, vite...

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