Loi travail : des incidents à Paris, Rennes et Nantes en marge des manifestations

Loi travail : des incidents à Paris, Rennes et Nantes en marge des manifestations

Selon la préfecture de police, 87 personnes ont été interpellées pour port d'armes ou jet de projectiles ce mardi 17 mai à travers la France. Ici une photo prise à Paris.

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Orange avec AFP, publié le mardi 17 mai 2016 à 17h32

- Les opposants à la loi travail ne désarment pas. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, plus de 68.000 personnes ont manifesté ce mardi contre la loi El Khomri à travers la France.

La CGT en a comptabilisé plus de 220.000. A Paris, Rennes et Nantes, les défilés ont une nouvelle fois été perturbés par des affrontements entre des jeunes au visage masqué et les forces de l'ordre. Au total, 87 personnes ont été interpellées à travers la France, dont 46 maintenues en garde. Onze policiers ont été blessés. -

Des milliers de manifestants ont défilé ce mardi 17 mai à Paris et dans les grandes villes avec l'objectif de "se faire entendre encore plus fort", lors d'une sixième journée de mobilisation contre le projet de loi travail. A Paris, entre 11.000 (police) et 55.000 personnes (syndicats) ont commencé à défiler peu avant 14h30. "Retrait, retrait de cette loi du pognon, c'est la loi des patrons", crachait la sono en tête de cortège. En province, les manifestations ont rassemblé entre 3.500 et 10.000 personnes à Nantes, 6.800 à 80.000 à Marseille, 2.300 à 8.000 à Toulouse, 1.700 à 7.000 à Lyon, 1.400 à 3.000 à Montpellier ou encore 1.600 à 7.000 à Grenoble.

Les manifestants arborant, le plus souvent aux couleurs d'un des sept syndicats ayant appelé à cette sixième journée d'action (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl), ont fustigé la loi travail et le gouvernement : "Non à la casse du Code du travail, retrait du projet de loi", "49-3: Honte à toi Valls, PS de droite". "Ce que le pouvoir fait, la rue veut défaire", ont-ils également scandé. "Le mot d'ordre est plus que jamais le retrait. C'est la colonne vertébrale du texte qui est mauvaise et qui organise le dumping social", a répété le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, devant des journalistes.

Depuis le début du mouvement, il y a eu "plus d'un millier d'interpellations, 60 condamnations", et "350 policiers blessés", a rappelé François Hollande ce mardi matin sur "Europe 1". "Manifester c'est un droit, casser c'est un délit", a ajouté François Hollande. Devant les députés, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a expliqué que les forces de l'ordre avaient procédé ce matin - "en amont des manifestations" - à 47 interpellations d'individus munis d'armes par destination, d'acide, de projectiles". "Cette fermeté, c'est la politique du gouvernement", a-t-il martelé.

A MARSEILLE ET PARIS, DES SERVICES D'ORDRE TRÈS PRÉSENTS

Peu après 16h, la tête du cortège parisien, composée des leaders syndicaux, est arrivée seule place Denfert-Rochereau, le gros du cortège restant bloqué un moment 200 mètres en amont, avant de se remettre en marche dans le calme. Le cortège avait été arrêté dans les parages des boulevards Montparnasse et Raspail. Selon la préfecture de police, des projectiles avaient été lancés à proximité du métro Vavin. Les tirs de gaz ont enveloppé une partie de la manifestation d'une épaisse fumée blanche. Les CRS étaient masqués et casqués, les manifestants s'abritant de leur côté derrière des foulards, voire des masques chirurgicaux, des lunettes de piscine ou de ski, certains même coiffés de casques.


A l'arrivée à Denfert-Rochereau, des gaz lacrymogènes ont été tirés tandis que des jeunes au visage masqué criaient "tout le monde déteste la police", ont constaté des journalistes de l'AFP, faisant état également de jets de pavés. Selon la préfecture de police, 12 personnes ont été interpellées, 9 pour jets de projectiles, 3 pour pour port d'armes. La manifestation parisienne avait été entourée de mesures de sécurité : outre la forte présence des forces de sécurité, de nombreux membres des services d'ordre des syndicats entouraient la manifestation. Avant le départ, les rues aux alentours de l'École militaire avaient été bouclées. A l'approche de Denfert, les CRS étaient pareillement positionnés à toutes les intersections.



A Marseille, où huit personnes ont été interpellées selon la préfecture de police, le service de sécurité avait été musclé pour "montrer au public et aux pouvoirs publics qu'on fait tout pour éviter les débordements", a expliqué un membre du service d'ordre (SO) syndical phocéen. Le SO de la CGT, attaqué par des manifestants le 12 mai, était aussi très visible à Paris où des jeunes criaient encore "SO collabos". Fait inhabituel, certains des membres des services d'ordre s'étaient équipés de matraques ou de bâtons. "A Lyon, cinq policiers ont été blessés, dont un sérieusement", a ajouté le porte-parole du ministère, Pierre-Henry Brandet.

A RENNES, DES MANIFESTANTS BLOQUÉS AVANT D'ACCÉDER A LA ROCADE

Entre 1.100 et 2.000 manifestants ont défilé ce mardi matin à Rennes sans encombre derrière la banderole intersyndicale : "Contre les politiques d'austérité. Pour un véritable progrès social (emplois, salaires, protection sociale, retraite)". Au point de dispersion, vers 13h30, plusieurs centaines de jeunes, mais aussi des représentants de SUD, Solidaires ou du NPA, ont quitté le cortège, tandis que les syndicats appelaient à rejoindre des barrages filtrants mis en place en début de matinée sur la rocade par les syndicats du transport routier.

Au terme d'un jeu du chat et de la souris de près d'une heure avec les forces de l'ordre, quelque 450 manifestants sont arrivés en début d'après-midi aux abords de la rocade, près du grand centre commercial Alma, dans le sud de la ville. Ils scandaient: "État d'urgence, état policier, on ne nous empêchera pas de rejoindre les routiers". Le centre commercial a fermé ses portes, tandis que les forces de l'ordre repoussaient les manifestants hors du parking. L'un d'entre eux avait été blessé à la tête et évacué par les pompiers, selon une manifestante. Les manifestants ont ensuite essayé d'accéder à la rocade par le parc de Bréquigny, situé à proximité de la quatre-voies. Plusieurs tirs de gaz lacrymogènes ont eu lieu pour les en dissuader, puis le parc a été évacué dans le calme.

A NANTES, DES JOURNALISTES VISÉS PAR LES MANIFESTANTS

Des incidents entre manifestants et forces de l'ordre ont éclaté mardi à la mi-journée à Nantes. Des opposants à la loi travail ont commencé à lancer divers projectiles, dont des bouteilles en verre, sur la façade de la préfecture de Loire-Atlantique et en direction des forces de l'ordre présentes dans le jardin, qui ont répliqué en arrosant abondamment avec des lances à eau. La manifestation syndicale, qui s'est achevée vers 12h30, a rassemblé 3.500 personnes selon la police et entre 8.500 et 10.000 selon l'intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU et Unef). A l'appel de l'intersyndicale et de la coordination lycéenne.

La tête du cortège a ensuite été prise par plusieurs centaines de jeunes défilant derrière une banderole proclamant "Résistances". "On n'est pas violents, on est en colère. Jeunes, précaires et révolutionnaires", ont-ils notamment scandé, ainsi que "Nous ce qu'on veut, c'est niquer l'État, le 49-3, on n'en veut pas". Peu après 12h30 de nouveaux incidents se sont produits près du château des Ducs de Bretagne, avec échange de projectiles et grenades lacrymogènes entre manifestants et forces de l'ordre. Un peu plus à l'ouest, peu après, des manifestants, qui venaient de faire main basse sur une poubelle remplie de verre, ont jeté de nombreuses bouteilles sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué en faisant usage de grenades lacrymogènes. La Fnac, installée dans l'ancienne bourse, a aussi été visée par des projectiles.

Alors qu'ils couvraient la manifestation, un groupe de sept à huit photographes et journalistes vidéo a été victime de jets de bouteille. Bien que protégé par un casque, un photographe d'Ouest-France a été légèrement blessé par une bouteille de vin qui, sans se casser, lui a violemment frappé le côté du visage. Pris en charge et mis à l'abri par ses confrères, il a pu quitter les lieux par ses propres moyens.


Puis un groupe de jeunes manifestants a mis le feu à un scooter, près des rails du tramway, tout près de la place du Bouffay, où se tiennent les Nuits debout nantaises. Quelques poubelles ont été jetées sur le feu, dégageant une épaisse fumée noire. Les forces de l'ordre ont répliqué quelques minutes plus tard, à grand renfort de lacrymogènes. En référence à l'incendie d'une voiture de luxe lors d'une précédente manifestation à Nantes, des manifestants ont tagué "Elle est où la Porsche?", ou encore "Qui sème le gaz récolte le pavé", "49-3 qui cherche trouve" ou enfin "En cendre, tout devient possible" sur différents murs de la ville. Un "PS traîtres 49-3" a également été peint sur le rideau baissé du siège du PS.

DES "INTERDICTIONS DE MANIFESTER" SUSPENDUES

Cinquante-trois personnes ont fait l'objet d'une interdiction de participer aux manifestations contre la loi travail en France, a annoncé mardi le ministre de l'Intérieur devant la commission des Lois de l'Assemblée nationale. Selon Bernard Cazeneuve, ces arrêtés sont "circonstanciés, proportionnés" et ne marquent pas "une interdiction générale et absolue de manifester". Elles permettent "de concilier le droit de manifester avec la protection des Français face au péril imminent que constitue la menace terroriste". 

Sur les 53 arrêtés préfectoraux, 41 l'ont été par le préfet de police de Paris, 8 par le préfet de Loire-Atlantique, un par le préfet d'Ille-et-Vilaine, 3 par le préfet de Haute-Garonne. Mardi, la justice administrative a suspendu neuf arrêtés sur dix émis par le préfet de police de Paris. Médiatisée, l'interdiction faite à un journaliste photographe de se rendre sur les lieux de la manifestation avait elle été levée par la préfecture de police avant l'audience. Pour Bernard Cazeneuve, "le juge administratif prend une position qui doit nous inciter à la plus grande méticulosité". "Il faudra regarder de très près quels sont les considérants du juge administratif", qui permettront de "bien mesurer ce qu'est le champ possible de l'intervention de l'État en matière de police administrative".

De plus, le ministre de l'Intérieur a déclaré que depuis le début des manifestations contre la loi travail, plus de 1.300 individus ont été interpellés pour des faits de violence, 819 d'entre eux ont été placés en garde à vue et 51 déjà condamnés par la justice.
 
41 commentaires - Loi travail : des incidents à Paris, Rennes et Nantes en marge des manifestations
  • Je regrette mais lorsque des casseurs jettent de l'acide, des cocktails Molotov où des pavés à la tête des policiers chargés de maintenir l'ordre, ces derniers sont en légitime défense et doivent se défendre avec leur arme de service !!
    Dans de nombreux Pays, il n'y a aucune tolérance de ce genre et la Police tire à vue !!!

  • A quand une réaction proportionnelle à tout ce qui se passe, inadmissible de voir des casseurs qui n'ont de cesse que de casser du flic. On peut ne pas être en phase avec des lois mais de là à tout saccager, il y a un monde. Il faut arrêter de taper sur la police qui ne fait que son travail et que dire que tout ces journalistes qui couvrent tous ces événements sans bouger le petit doigt pour essayer d'arrêter ce déferlement de violences. Il est vrai qu'il faut du scoop pour remplir les pages des canards. Bien triste ce spectacle qui laisse présager de drôles de lendemains pas bien brillants.

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    Steppenwolf  (privé) -

    De plus en plus fort.
    Sous ce gouvernement on a vu à la fois les émeutiers qui s'insurgent violemment et les policiers qui protestent, dans les rues !!! .......... pas pour les mêmes raisons - mêmes pour raisons contraires - mais ces deux extrêmes du spectre de la société française sont dans la protestation. Les faits sont là. Quelle conclusion doit on en tirer ?

  • LAMENTABLE ! Les casseurs sont des minables ,qui n'ont rien dans le cerveau Quand ont aime son pays on fait tout pour qu'il soit beau et que l'harmonie règne .
    Si vous êtes si mal en FRANCE ,partez vous défouler ailleurs ,je ne nomme pas les pays où vous pouvez assouvir votre soif de rébellion ,vousn' aimez rien ,vous ne croyez en rien ,vous ne faites rien pour que ça aille mieux ,vous détruisez ,vous cassez ,vous êtes des moins que rien .........

  • Il s'agit d'un vaste mouvement de ras-le-bol et de colère contre le régime socialo rejeté par 85% des français. Plus grand chose à voir avec la loi travail dont la majorité des manifestants et grévistes doivent ignorer le contenu.

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