Loi travail, 49-3 : la colère gronde dans les rues de France, certaines manifestations sont émaillées de violence

Loi travail, 49-3 : la colère gronde dans les rues de France, certaines manifestations sont émaillées de violence

Le cortège a été divisé en deux par les CRS pour séparer casseurs et manifestants

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Orange avec AFP, publié le jeudi 12 mai 2016 à 18h30

- Les manifestations ce jeudi 12 mai contre la loi travail et le 49-3 ont rassemblé 55.000 personnes. Certaines ont été marquées par des affrontements entre forces de l'ordre, manifestants et casseurs, dans plusieurs ville de France, notamment à Toulouse, Nantes et Paris.

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Il s'agit de la première manifestation depuis l'annonce de l'utilisation de l'article 49-3 par le gouvernement de Manuel Valls, et la cinquième journée de mobilisation nationale et unitaire en deux mois à l'appel de la CGT, FO, FSU, Solidaires, l'Unef, l'UNL et Fidl. Partout en France, des milliers de personnes ont défilé dans les rues pour manifester leur opposition à la loi travail, et à son passage en force à l'Assemblée Nationale, par le recours à l'article 49-3. Certains rassemblements ont été perturbés par des violences. Sur un total de 82 interpellations, il y en a eu 75 en province et 7 à Paris, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur.

À Paris, alors que le cortège arrivait au terme de son parcours, une poignée d'individus cagoulés a lancé des projectiles, dont des pavés, aux manifestants et aux journalistes. Les services d'ordre (SO) des syndicats ont également été pris à partie par certains manifestants aux cris de "SO salaud, le peuple aura ta peau" ou "flics, SO, même combat". Dix membres des services d'ordre de la CGT et trois de Force ouvrière ont été blessés, selon des sources syndicales. Un groupe de casseurs a par ailleurs pris à partie des militaires stationnés dans le cadre du plan Vigipirate devant le Musée de l'Ordre de la Libération. La manifestation parisienne a rassemblé 50.000 personnes, selon la CGT, 11.500 à 12.500 d'après la préfecture de police.



Vingt personnes ont été légèrement blessées, dont la moitié faisaient partie du service d'ordre de la CGT, lors de la manifestation parisienne a indiqué la préfecture de police de Paris. Parmi les autres blessés, quatre sont des manifestants, deux des militaires de l'opération Sentinelle et quatre des policiers et gendarmes.

LE RECOURS AU 49-3 CRISTALLISE LA GRONDE POPULAIRE

"Avec cette loi, on nous crache à la figure", s'indignait Nathalie, une manifestante toulousaine, se disant "un peu écoeurée" par la "façon de faire" du gouvernement. Parmi les slogans entendus à Grenoble: "49-3, on n'en veut pas, Grenoble soulève-toi."



"Le gouvernement n'arrivera pas à faire taire les jeunes", a affirmé le président de l'Unef, William Martinet, dans la manifestation parisienne, tandis que le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly a voulu se montrer "optimiste" en rappelant qu'il y a dix ans le contrat première embauche (CPE) avait été "adopté, voté, et retiré".

"Il y a besoin de passer à la vitesse supérieure", a déclaré Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, dans une interview à l'Humanité. Pour lui, "les salariés semblent décidés à s'engager dans un mouvement dur".



"Ce n'est pas parce que M. Valls utilise le 49.3 que nous allons arrêter de nous battre" a indiqué pour sa part Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière.

DES RASSEMBLEMENTS DANS TOUTE LA FRANCE

En province, il y a eu 163 rassemblements et défilés, qui ont regroupé 43.000 manifestants, et les forces de l'ordre ont procédé à 75 interpellations a indiqué Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère.

A Toulouse, 12.000 personnes selon les syndicats, 3.000 selon la préfecture manifestaient dans le centre-ville. Neuf manifestants ont été interpellés en fin de manifestation, lors d'échauffourées entre forces de l'ordre et protestataires. Dans un cortège parsemé de drapeaux syndicaux, salariés de l'aéronautique, de la fonction publique ou intermittents, étudiants et lycéens avaient défilé dans le centre-ville et fait halte devant l'Hôtel de police où ils ont réclamé et obtenu la remise en liberté de quatre manifestants interpellés la veille.

Plusieurs dégradations ont été constatées à Nantes. Au moins quatre grandes baies vitrées de la gare, visée par des tirs de pavés, ont volé en éclats, peu après que des gendarmes mobiles ont tiré des grenades lacrymogènes en direction d'un groupe de manifestants. Un tag "Valls gare à toi" a été peint sur le bâtiment SNCF. Par ailleurs, un agent de la SNCF a été blessé a annoncé la directrice régionale de la SNCF pour les Pays-de-Loire sur son compte Twitter.



Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées sur un pont enjambant les voies ferrées où plus aucun train ne circulait, dans l'après-midi. Près de la préfecture, des manifestants ont jeté des bouteilles en verre et plusieurs engins explosifs artisanaux en direction des gendarmes mobiles, qui ont répondu par des jets de grenades lacrymogènes. En début de soirée, la police faisait état, sur son compte Twitter, de 19 interpellations.

A Grenoble, un millier de personnes selon la police, 4.000 selon la CGT, ont manifesté dans la calme aux cris de "49-3 on n'en veut pas, Grenoble soulève-toi" ou "P comme pourris, S comme salauds, à bas le parti socialiste". À Rennes, selon la préfecture, la manifestation a rassemblé 1.500 personnes, dont 500 jeunes, qui se sont dispersés sans incidents majeurs. Plusieurs centaines de personnes étaient aussi rassemblées à Marseille, entre 1.000 et 1.500 à Bordeaux. Ils étaient 750 à Lyon selon la préfecture, entre 600 (police) et 1.200 (organisateurs) à Montpellier. A Caen, 25 personnes ont été placées en garde à vue. Dans la matinée, environ 1.200 manifestants avaient défilé à Pau, autant à Bayonne selon la police.

Deux autres journées de mobilisation ont été fixées aux 17 et 19 mai, à l'appel des sept syndicats, et des grèves reconductibles sont prévues dans certains secteurs, notamment chez les dockers et les marins, ou à la SNCF à l'appel de SUD-Rail et de la CGT-cheminots. "Les salariés d'Aéroports de Paris, d'Air France, mais aussi ceux de l'énergie et de la pétrochimie discutent d'une possible grève reconductible", a souligné M. Martinez.

La mobilisation la plus importante contre le projet de loi remonte au 31 mars, avec 390.000 personnes selon la police, 1,2 million selon les organisateurs dans l'ensemble du pays.
 
92 commentaires - Loi travail, 49-3 : la colère gronde dans les rues de France, certaines manifestations sont émaillées de violence
  • Amusant de constater que ceux qui sont dans la rue sont majoritairement ceux qui ont voté pour Hollande...
    Ce pauvre Hollande doit se sentir bien mal !!!

  • A qui profite le crime ?
    Qui sont ces "casseurs" ? Qui les paie pour agresser les services d'ordre des syndicats ?
    Avec 82 interpellations, on devrait pouvoir le savoir, mais...chut !
    Alors, ne sommes-nous pas en droit d'envisager toutes les possibilités ?
    Grisonne

    Beurzebda, je crois que nous nous sommes compris !
    Grisonne

    je ne pense pas que les casseurs aient besoin d'être payés . il leur suffit de savoir que leurs crimes resteront impunis , ce qui est déjà beaucoup . manoeuvre politicienne pour un écran de fumée garanti , qui a pour but de cacher le grand vide laissé par cette politique destructrice

    Mamigi, je ne sais pas si ils ont besoin d'être payés mais, dans le contexte actuel, on peut tout imaginer !C'est si facile d'accuser "l'extrême gauche" !
    Grisonne

  • quelle HONTE
    La france en état d urgence,,,, 30 casseurs investissent la gare de nantes ?........ sans aucun CRS, ni Policiers,
    Mais un djihadiste avec une bombe doit se dire que c est le moment idéal pour frapper.
    On est protégé ( le gouvernement socialo) par des nuls, des médiocres, des incompétents.
    Ils devront rendre des comptes à la france lorsqu ils seront virés.

  • trop c 'est trop quand donc les syndicats vont ils prendre toutes leurs responsabilités.Avant ,pendant,après les manifs.trop facile de s'abriter derrière le droit de manifester.Au fait les "canons" à eau n'existent pas chez nous!!Ailleurs ils sont efficaces et ont le mérite d'éviter des blessures graves...

  • Et pourquoi ces "casseurs" ne vont pas se défouler
    à l’Élysée?

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