Les victimes de l'attentat de Sarcelles en 2012 vivent encore dans "la peur"

Les victimes de l'attentat de Sarcelles en 2012 vivent encore dans

La cour d'assises spéciale avant le début du procès de la filière jihadiste de Cannes-Torcy, le 20 avril 2017 à Paris

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AFP, publié le lundi 12 juin 2017 à 20h08

"La peur" et "la perte de la légèreté": un couple de clients de l'épicerie casher de Sarcelles en 2012 a décrit lundi aux assises de Paris les quelques minutes d'effroi qui suivirent l'attentat à la grenade et des années de souffrance.

Cet attentat est le principal fait d'armes de la filière jihadiste dite de Cannes-Torcy dont vingt membres présumés sont jugés depuis le 20 avril par la cour d'assises spéciale de Paris pour répondre de ce crime, ainsi que de projets d'attaques dans le sud de la France et de départs en Syrie.

Ce 19 septembre 2012, Joëlle B. et son mari finissent leurs courses. Le mari, Joël, se souvient que c'était quelques jours avant Kippour, la principale fête juive.

Elle entre dans le magasin, lui attend devant. Arrivée à la caisse, Joëlle "entend un bruit de métal", pense que "c'est le néon qui s'est détaché" - c'est en fait la cuillère de la grenade qui vient d'être lancée.

"Puis on entend une déflagration énorme. Une épaisse fumée blanche se dégage". Elle sort rapidement du magasin, cherche son mari. Lui a vu les vitres de l'épicerie "tomber en milliers de morceaux" et "deux ombres quitter les lieux précipitamment".

"J'ai voulu les suivre, mais c'était trop tard. Quelqu'un m'a dit: +vous saignez+, j'ai réalisé que j'étais blessé, j'ai appelé la police pour dire qu'un attentat antisémite avait été commis", a expliqué Joël B. qui garde des billes d'acier dans le corps.

Miraculeusement, la grenade a roulé sous une rangée de chariots métalliques qui ont amorti le souffle et l'explosion n'a fait qu'un blessé.

- "Mélancolie" -

Mais les époux B. vivent toujours dans "la peur". Leur goût des autres et leur joie de vivre se sont mués en "morosité", "mélancolie", "irascibilité". Ils sont venus au tribunal mais témoignent derrière un écran, en visioconférence: "Je pense qu'on a affaire à des gens haineux qui ont cherché à nous tuer sans nous connaître. Je ne voulais pas avoir leur regard sur moi", a expliqué Joëlle.

Ils n'arrivent pas à tourner la page, chaque nouvel attentat les précipite dans l'angoisse. Lors de la sanglante prise d'otage au magasin Hypercasher de Paris en janvier 2015, "jusqu'au dénouement, avec mon mari, on n'a pas bu, pas mangé, pas parlé", a-t-elle relaté.

Dans le box, les accusés sont de marbre.

L'accusation a désigné le chef de la bande, Jérémie Louis-Sidney, tué lors de son interpellation, comme l'un des deux hommes présents dans l'épicerie et son second, Jérémy Bailly, comme celui qui a lancé la grenade - ce qu'il nie.

Seul Kevin Phan, 23 ans, a reconnu son implication dans cet attentat. Il a dit ses "regrets" à chacune des victimes pour avoir "conduit la voiture" où se trouvaient les deux chefs. Des excuses un peu mécaniques accueillies en silence.

Les réquisitions sont attendues en fin de semaine, avant les plaidoiries de la défense et le verdict le 21 juin.

 
3 commentaires - Les victimes de l'attentat de Sarcelles en 2012 vivent encore dans "la peur"
  • macron soutient " les siens " mais soutient-il les victimes de ces laches qu'il couvre impunément ?????

  • ce que la France du déni de l'antisémitisme islamiste appelle une "sanglante prise d'otages", c'est un massacre de gens qui faisaient leurs courses, parce qu'ils étaient juifs. Ce qu'elle appelle un acte de démence, ce sont des tortures et un assassinat d'une femme médecin à Paris en avril, par un islamiste parfaitement lucide qui avait prémédité son coup, parce qu'elle était juive. La police a laissé faire, les franchouillards s'en fichent. La prochaine étape, c'est un pogrom.

  • j'ai appelé la police pour dire qu'un attentat antisémite avait été commis

    un simple copier/coller, en dit assez long...
    Je n'aurai pas les même réaction que certaines personnes, civil ou de l'état...
    Touche à mon fils daesh ou autre, les conséquences seront conséquentes.

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