Les salariés syndiqués sont victimes de discriminations

Les salariés syndiqués sont victimes de discriminations

Des salariés de Tati devant le tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) le 9 juin 2017 (photo d'illustration).

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Orange avec AFP, publié le jeudi 13 juillet 2017 à 12h57

RAPPORT. Tentative de licenciement abusif, sanctions injustifiées, harcèlement... Les salariés syndiqués seraient la cible de discriminations, selon un document du Conseil économique, social et environnemental (Cese) publié jeudi 13 juillet. 

Le document met en lumière la forte stigmatisation de l'engagement syndical en France. Le syndicalisme serait jugé "incompatible" avec le travail en entreprise par certains employeurs, selon ce rapport, intitulé "Repérer, prévenir, lutter contre les discriminations syndicales". Certains dirigeants auraient des comportements discriminatoires vis-à-vis de leurs salariés syndiqués. Le rapport du Cese liste les discriminations dont ils font l'objet : tentative de licenciement abusif, sanctions disciplinaires injustifiées, chantage à l'emploi, harcèlement, entrave à l'exercice des mandats, humiliation, etc.

Ces actes à l'encontre des militants "ont valeur d'avertissement pour les autres salariés que l'on cherche à dissuader de s'engager syndicalement", explique le Cese. Le Conseil souligne que la discrimination syndicale "peut occasionner pour ceux et celles qui en sont victimes des préjudices considérables au plan humain et financier".

Comportements antisyndicaux

Si le dialogue social "a contribué à doter la France d'un système de droit du travail et de protection sociale parmi les plus avancés d'Europe", l'idée qu'il puisse "contribuer à la performance de long terme et à la pérennité de l'entreprise n'entraîne pas toujours une adhésion spontanée de la part des employeurs", souligne le document. "Ceci explique que certains d'entre eux ont des comportements antisyndicaux, percevant dans le fait syndical la manifestation d'une opposition irréductible aux buts économiques de l'entreprise", ajoute le rapport. 

Cette discrimination est "complexe à repérer et à appréhender", souligne le Cese, qui déplore le peu de statistiques sur le sujet. De son côté, la CGT a recensé, en 2015, 165 cas de discrimination ou à la répression syndicale (absence ou retard de déroulement de carrière, entrave à l'exercice de l'activité syndicale...).

"Il est urgent" de protéger les salariés syndiqués

Le Cese juge "urgent" "de protéger et de conforter les femmes et les hommes, employeurs ou salariés, qui s'investissent dans des tâches de représentation", et qui "participent à la performance économique, sociale et environnementale" dans les structures privées et publiques. Le Conseil propose donc plusieurs pistes : publication régulière des statistiques d'autorisation des licenciements des salariés protégés, rapport triennal gouvernemental à l'intention de l'Assemblée nationale, campagnes médiatiques gouvernementales pour valoriser la syndicalisation, ou encore la publication, par le ministère de la Justice, de données sur les contentieux en matière de discrimination syndicale.

 
376 commentaires - Les salariés syndiqués sont victimes de discriminations
  • Il y a un monde pas très joli derrière la façade des syndicats « défendeurs des travailleurs ». Déjà, ils se sont mis à dos une partie des travailleurs en se politisant, alors que ce n’était pas du le rôle qu'ils devaient avoir.
    Aujourd’hui, on parle des mauvais traitements faits à certains délégués et, si ce n’est certainement pas faux, ce n’est pas non plus ce qui ce produit le plus souvent.
    J’ai commencé comme apprenti puis ouvrier P1 chez Creusot Loire. Ensuite j’ai travaillé dans beaucoup d’entreprises, me suis mis à mon compte, ai été directeur d’usine (+50 personnes) et me suis remis à mon compte pour effectuer seul, les dernières années qui me reste à travailler.
    Le comportement des représentants syndicaux n’a pas été toujours correct en rapport au mandat pour lequel ils s’étaient fait élire. Pour exemple, il y a bien des années, j’ai vu un de ces "loulous" prendre, en délégation, sa matinée pour passer son permis bateau. Cela se passait au Journal Officiel (syndicat du livre). Il y a plein d’anecdotes de ce genre qui souvent peuvent prêter à sourire, mais en réalité, sont dramatiques pour l’image de ces organisations syndicales.
    Je ne fais le procès de personne, mais à se sentir très protégés par la loi, certains, pour ne pas dire beaucoup, ont abusé de leur position d’élu syndical, non pas en défendant constamment leurs confrères, mais en maintenant une ambiance de menaces constantes vis-à-vis des directions d’entreprises (tu ne m’embêtes pas, je te fous la paix).
    Tout n'est pas blanc, tout n'est pas noir, mais chacun doit assumer ses actions et ses prises de positions.

  • nos dirigeants sont très fort souvent ils nous appelle collaborateur ,il est bon de leur répondre que le terme employé n'est pas adapté nous n'avons pas le même salaire et que le mot collaborateur évoque des souvenirs sombre de la deuxième guerre mondiale et n'est donc pas adapté cela a pour effet de les remettre a leur places

  • pour information les syndicats ne sont pas rémunérés sue le dos des salariés et savez vous que chaque entreprise budget chaque année un PSE au cas ou sa se passe pas bien ?et les 2pour cent de la masse salariale si elle n'est pas utilisé va dans les poches de l'employeur pas celle du salarié

    Correction sur la poche: la poche de l'entreprise, pas celle de l'employeur
    Ce n'est pas du tout pareil

  • Aujourd'hui on ne respect plus rien, pas même ce que le Général De Gaulle avait souhaité mettre en place ""Des syndicats qui défendent les salariés dans les entreprises et au niveau national"" C'est la destruction de tout notre système ? !!

    christo48  (privé) -

    La référence à de Gaulle me fait parfois sursauté, il a fait une grande chose qu'il a capitalisé toute sa vie alors qu'il a fait plein d'erreurs. Il ne s'est pas rendu compte que la grandeur de la France qu'il mettait tant en avant passait par la grandeur de ses entreprises et de l'industrie qu'il n'a pas du tout développée et on lui doit quand même le tout nucléaire dont il n'avait pas envisagé qu'un jour il faudrait s'en débarrasser.

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