Les Républicains iront-ils jusqu'à exclure les Macron-compatibles ?

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 Le parti Les Républicains réunit le 11 juillet 2017 son bureau politique à Paris pour décider du sort de plusieurs de ses membres

Le parti Les Républicains réunit le 11 juillet 2017 son bureau politique à Paris pour décider du sort de plusieurs de ses membres

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© AFP, GABRIEL BOUYS
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AFP, publié le mardi 11 juillet 2017 à 11h11

Thierry Solère, Bruno Le Maire, Edouard Philippe... le sort de plusieurs figures des Républicains doit être tranché mardi par un bureau politique, qui pourrait les sanctionner voire les exclure pour leur ralliement à Emmanuel Macron ou leur proximité affichée avec la nouvelle majorité.

Le secrétaire général LR Bernard Accoyer a déclaré mardi matin "ne pas exclure l'exclusion", tout en mettant en garde contre le "piège" de "donner l'image de coupeurs de têtes".

Thierry Solère, initiateur du groupe des Constructifs LR-UDI à l'Assemblée, distinct de celui LR, a lui déjà prévenu que s'il devait être exclu, il déposerait un recours devant la commission des recours du parti.

Sonnés par leurs échecs électoraux, Les Républicains se réunissent en fin de journée dans leur QG parisien. Au menu, la mise à la porte potentielle de figures LR, le Premier ministre lui-même, trois membres du gouvernement (Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu), ainsi que deux députés "constructifs", Thierry Solère et Franck Riester.

Au total six courriers, qualifiés "de convocations d'exclusion" par M. Solère, ont été transmis aux intéressés. 

"On a dit qu'ils étaient déjà exclus, c'est faux. Nous avons ouvert une procédure qui est une procédure de sanction. (...) Après, nous allons débattre ce soir des décisions qui sont à prendre", a tenu à préciser Bernard Accoyer. 

Il a d'ailleurs laissé la porte entrouverte à un possible retour dans la famille de certains "constructifs", mais "pas pour ceux qui étaient à la manoeuvre": tous les LR "constructifs" n'ont pas reçu de convocation.

La question divise en interne. Il y a les tenants d'une exclusion: le député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, qui plaide pour "une indispensable clarification", le trésorier du parti, Daniel Fasquelle, l'ancienne ministre Nadine Morano, "LR, pas Solère", ou le député du Pas-de-Calais Pierre-Henri Dumont.

"On ne reconstruira pas si on est dans l'ambiguïté, un pied dedans, un pied dehors (...). A un moment, il y a des chemins qui diffèrent, il faut en prendre acte de manière totalement apaisée", a aussi plaidé le député de l'Yonne Guillaume Larrivé. 

- Un nouveau parti ? -

D'autres sont opposés à ce type de sanction, qualifié de "procédés staliniens" par le maire de Nice Christian Estrosi.

"J'ai dit au secrétaire général des Républicains que je m'opposerais à cette démarche d'exclusion. Sur quelle base nous la ferions ?", a déclaré le président du Sénat Gérard Larcher.

"Je pense qu'il faut simplement constater qu'ils se sont mis en dehors", a estimé pour sa part Bruno Retailleau, chef de file des sénateurs LR.

"Je ne pense pas qu'il faille exclure, je pense qu'il faut prendre acte du fait qu'ils se sont éloignés du parti", a fait écho le député de l'Oise Eric Woerth.

Vice-président LR d'Île-de-France, Geoffroy Didier estime que "l'on peut parfaitement être membre des Républicains" et "soutenir" le gouvernement s'il "va dans le bon sens".

Hors de LR, les centristes suivront de près les conclusions de ce bureau politique.

Le patron de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, membre comme MM. Solère et Riester du groupe des "constructifs" à l'Assemblée, a souhaité pouvoir "construire un nouveau parti avec toutes ces personnes venues du centre, venues de la droite progressiste".

Concernant les membres du gouvernement comme Edouard Philippe ou Gérald Darmanin, qui ne croit pas que son parti ira jusqu'à l'exclusion, se poserait la question d'un ralliement à la République en Marche. 

M. Solère, qui dénie toute légitimité à la "direction provisoire" du parti et n'assistera pas au bureau politique, envisage encore une autre "solution" : que les adhérents LR tranchent au prochain congrès "entre la ligne identitaire et la ligne constructive que nous incarnons au Parlement".

Une façon de viser Laurent Wauquiez, droitier patron de la région Auvergne-Rhône-Alpes, bien parti pour briguer la présidence de LR sans adversaire de poids pour le moment.

Deux barons considérés comme plus modérés, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, ont décliné de se présenter.

Le bureau politique sera aussi l'occasion pour les ténors LR de lancer les hostilités en s'exprimant sur la date de l'élection d'un nouveau président: les 11 et 17 décembre sont envisagés.

gd-vm/kp

 
99 commentaires - Les Républicains iront-ils jusqu'à exclure les Macron-compatibles ?
  • des traites il n'y a pas de polémique a faire ils ont quitter le navire a eux de faire leurs choix quand a moi je les exclurais

  • assainir le lr
    c'est proceder a l'exclusion de ceux qui des la primaire ont tourné la tete du coté de la marmitte, il vaut mieux etre un petrit partit avec des gens en qui ont peut avoir confiance , plutôt qu'un grand partit composé de traitre , voir ce qu'est devenu le ps, grand partit de petites fourchettes

  • et bien moi je suis pour l'éviction de tous ces mecs de droite qui ont pollué le parti socialiste depuis trente ans, élue comme député les épouses d'anciens élus PS ,on se refait une virginité comme on peut mais le système pourri que rejettent les français est toujours en place pour notre amusement

  • Et que pensent les électeurs de toutes ces personnalités dont le Premier Ministre que quelques uns qui n'ont pas pris leurs responsabilités en temps opportun (campagne présidentielle par exemple) veulent mettre à la porte d'un parti qu’ils ont fait , malgré tout et à leur niveau de militant avancer ? N'y a-t-il pas eu "faute" des dirigeants LR en laissant M Fillon poursuivre sa campagne et amener la catastrophe pour ce parti ? On ne les a pas vraiment entendus ces donneurs de leçons et de moralité politique. Même si la présomption d'innocence doit rester incontournable. C'est facile d'être juge et bourreau, et c'est comme cela qu'apparaissent les dictatures. Que MM Accoyer, Ciotti ou Mme Morano (qui depuis longtemps se discrédite) et quelques autres se replongent dans leur livre d'histoire contemporaine, vers les années 30, en Allemagne ! Ou alors, dans les années 17, du côté de la Russie Tsariste... Quand, il y a dans un parti politique qu'une ligne, c'est la voie ouverte à toutes les infamies. Qui sont-ils ces démocrates qui donnent des leçons à tout-va ? Pourquoi ce ne sont pas eux qui sont devant les instances du parti ? On comprend bien leur ressentiment, car l'électeur basique n'est pas plus sot qu'ils ne le pensent, "le pactole financier républicain" des élections est diminué d'autant de par la dissidence des "Macron-compatibles" pourtant pas si éloignés des idées développées par leur parti (LR) d'origine... Et eux, ils n'ont pas été appelés par le Président pour être membres du Gouvernement. Je pense à un certain joueur de football resté sur le banc de touche parce que Zizou ne lui a pas dit d'entrer sur le terrain et qui boude... Alors, qu'ils arrêtent et qu'enfin ils se comportent en "adultes" et non plus en politicards grincheux insatisfaits mais en élus de la Nation qui auront des comptes à rendre à la fin de leurs mandats respectifs. Parce que l'important est qu'ils assument sur le terrain de leurs circonscriptions, d'accord ou pas avec les "Macron-compatibles". Un débat républicain, c'est opposer des idées, certes mais quand sur le fond de certaines mesures, il y a consensus pourquoi ne pas abonder dans le sens de celui qui a proposé une mesure.... Que ces personnes qui donnent des leçons mettent sur la table tous leurs votes au cours de la précédente législature. On risque d'être surpris. Avant la fin de législature actuelle, LR n'existera plus. Il n'y a plus de chef charismatique (à moins qu'il ne profite du climat de la Gironde), et M Fillon a tout fait pour amener le désastre soutenu, il est vrai, par quelques uns de ces révoltés qui en ont après les constructifs ! Personnellement, j'aurais appeler le mouvement "Reconstructif" ! Un bon point à M Didier qui a cet esprit d'analyse et d'ouverture que n'ont plus les vieilles barbes de son mouvement LR qui ont trop peur de se retrouver à la rue ne sachant quoi faire de leurs dix doigts...
    PS : je connais des élus avec lesquels j'ai travaillé : PS, PCF, MoDem, LR, UDI. Certains Conseillers Départementaux, Conseillers Régionaux, ou députés, d'autres sénateurs, d'autres encore ayant été Ministre ou actuellement Ministre, et toutes et tous ayant une qualité d'écoute bien supérieure à celle de la direction nationale de LR.

  • Ces gens là devraient être exclus depuis longtemps, et les deux premiers traitres Estrosi et Bertrand aussi

    tout a fait de votre avis ,ils ont été élus sous l'étiquette LR et non REM dans la vie il savoir ou est

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