Les affaires visant Marine Le Pen de retour dans la campagne

Les affaires visant Marine Le Pen de retour dans la campagne

Marine Le Pen au Parlement européen, le 26 octobre 2016

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AFP, publié le vendredi 14 avril 2017 à 16h08

Présidentielle: la levée d'immunité parlementaire de Marine Le Pen demandée par la justice replace les affaires au coeur de la campagne

A neuf jours du premier tour de l'élection présidentielle française, la levée d'immunité parlementaire de la candidate d'extrême droite Marine Le Pen demandée par la justice au Parlement européen replace les affaires au coeur d'une campagne à l'issue très incertaine.

La chef du Front national, donnée qualifiée pour le second tour du 7 mai selon les sondages, est visée par une enquête portant sur un système d'emplois fictifs pour rémunérer certains de ses collaborateurs grâce à des fonds publics de l'Union européenne.

Mme Le Pen, 48 ans, avait refusé le 10 mars de se rendre à une convocation des juges en vue d'une possible inculpation dans cette affaire, invoquant justement son immunité d'eurodéputée. Cette enquête n'a jusque là pas entamé sa popularité.

Interrogée vendredi sur FranceInfo, la candidate a relativisé la demande de levée d'immunité parlementaire des juges : "c'est normal, c'est la procédure tout à fait classique, je ne suis pas étonnée", a-t-elle dit. 

Son avocat Rodolphe Bosselut s'en est en revanche "étonné" auprès de l'AFP, "puisqu'il y avait l'engagement pris par Marine Le Pen de se présenter devant les juges après les législatives (en juin), sous réserve des résultats de l'élection présidentielle".

Fait inédit en France, cette campagne présidentielle est depuis des mois marquée par les affaires qui ont relegué au second plan les débats. Le candidat conservateur de droite François Fillon a ainsi été inculpé en mars, notamment pour détournement de fonds, dans le cadre d'une enquête sur des soupçons d'emplois fictifs accordés à sa famille.

Depuis les révélations sur ces soupçons d'emplois fictifs, M. Fillon a perdu son statut de favori pour succéder à François Hollande. 

Les sondages actuels placent dans un mouchoir de poche quatre candidats: d'abord Marine Le Pen au coude à coude avec Emmanuel Macron, puis leurs deux poursuivants, François Fillon et le tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, en pleine ascension.

- Plusieurs mois de délai -

La demande de levée d'immunité de Mme Le Pen, envoyée fin mars, ne devrait pas aboutir avant plusieurs mois, en raison d'un long parcours procédural et des délais de traitement au sein du Parlement européen: en 2016, l'examen de la quinzaine de demandes du même ordre reçues avait pris entre quatre et huit mois.

Contrairement à un justiciable ordinaire, les juges d'instruction n'ont pas la possibilité de contraindre la députée européenne à se présenter devant eux. Pour toute mesure de coercition, ils doivent d'abord obtenir la levée de son immunité.

Ce statut singulier a valu à Mme Le Pen une violente attaque de l'un des onze candidats à la présidentielle. Philippe Poutou, du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), a ainsi dénoncé lors d'un débat télévisé l'hypocrisie d'une candidate se disant anti-système mais n'hésitant pas à utiliser les armes du dit système pour refuser de se soumettre à la justice.

"Quand on est convoqués par la police, nous n'avons pas d'immunité ouvrière, on y va!", avait lancé le candidat, laissant Mme Le Pen sans voix.

Les déboires judiciaires de Mme Le Pen ont cependant suscité moins d'écho que ceux de François Fillon, dont les péripéties judiciaires ont rythmé la campagne depuis fin janvier.

Dans la dernière ligne droite, à un peu plus d'une semaine du premier tour dimanche 23 avril, les candidats redoublent d'efforts pour faire la différence, d'autant que le nombre d'indécis reste très élevé - un Français sur trois environ n'a pas encore décidé pour qui voter - et que, selon une enquête Ifop, seuls 68% des inscrits se disent certains d'aller voter.

Le dernier week-end de campagne sera ainsi marqué par des rassemblements de grande ampleur destinés à marquer les esprits: Emmanuel Macron doit réunir ses soutiens dans une grande salle à Paris, tandis que Mme Le Pen tiendra un meeting dans une autre grande salle.

 
70 commentaires - Les affaires visant Marine Le Pen de retour dans la campagne
  • Je pense que la justice est trop lente , si jamais elle est élue adieu la sanction !
    Mais auparavant n'oublions jamais que les nationalismes qui ont déferlé sur l'Europe avant 1940 ont généré le nazisme, le fascisme, le franquisme et provoqué une guerre mondiale et plus de 60 millions de morts à travers l'Europe et par ricochet sur la planète entière. Il est vrai que les personnes qui ont moins de 70 ans et qui n'ont pas été à l'école, ou très peu, ignorent ce qui s'est passé en Europe et en France il y a 80 ans ! Et il y ceux qui pensent que l'histoire est une matière secondaire voire inutile. Et Marine profite de leur ignorance et de leur crédulité !! Accessoirement n'oublions pas que Marine, enfant gâtée, a viré son père de son entreprise familiale ! C'est une parricide.
    Si les idées "nazionalistes" avaient sévit à certaines époques, le roi Louis XVI n'aurait pas pu épouser Marie-Antoinette d'Autriche, Napoléon n'aurait pas pu fricoter avec Marie Walewska la polonaise, ni épouser Marie-Louise d'Autriche, nous n'aurions pas eu Marie Curie d'origine polonaise, ni André Citroën, ni Lino Ventura, ni Zidane, Nagui, Noah, Yves Montand, Jean Ferrat, Serge Reggiani, et tant d'autres parfaitement français !!
    Et si Marine l'emporte et sorte de L'Europe, et que les alsaciens et lorrains demandaient un référendum pour être rattachés à ce qui reste de l'Europe, c'est à dire l'Allemagne; et si les savoyards et les niçois redemandaient leur rattachement à l'Italie, et les basques à l'Espagne, en s'inspirant de l'Écosse ??
    Le nationalisme c'est comme dans une fratrie quand un des membres décide tout d'un coup que les autres membres de la fratrie ne doivent plus manger à la même table, que son frère ne doit plus dormir dans la même chambre, qu'ils ne veulent plus rien partager.

  • Comment disait Poutou déjà ? Ah oui, les travailleurs n'ont pas d'immunité ouvrière, quand ils sont convoqués par le juge, ils y vont.

    Mme Le pen, candidate par excellence du fameux système qu'elle dénonce, profite bien de celui-ci pour ne se soustraire aux convocations des juges.

  • Et 20% vont voter pour cela!!!

  • sansdentmaishonnete  (privé) -

    Le harcèlement moral est un délit pénal. Il est puni de 2 ans de prison et 30 000 euros d'amende (article 222-33-2 du Code pénal).
    hollande et la justice et la presse à sa botte le savent-ils ?

  • Mains propres tête haute": quelle rigolade !!! Aussi pourrie que ceux qu'elle dénonce et se présentant comme anti-système: le Front national continue à utiliser ce terme dans une posture systématiquement victimaire, en lui associant des mots-valises comme "les mondialistes", "européistes", "ultra-libéraux", "laxistes" ou "libertaires". Et ça marche.
    Absentéisme, cumul des mandats, parachutages, violences verbales
    La dénonciation du "système" fait recette parce qu'elle cristallise tout ce que les Français détestent de la vie politique: l'absentéisme et la déconnexion du monde professionnel, le cumul des mandats, les parachutages, la violence verbale, les petites affaires en parallèle, les amitiés douteuses.
    L'ennui, c'est que les dirigeants les plus influents du Front national correspondent exactement à ces comportements-là. Lorsqu'on regarde de plus près leurs vies politiques, tout y est.
    Absentéisme et déconnexion. Par exemple, comment peut-on fonder son discours sur la dénonciation des "élites corrompues", quand on exerce de facto un emploi quasi-fictif?
    On peut s'étonner du nomadisme électoral de m le pen
    Que m le pen, farouchement hostile à l'Union européenne, se fasse élire au Parlement européen, c'est une chose. On peut aussi s'étonner de son nomadisme électoral: elle qui est toujours si prompte à le reprocher à d'autres a été élue en 2004 en Ile-de-France, et en 2009 dans le Nord- Est. Passe encore. Par contre, comment expliquer son absentéisme au Parlement européen, qui la classe dans les bas-fonds du classement des parlementaires français ?
    Comme son père jadis, elle ne vient quasiment jamais et, lorsqu'elle est là, elle ne brille pas par son activisme: en 52 mois de mandats, elle n'a déposé aucun amendement et n'a posé que deux questions.
    Pour environ 40 jours de présence par an, la présidente du Front national empoche une enveloppe globale d'environ 10500 euros par mois, soit 3100 euros par journée de présence. Cette enveloppe serait utilisée à hauteur de 5000 euros par mois pour rémunérer son compagnon, Louis Aliot.

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