Législatives : avec le raz-de-marée annoncé, les collaborateurs parlementaires s'apprêtent à vivre un plan social massif

Législatives : avec le raz-de-marée annoncé, les collaborateurs parlementaires s'apprêtent à vivre un plan social massif

Dès le 27 juin, date de démarrage de la nouvelle législature, des collaborateurs n'auront plus accès au Palais Bourbon.

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Orange avec AFP, publié le vendredi 16 juin 2017 à 11h23

Les trois quarts des quelque 2.000 collaborateurs parlementaires risquent de se retrouver sans emploi après le second tour.

"Ça va être une tuerie". Des centaines collaborateurs parlementaires vont se retrouver sur le carreau dimanche soir, après la défaite de leur député. Si leur précarité fait partie du jeu, nombre d'entre eux s'inquiètent de leur avenir.

Ils se sont activés cette semaine à vider leur bureau à l'Assemblée ou la permanence en circonscription, avec parfois "de la hargne", confie une collaboratrice qui ne s'attendait pas à ce que son député PS, son employeur direct, morde la poussière dès le premier tour. Etre comme le député sur un siège éjectable, "c'est la règle du jeu", tous les collaborateurs le savent et leur CDI (90% d'entre eux) est trompeur. Mais la vague en vue est inédite. 

"Ca va être une tuerie", redoute un collaborateur, des sanglots dans la voix. Les trois quarts des quelque 2.000 collaborateurs parlementaires risquent de se retrouver sans emploi, seuls un quart des députés sortants, au mieux, étant en position d'être réélus. Sans compter les collaborateurs des groupes parlementaires, qui vont disparaître ou voir leurs moyens réduits.

27 millions budgétés pour les licenciements

L'Assemblée elle-même n'avait pas prévu un renouvellement si ample, budgétant 27 millions d'euros pour prendre en charge un millier de licenciements.  

Dès le 27 juin, démarrage officiel de la nouvelle législature, les collaborateurs des sortants n'auront plus de badge pour accéder au Palais-Bourbon. "Comment faire pour y distribuer mon CV?", s'interroge une autre, neuf ans de métier, dont l'élu LR est en mauvaise posture pour le second tour. Pour trouver un autre type d'emploi, certains craignent d'être lestés de l'image ternie de leur métier actuel, après les affaires Fillon et Le Roux de possibles emplois fictifs de collaborateurs. Alors que la plupart, par "passion", n'ont pas compté leurs heures, pour 2.800 euros brut mensuels en moyenne.  

"Le plan social est énorme, et pourtant aucun politique ne s'y intéresse!", s'exclame Gonzague de Chantérac (CFTC). "Des collaborateurs depuis 20 ans s'inquiètent enfin des conditions de licenciement", grince un représentant. Une intersyndicale se mobilise depuis plusieurs mois pour que la procédure du licenciement économique soit appliquée, et non, comme il est d'usage, celle du licenciement pour motif personnel, moins protectrice (indemnisation moins longue et pas d'accompagnement).

Vers des actions aux prud'hommes

"Le droit ne permet pas le licenciement économique, le Code du travail ne reconnaît pas le député comme une entreprise", assure Marie-Françoise Clergeau (PS), première questeure, chargée de la gestion de l'Assemblée. Des actions de collaborateurs aux prud'hommes se préparent.

Alors que le "Penelopegate" durant la campagne présidentielle a mis en lumière le manque de cadrage de leur activité, ils réclament aussi un véritable "statut" et espèrent que la future loi Bayrou de moralisation ne s'arrêtera pas à l'interdiction des emplois familiaux.

Pour l'heure, l'atmosphère oscille entre incertitudes, inquiétudes... Et quelques espoirs. Certains ont pris une longueur d'avance dans leurs recherches lorsque leur député ne se représentait pas, d'autres sont pris de court. Thierry Besnier, secrétaire général du SNCP-FO, conseille "un bilan de compétences". "Nous ne sommes pas qu'une profession, nous sommes des professionnels", plaide-t-il, vantant "le travail de management, de veille, la capacité de résistance au stress".

Des débouchés réduits

Pour ces personnes de 42 ans en moyenne, issues du vivier militant ou des filières de communication politique, les débouchés traditionnels en politique, à Paris comme dans les collectivités, semblent réduits. Ils peuvent s'orienter vers les relations publiques, le lobbying, les associations... 

Il y a enfin ceux qui comptent mettre un pied dans la porte des futurs députés REM. "Je sais écrire les amendements, les discours, je connais les règles écrites et non écrites de l'Assemblée", souligne un collaborateur de droite assurant être "macron-compatible"... contrairement à son député actuel, auquel il a cependant toujours été loyal. "Suis-je grillé auprès d'En Marche?", s'interroge ce trentenaire. Et un collègue de glisser: "Il serait judicieux que les députés fassent des binômes: quelqu'un d'expérience comme nous, et un 'helper' (bénévole) d'En Marche qu'il faut bien finir par salarier". 

 
51 commentaires - Législatives : avec le raz-de-marée annoncé, les collaborateurs parlementaires s'apprêtent à vivre un plan social massif
  • ils vont enfin découvrir les joies du chômage

  • et avec ce 15% ils prévoient un 76% de majorité au parlement ! c' est beau la magie .

    Pas de magie. Simplement un résultat, tel que peut le donner le scrutin majoritaire à deux tours. Si on observe les résultats des élections législatives de 1968, 1981, 1993, on voit qu'ils se traduisent par des majorités massives (70 à 80%).La multiplicité des candidatures ajoutée à une forte abstention ne fait qu'amplifier le phénomène.

    mais sur le plan démocratique ce résultat est peu fiable et devrait rapidement déboucher sur un grave problème de représentativité !
    il est certain que les circonscriptions avec plus de 15 candidats ne font que diluer les voix dans des voies sans intérêt et fausse

  • " le raz-de-marée" ! avec 15% sur les inscrits le raz-de-marais aurait été plus judicieux .

  • sansdentmaishonnete  (privé) -

    ils vont rationner les allocations des travailleurs qui sont restés sur le carreau après la délocalisation de leurs entreprises , pour graisser la patte à tous ces budgétivores improductifs ! les chômeurs se serrent la ceintures quand ils perdent leur emploi , mais les politiques , pas question de perdre un centime sur leur train de vie de pachas !

  • "Il serait judicieux que les députés fassent des binômes: quelqu'un d'expérience comme nous, et un 'helper' (bénévole) d'En Marche qu'il faut bien finir par salarier". "
    ?..... :bénévole, ça veut dire "bien vouloir", où est l'obligation de salarier ? A ce compte-là, plus une association caritative ne trouverait de bénévoles...

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