Le ramadan, mois des records de dons aux mosquées

Le ramadan, mois des records de dons aux mosquées

La "zakat", aumône obligatoire, est le troisième pilier de l'islam, un devoir d'assistance aux plus démunis

A lire aussi

AFP, publié le samedi 03 juin 2017 à 14h47

"On leur dit: +donne au bon Dieu+"! A Pantin, près de Paris, des quêteurs tendent des sacs aux fidèles quittant la mosquée après la prière. Ici comme ailleurs, la collecte est importante durant le ramadan, et stratégique pour financer les projets de lieux de culte.

La "zakat", aumône obligatoire, est le troisième pilier de l'islam, un devoir d'assistance aux plus démunis.

Mais au-delà, la "sadaqa" (charité) comprend d'autres dons, comme ceux que les fidèles consentent aux associations gérant les 2.500 mosquées et salles de prière françaises. Un effort dont ces lieux ne peuvent se passer: c'est la communauté elle-même, estimée à quatre à cinq millions de membres en France, qui finance majoritairement les projets de construction ou d'extension, et non les fonds étrangers, minoritaires.

Le ramadan, mois de piété et de générosité qui doit s'achever autour du 25 juin cette année, est propice à ces dons. Un rapport sénatorial l'a bien pointé en 2016, citant l'exemple de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), dont "l'association cultuelle aurait récolté environ 1,3 million d'euros au cours du ramadan".

A Pantin, le président de la mosquée Islah confirme. "Des mosquées qui sont bien organisées peuvent pendant le mois de ramadan (couvrir) les loyers de l'année ou le salaire de l'imam. Et pour celles qui ont des projets de construction, ce sont de grosses levées de fonds de 100.000 à 500.000 euros pendant un mois! Du moment qu'il y a un objectif clair pour les fidèles, c'est un mois béni", explique M'hammed Henniche, également secrétaire général de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93).

Pendant son prêche dans un gymnase surchauffé, l'imam bénévole fait l'article - "On ne peut pas rester dans une cabane!" -, appelant les fidèles à contribuer à l'édification à Pantin, ville de plus de 50.000 habitants, d'un lieu "digne de cette belle religion".

"Cette dignité, l'Etat ne peut pas l'assurer, c'est aux musulmans de prendre en charge leurs problèmes", plaide-t-il devant un millier d'hommes massés en rangs serrés dans la salle quand d'autres, ainsi que des femmes, écoutent son prône à l'extérieur.

- Du 'système D' à la 'professionnalisation' -

Objectif pour la semaine: 50.000 euros pour financer 50 mètres carrés de la future "grande mosquée de Pantin", dans le cadre de l'opération "achetez 1 m2 à 1.000 euros". Le chantier, préparé par cinq communautés (maghrébine, subsaharienne, turque, comorienne, bangladeshi), devrait débuter en 2020.

Tous les moyens sont bons: les fidèles peuvent glisser pièces et billets dans des sacs, payer par chèque, accéder dans la mosquée à des terminaux de carte bancaire, cliquer sur des sites de collecte en ligne...

Ailleurs, les dons se font "souvent sans reçu", relève Didier Leschi, auteur de Misère(s) de l'islam de France (Cerf), évoquant une logique de "système D". "Les fidèles ne peuvent pas toujours défiscaliser leur don, il n'y a pas partout cette professionnalisation qui permettrait à celui qui donne d'en tirer un avantage, comme dans les autres cultes, ce qui renforce le sentiment d'inégalité ressenti par les musulmans", estime cet ancien chef du bureau central des cultes.

Et comme les lieux musulmans ne sont pas toujours organisés en associations cultuelles loi 1905 mais en loi 1901, moins contrôlées, la déclaration des dons "est laissée à l'appréciation de celui qui reçoit", le gestionnaire de mosquée. 

Mais la donne est en train de changer, assurent d'autres observateurs et responsables. Pour le blogueur Fateh Kimouche (Al Kanz), le modèle du "vieux qui fait la quête aux marchés" laisse la place à des collectes plus cadrées et efficaces. "L'argent est dans les poches des musulmans", il suffit que les nouvelles générations mettent en place "des mécanismes qui permettent le transfert de cet argent entre leurs poches et le compte des mosquées", estime-t-il. 

A Pantin, M'hammed Henniche a déjà enregistré plusieurs dizaines de prélèvements automatiques mensuels, et voit "de plus en plus de fidèles qui se rapprochent des dirigeants pour réclamer des reçus fiscaux". "Cela rentre dans les moeurs", estime-t-il.

 
44 commentaires - Le ramadan, mois des records de dons aux mosquées
  • La "zakat", aumône obligatoire, est le troisième pilier de l'islam, un devoir d'assistance aux plus démunis soit; mais sauf erreur ou ignorance de ma part, dans ma ville Il y a le secours populaire, le secours catholique mais pas de secours musulman!! Est-ce un oubli ou autre chose. J'imagine toutefois que la générosité n'est pas vaine au sein de cette religion mais pas pour tout le monde.

  • Avons nous besoin de mosquées en France. D'où vient l'argent de tous ces dons ? Nos journalistes qui sont si forts ne nous en parlent pas. Mais où est l'information. Y a t'il autant de musulmans si riches pour qu'il récolte des sommes pareils ????
    La France me semble t'il est un pays catholique et nos églises auraient besoin d'être mieux entretenues. Trouvez nous des explications s'ils vous plait (journalistes)

    Je souscris tout à fait à votre commentaire!

  • Vous pourrez tous critiquer, vilipender, émettre des de opinions négatives dans ce forum, les alertes ont été déclanchées ils y à au moins vingt ans, personne n'a bougé une oreille, et maintenant encore moins, vous ne savez que subir. Vous n'avez que ce que vous méritez.

    Je suis bien d'accord avec vous, mais nous n'avons qu'à regarder les résultats des élections aux régionales où les LR et le Ps ont fait une collusion pour faire barrage au FN, et idem pour les présidentielles! Donc les gens n'ont qu'à s'en mordre les doigts!

    Tout à fait de votre avis...

  • Tout çà pour nous envahir un peu plus.. Ce ne sont pas des dons mais une obligation..gare à celui qui ne donne pas.. C'est comme le racket des mafias.

  • Ils peuvent toujours donner, avec toutes les allocations qu'ils touchent, cela ne leur fera pas un trou dans le porte monnaie.

  • [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]