Le PS fracturé pense déjà à sa recomposition de l'après-présidentielle

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Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, porte-parole du gouvernement et proche de François Hollande, à l'Élysée, le 5 avril 2017

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© AFP, bertrand GUAY
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AFP, publié le dimanche 16 avril 2017 à 12h42

Gauche: aspiré par Macron d'un côté et tenté par le rose-rouge-vert de l'autre, le Parti socialiste pense déjà à sa recomposition

Traversé par d'importantes lignes de fractures, le Parti socialiste s'apprête à plonger dans un trou noir après l'élection présidentielle, aspiré d'un côté par la nébuleuse Emmanuel Macron, tendance sociale-libérale, et de l'autre par la tentation d'une gauche rose-rouge-vert.

Alors que la campagne présidentielle semble s'acheminer vers une probable élimination dès le premier tour du candidat socialiste Benoît Hamon, placé en cinquième position de tous les sondages à une semaine du scrutin, le PS pense déjà à l'après. 

Une projection toutefois difficile avant de connaître le nom du nouveau locataire de l'Elysée et d'évaluer les rapports de force - qui seront différents selon que le PS obtient 7% des voix, 10% ou davantage.

Mais il est d'ores et déjà acquis que l'issue de l'élection présidentielle articulera le positionnement de chacun, en répondant à plusieurs questions : "Quelle gauche veut-on construire, avec quel PS ? Passe-t-on un accord avec Macron ou se tourne-t-on vers une gauche plus radicale ? Qui gardera le parti ?", résume un membre de l'équipe de campagne de M. Hamon.

Certains élus ont déjà fait leur choix en rejoignant M. Macron à En Marche ! ou en lui apportant un soutien pour l'élection présidentielle, à l'image de l'ancien Premier ministre Manuel Valls.

D'autres se sont retrouvés dans la campagne de M. Hamon, approuvant l'accord avec Europe Ecologie - Les Verts et regrettant de ne pouvoir tendre la main à La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon ou à ses alliés communistes.

Mais un grand pan hésite, temporise ou cherche une autre voie, comme les proches de François Hollande qui disent préparer un texte réaffirmant leur identité social-démocrate, tout en se démarquant de M. Macron. 

Tâtonnement symbolique d'un parti où "chacun ne pense qu'à lui" et où l'on est "en perte de repères", que ce soit sur l'orientation idéologique ou sur les dirigeants qui pourront la défendre, selon un ministre actuel.

"La recomposition qui va s'opérer après l'élection présidentielle ouvre plein de perspectives", observe un proche de Benoît Hamon.

"L'appareil est fatigué. Les militants sont là, loyaux, mais le premier niveau d'élus est en bout de course", ajoute cette même source, acide.

En cas de victoire d'Emmanuel Macron, "la clarification sur la ligne se fera juste après la présidentielle autour de la question: qui va participer à la majorité présidentielle ou non ? Il y a un vrai risque de scission du parti là-dessus", souligne une ministre. 

- Manoeuvres de terrain -

Dans cette hypothèse, une frange de députés PS élus en juin pourrait créer un groupe indépendant mais susceptible de nouer des alliances avec En Marche !

Une autre partie rejoindrait l'"opposition de gauche", comme l'explique un soutien de Jean-Luc Mélenchon.

"Ce que va dire le PS (Hamon, ndlr) le soir du 23 avril est très important", poursuit cette même source. "Si c'est Mélenchon (qui gagne), est ce qu'ils viennent avec nous ? Si c'est Macron, est-ce qu'ils seront avec nous dans l'opposition de gauche ?"

"Pour moi, il faut un rassemblement aux législatives. Il va falloir réfléchir vite, négocier vite, être très clair", insiste ce soutien.

"L'hypothèse d'un label commun" avec La France insoumise "n'est pas à exclure", confirme en écho un très proche de M. Hamon.

"Il faudra cependant résoudre nos divergences sur la question européenne et la politique étrangère", nuance un autre proche du candidat socialiste, en affirmant que "le premier cercle électoral de Jean-Luc Mélenchon n'est pas anti-européen" et qu'une solution est donc envisageable.

Sur le terrain, les manoeuvres de rapprochement ont commencé. 

La meilleure illustration se trouve dans la 18e circonscription de Paris où la ministre du Travail Myriam El Khomri, une des figures du quinquennat finissant, a été officiellement investie par le PS pour les législatives.

Elle doit cependant affronter la féministe Caroline De Haas, soutenue par le Front de gauche et les écologistes, mais aussi par les militants proches de M. Hamon. Les tracts de campagne de Mme De Haas arborent d'ailleurs la même charte graphique que ceux de M. Hamon.

Quoi qu'il arrive, ces scenarii entérinent tous l'imminence d'un schisme au sein du parti. Sans trancher qui gardera en héritage l'appellation PS.

 
88 commentaires - Le PS fracturé pense déjà à sa recomposition de l'après-présidentielle
  • Hollande est le fossoyeur du parti socialiste. Il n' y plus de ligne fédéatrice.il restera des groupuscules face au parti de MELENCHON .
    cela vérifie le principe de l' impermanence des choses. et des idées. deux proverbes chinois:
    " on ne se baigne jamais dans la même rivière"
    ""la flamme d'une bougie n' est jamais la même"
    Rien n' est éternel , seule la mort rapproche les hommes.

  • C'était nécessaire pour la survie de ce parti. Il fallait que ses centristes (qui ne s'avouaient pas centristes...) quittent le parti. Cela sera chose faite si Macron est élu. L'aile droite du PS rejoindra En Marche et il faudra procéder à la reconstruction. Une belle aventure s'annonce déjà pour peu que ceux qui y participeront sachent tirer les leçons du passé.

  • C'est vrai qu'on pourrait replatrer tout çà... on y verrait que du feu... Gag...

  • Décidément ce quinquennat aura ressembler à la croisière du Titanic. L'orchestre aura continuer à jouer jusqu'au naufrage.

  • Quand je pense qu'il existe encore des militants et sympathisants français dits socialistes pour soutenir des vieilles baudruches incompétentes et souvent voleuses, accrochées à leurs mandats (et surtout au fric qui va avec car en général ils ne savent rien faire d'autre que de la politique politicarde en sautant pour certains de l'extrême droite à l'extrême gauche sans que cela les gène !!!! et ce depuis 1968 !!! ), j'espère bien que les Français normaux vont faire disparaître ces bons à rien qui veulent encore faire croire à l'efficacité de théories éculées vieilles de plus d'un siècle et qui ne sont plus appliquées que dans quelques rares pays dans le monde sous la tutelle de dictateurs qui se disent socialistes comme moi, je pourrais me prétendre Archevêque ............ Même Cuba, la Chine et l'URSS n'y croient plus guère!!!! Mais peut-être qu'en France, les "éléphants" socialistes rêvent d'un socialisme d'extrême droite à la française !!!!!!! Au moins cela aurait l'avantage d'être une première mondiale !!!!!

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