Le Cytotec, utilisé pour déclencher les accouchements, sera bientôt retiré du marché

Le Cytotec, utilisé pour déclencher les accouchements, sera bientôt retiré du marché

Des gélules à Nantes, le 23 mars 2017 (illustration)

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Orange avec AFP, publié le jeudi 19 octobre 2017 à 13h53

L'an prochain, le Cytotec disparaîtra des pharmacies. Ce médicament, commercialisé en France depuis 1987, avait initialement été mis sur le marché en tant que traitement contre les ulcères gastriques. Aujourd'hui, il est utilisé par les hôpitaux et cliniques pour provoquer des contractions en vue d'un accouchement, alors que cette pratique présente des risques pour la santé de la mère et de l'enfant. Face au danger potentiel, le laboratoire Pfizer a décidé de ne plus le distribuer en France.

Depuis des années, le produit est utilisé de manière inappropriée. Le  Cytotec, un médicament contre l'ulcère de l'estomac, a de longue date été détourné pour déclencher des accouchements, avec des risques pour la mère et l'enfant. À compter de mars 2018, le médicament sera retiré du marché français. Fait rare, c'est le laboratoire qui le commercialise, l'américain Pfizer, qui a pris cette décision.

Utilisé pour des avortements

"Le laboratoire Pfizer France nous a informés de sa décision de retirer du marché français son produit le Cytotec, largement utilisé en gynécologie hors AMM (hors des indications pour lesquelles il est prévu) qui sera effective le 1er mars 2018", a fait savoir l'Agence du médicament (ANSM) jeudi 19 octobre Selon l'ANSM, le Cytotec "est très peu utilisé en gastroentérologie et l'est majoritairement en gynécologie". Il sert principalement à pratiquer des IVG ou à déclencher artificiellement un accouchement à terme.

Le recours au Cytotec par voie vaginale pour déclencher l'accouchement d'un enfant viable présente de sérieux risques. Cette pratique peut entraîner des contractions trop fortes et une mauvaise oxygénation du fœtus. Une rupture utérine ou une hémorragie peuvent s'ensuivre. Un "scandale" dénoncé par l'association Timéo, qui milite pour l'interdiction de ce traitement. 

"Faiblesse" de l'État

L'agence du médicament avait déjà mis en garde en 2013 cet usage détourné du Cytotec. "Il faut modifier la loi pour pouvoir interdire des pratiques identifiées comme dangereuses", estime Alain-Michel Ceretti, fondateur de l'association de défense des patients Le Lien. "L'affaire du Cytotec révèle la faiblesse de l'autorité de l'Etat en matière de sécurité sanitaire, un problème au centre des Etats généraux" juge-t-il. 

Des enfants lourdement handicapés

"Mon fils est resté entre la vie et la mort plusieurs jours, j'ai eu l'utérus complètement déchiré, je ne pourrais plus avoir d'autre enfant", raconte Aurélie Joux, fondatrice de l'association Timéo, du prénom de son enfant "né sous Cytotec" en novembre 2010. "Ce n'est pas possible de faire vivre cela à des femmes pour des raisons budgétaires."

Elle a depuis gagné un procès fin 2016 devant le tribunal administratif de Versailles contre l'hôpital de Poissy pour le préjudice subi par son fils. Timéo est lourdement handicapé. Sham, l'assureur de l'établissement de santé, a fait appel de cette décision, précise son avocat Serge Beynet.  

Une problématique financière

"Pour faire des économies les hôpitaux préfèrent utiliser le Cytotec qui ne coûte quasiment rien. C'est juste scandaleux", s'insurge la mère de Timéo, qui, en plus des souffrances endurées, n'était pas informée des produits administrés pour déclencher son accouchement, alors que le terme était dépassé de 3 jours. 

Les médicaments à base de prostaglandines prévus pour le déclenchement artificiel d'un accouchement coûtent beaucoup plus cher que le Cytotec, qui lui ne dépasse pas les 30 centimes le comprimé. 

 
18 commentaires - Le Cytotec, utilisé pour déclencher les accouchements, sera bientôt retiré du marché
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    VOSGESPAT  (privé) -

    Pourquoi le retirer seulement en 2018,pour pouvoir liquider les stocks, le bizness avant tout????????????

  • moi quand mon petit ange etait dans mon ventre on m'a donné du cytotec pour l'expulsé car son petit coeur ne battait plus j'étais a plus de 3 mois de grossesse je me rend compte que c est pour une histoire d argent que j'ai du subir cela seule a la maison sans soutien

  • Hier, une infirmière en milieu hospitalier s'étonnait quand je lui ai indiqué n'avoir qu'une confiance très relative dans les médecins..Si elle lit cet article, peut-être comprendra-t-elle mon point de vue?

    c'est plutot du coté des labos qu'il faut regarder!

    jovet74 ce ne sont pas les labos qui administrent les médicaments aux patients.
    ici, le médicament est détourné pour un usage inapproprié et dangereux par les médecins gynécologue.

  • Oui... les labos... mais pas de délivrance de médicaments fut-il un poison sans prescription !
    Il y a le fabricant, le prescripteur, le vendeur !
    Les 2 derniers ne connaissent pas les mises en garde et plus, depuis souvent des décennies ?
    Quid de leur savoir, compétence, déontologie que l'on met en avant pour justifier les prix, l'élimination de la concurrence par d'autres intervenants, etc.

  • c'etait pour quelle population ? Européenne ou Asiatique ou Africaine ???

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