Le CHU de Besançon accusé de "fautes médicales graves"

Le CHU de Besançon accusé de "fautes médicales graves"

Un dermatologue dénonce un recours abusif aux chimiothérapies au CHU de Besançon (photo d'illustration).

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Orange avec AFP, publié le mardi 21 mars 2017 à 14h07

Se dirige-t-on vers un nouveau scandale sanitaire ? Dans une interview accordée au Parisien, le professeur en dermatologie, Philippe Humbert, dénonce les "graves dérives" dans le service de dermatologie du CHU de Besançon (Doubs) qu'il a dirigé pendant 22 ans et dans lequel il exerce toujours. Il pointe surtout des recours trop fréquents aux chimiothérapies, "plus rémunératrices que les autres traitements pour l'hôpital".

"Aujourd'hui, je demande que la vérité soit faite", affirme ce spécialiste des cancers de la peau, internationalement reconnu.

Il se définit comme un "lanceur d'alertes" : "J'ai reçu des plaintes de patients visant certains médecins et internes", explique-t-il au quotidien. "Ils y dénonçaient des maltraitances, l'absence de diagnostic, des propos abrupt du type : 'Vous avez 15% de chances de vous en sortir', loin de la médecin humaniste que je prône. Quand j'ai alerté la direction, on m'a accusé de tous les maux. Je ne pouvais continuer ainsi, d'autant que j'avais relevé des fautes médicales graves".

DES LIENS AVEC L'INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE ?

Lesquelles ? Selon lui, il y a eu, entre 2014 et 2015 en dermatologie, "au moins 20 violations" des réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP), où des médecins de spécialités différentes doivent être présents (un chirurgien, un radiothérapeute, un oncologue). "Plusieurs traitements par chimiothérapie y ont été décidés sans l'avis d'un chirurgien et/ou d'un radiothérapeute. Pire, on a inscrit 'médecins' sur des documents alors qu'il s'agissait d'internes, laissant penser que le quorum de spécialistes était atteint", assure-t-il. "On a délibérément menti aux malades".


Philippe Humbert explique que "les chimiothérapies sont plus rémunératrices que les autres traitements pour l'hôpital". "Je ne sais pas ce qui a poussé le médecin référent. J'espère qu'il ne s'agissait pas d'alimenter des liens avec l'industrie pharmaceutique", ajoute-t-il au Parisien. "Sur le site transparence.sante.gouv.fr, on remarque qu'il entretient des liens avec des labos, dont beaucoup sont spécialistes en chimiothérapie". Le professeur évoque notamment le cas d'un patient de 50 ans atteint d'un mélanome anal qui n'a pas eu l'avis d'un chirurgien lors d'une RCP. Cela l'a empêché d'avoir une poche (stomie) pour pallier ses incontinences.

La direction de l'hôpital a fait savoir qu'elle "souhaite, sans ambiguïté, rassurer les patients sur la qualité de la prise en charge par l'équipe de dermatologie". Et de préciser : "Lors de l'inspection menée il y a un an, suite aux dénonciations du professeur Humbert (en interne), il a été conclu qu'aucun patient n'avait subi de pertes de chances". Selon Le Parisien, des patients se sont également rassemblés pour agir contre le CHU. Ce mardi matin, 46 courriers auraient ainsi été adressés à la direction hospitalière. Parmi ce collectif, certains souhaiteraient porter plainte.
 
6 commentaires - Le CHU de Besançon accusé de "fautes médicales graves"
  • Bienvenu dans le meilleur des mondes !!! Celui où l'argent est roi et où ne compte que le profit !!!

  • désorganisation des services, T2A, manque de personnel.......la santé n'est plus qu'une industrie à soins qui fonctionne à la carotte.

  • L'éthique dans tous les métiers ainsi que la morale semblent perdre du terrain dans une société matérialiste qui place avant toute chose l'argent qui devient pour certains le seul but et la seule ambition ..

  • S'il est professeur et s'il dirige un service de dermatologie ,il doit donner chaque fois son aval pour les diagnostics et les traitements .
    Il était normalement. responsable de son service
    Que faisait il ? Était il débordé par des médecins qui n'en faisaient qu'à leur téte .?
    Cette plainte dans les médias ,est ce un appel au secours pour arréter des dérives qu'il ne pouvait contrôler ?

  • Après les empoisonnements de patients

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