La Baule : la plage privatisée, inquiétude des commerçants

La Baule : la plage privatisée, inquiétude des commerçants

La plage de La Baule (Loire-Atlantique), en août 2016.

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Orange avec AFP, publié le vendredi 12 mai 2017 à 14h38

VIDÉO - Depuis la fin avril, le groupe Veolia gère une partie de la plage de La Baule (Loire-Atlantique). Une première en France qui inquiète les commerçants et les clients.

Les 35 commerces (restaurants, clubs de voile,...) construits en dur sur ces 5,4 km de plage seront détruits l'an prochain et remplacés par des bâtiments démontables tous construits sur le même plan, un parallélépipède bleu.

Le contrat a été signé à la mi-décembre 2016 avec l'État qui est propriétaire du domaine maritime. Cela pour une durée de douze ans. Selon Les Échos, l'entreprise - seule candidate - a versé 150.000 euros pour obtenir cette section de la plus grande plage d'Europe. Elle devra ensuite payer 170.000 euros chaque année à l'État.

Cette privatisation est la conséquence d'un décret du ministère de l'Environnement datant de 2006. Celui-ci vise à réglementer l'accès et l'occupation commerciale des plages et permet à l'État de céder leur gestion. Le décret fixe néanmoins un certain nombre de règles : les structures commerciales doivent être démontables en fin de saison, le "libre accès à la mer" doit être préservé et 80 % de la surface totale de la plage (à mi-marée) doit être exempte d'installations.

DES LOYERS EN FORTE HAUSSE ?

La maire de La Baule a traîné des pieds avant d'appliquer le texte. Mais les tempêtes de 2014 ont fait avancer les choses et poussé la préfecture a lancé un appel d'offre. Le 1er janvier de cette année-là, des vents violents conjugués à une grande marée avaient détruit les installations balnéaires de la côte. La zone avait été déclarée en état de catastrophe naturelle. Le groupe Veolia prendra désormais en charge les travaux de rénovation, ainsi que le nettoyage de la plage et des toilettes publiques.



Cette vente soulève néanmoins des inquiétudes. Veolia va devoir augmenter les loyers pour que la gestion soit rentable. La presse locale évoque une hausse dépassant les 50%. Les nouveaux modules seront également payés par les commerçants, qui redoutent l'arrivée sur la plage de grands groupe de restauration.

"IL Y A DES GENS QUI ARRÊTERONT"

"On espère bien pouvoir être reconduits et pouvoir y arriver, mais il y a beaucoup de petits établissements pour qui cela va être compliqué", confie à France 3 Stéphane Malhaire le gérant de l'un des restaurants concernés. Selon la presse locale, l'objectif des services de l'État est de se décharger d'une lourde tâche et de s'éviter des négociations difficiles avec les gérants. "Hors de prix", s'insurge sur Europe 1 Marco Le Bihen, du club des Léopards. "Quand vous avez un investissement de 400.000, 800.000 voire 900.000 euros pour les plus gros, si en même temps on vous double le loyer, votre bateau est sous la ligne de flottaison. Il y a des gens qui arrêteront", assure-t-il.

"Ce qu'on nous demande de faire, c'est de doubler, voire tripler nos établissements", poursuit sur la radio Patrick Couder, propriétaire du Beach-bar. "Moi aujourd'hui, j'ai 350 m² et je vais me retrouver avec 1.200 m². On va pouvoir quasiment mettre des matelas jusqu'au bord de l'eau. L'intérêt d'une telle démarche, c'est d'augmenter les loyers", dénonce-t-il. "C'est une privatisation de la plage, comme sur la Côte d'Azur. Tous les frais de la plage, c'est-à-dire de l'espace public, c'est nous qui allons les supporter. C'est proprement scandaleux".

 
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