L'affaire Grégory relancée, l'énigme pas résolue

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 Le procureur général de Dijon Jean-Jacques Bosc lors d\

Le procureur général de Dijon Jean-Jacques Bosc lors d'une conférence de presse à Dijon le 16 juin 2017

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© AFP, PHILIPPE DESMAZES
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AFP, publié le samedi 17 juin 2017 à 11h12

Le mystère de l'affaire du petit Grégory sera-t-il enfin percé ? Son grand-oncle et sa grand-tante sont sous les verrous pour enlèvement suivi de mort mais la justice ne désigne pas pour autant l'assassin de l'enfant.

La semaine qui s'achève a ramené la France trois décennies en arrière avec l'annonce surprise, mercredi, de trois interpellations dans les Vosges. Et relancé ce dossier resté une énigme depuis la découverte du corps du garçon de quatre ans, pieds et poings liés, dans les eaux de la Vologne le 16 octobre 1984.

Vendredi à Dijon, Marcel et Jacqueline Jacob, 72 ans, ont été mis en examen et écroués. Placée en garde à vue également, la belle-sœur du père de Grégory, Ginette Villemin, 61 ans, avait été remise en liberté jeudi.

Les soupçons se fondent notamment sur des rapprochements graphologiques ou lexicaux - la récurrence de l'expression "le chef" pour désigner Jean-Marie Villemin - dans une affaire qui regorge de lettres anonymes. Les enquêteurs pensent avoir identifié les fameux "corbeaux" et qu'ils ont joué un rôle dans la mort de l'enfant, compte-tenu de leur degré de connaissances des faits et de l'absence d'alibis le jour du drame.

Des écrits de Jacqueline saisis chez les Jacob doivent faire l'objet d'une nouvelle comparaison d'écriture. Mais la défense des deux septuagénaires, jamais inquiétés jusqu'alors même si leurs noms figuraient dans les méandres de la procédure, demande des preuves là où elle ne voit que conjectures.

"C'est le bluff de la dernière chance", lance l'avocat de Marcel Jacob, Me Stéphane Giuranna. "Ils ont secoué une dernière fois le cocotier de la vallée de la Vologne, mais rien n'est tombé." "Ils recommencent les mêmes erreurs, c'est du grand n'importe quoi", dénonce-t-il, allusion aux nombreux rebondissements qu'a déjà connus le dossier.

- 'Clan Laroche' -

Bernard Laroche, premier suspect de l'affaire, avait été tué en 1985 alors qu'il était inculpé pour le meurtre de Grégory, par le père de l'enfant, son cousin. Le juge Lambert chargé alors de l'instruction venait d'opérer un revirement en reportant ses soupçons vers la mère, Christine Villemin, finalement innocentée en 1993 au terme d'un non-lieu retentissant.

Et depuis mercredi, c'est le "clan Laroche" qui est revenu sur le devant de la scène : Marcel Jacob et Michel Villemin, frère de Jean-Marie et défunt époux de Ginette, étaient en effet très liés à Bernard Laroche, respectivement leur neveu et cousin.

Le procureur général Jean-Jacques Bosc est affirmatif: "à l'évidence, Grégory a été enlevé du domicile de ses parents et retenu un certain temps jusqu'à sa mort" et les personnes qui ont participé à cette séquestration "sont les auteurs du crime".

Mais il admet que l'enquête n'est pas achevée: "nous ne savons pas en l'état du dossier très précisément de quelle façon est mort Grégory (...) il y a encore des zones d'ombre qu'on pourra peut-être éclaircir".

Et Me Giuranna de pointer là une "nette reculade". Rendez-vous est pris mardi matin devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel à Dijon, qui doit se prononcer sur la poursuite de la détention, pour remettre en cause les mises en examen.

- Nouvelles auditions à venir -

Reste à savoir si l'accusation en a gardé sous le coude.

Le procureur général de Dijon "n'a pas révélé, c'est évident, l'intégralité des éléments du dossier", estime l'avocat des époux Villemin, Thierry Moser, "très confiant" dans la résolution de l'affaire.

"Nous avons des éléments troublants, nombreux, précis, concordants, significatifs, à l'encontre des époux Jacob mais également à l'encontre d'autres membres de la cellule familiale que je ne citerai pas."

L'utilisation d'un logiciel d'analyse criminelle a permis de repasser au peigne fin les 12.000 pièces du dossier et de pointer des incohérences auxquelles les deux suspects ont été confrontés. Mais ils sont restés muets en niant toute implication.

D'autres peuvent-ils parler, en particulier sur les personnes ayant effectué des repérages avant le crime, un homme à moustache - comme Bernard Laroche - parfois accompagné d'une femme, ainsi que l'a rappelé le procureur général ?

En 1984, Murielle Bolle, la jeune belle-sœur de Bernard Laroche, avait affirmé qu'elle était avec lui le jour du meurtre et avoir assisté à l'enlèvement de Grégory, avant de se rétracter trois jours plus tard.

La suite de l'enquête devrait passer par de nouveaux interrogatoires. Avec les limites de l'exercice, plus de 32 ans après le drame.

 
20 commentaires - L'affaire Grégory relancée, l'énigme pas résolue
  • D'accord il faudrait trouver le (les) coupable (s).
    mais attention ne sommes nous pas bernés par un Procureur en mal de notoriété ?

  • Dans ce Pays tout le monde il est bon tout le monde est gentil. N'empêche des gens ont été assez lâches pour assassiner un enfant. Et certains voudraient que l'on tourne la page définitivement et que l'on ne parle plus de cette affaire.

    Je ne crois pas que ça soit ça...c'est juste que, quand on veut rendre juste, il faut des preuves pour désigner les coupables...pas des "moi, procureur, je pense que" ou "je suis convaincu que..."...
    "...et les personnes qui ont participé à cette séquestration "sont les auteurs du crime"....Mais qu'en sait-il, au juste?...quand au soi-disant responsables actuellement mis en examen, le fait qu'il n'y ai personne pour corroborer un alibi ne fait pas une preuve. Assez de cette justice-spectacle! Je souhaites une justice respectable, respectée, loin des parodies de théatre et des joutes verbales procureur-avocat qui ne sont là que pour défendre à tout prix leur camp, avec souvent la mauvaise foi la plus totale, au mépris du pragmatisme et de l'honnêté dont doit obligatoirement faire preuve tout homme de loi !

  • Les premières heures de l'enquête sont les plus importantes , plus le temps passe, plus les chances de découvrir la vérité s'amenuisent .Les points de presse (enquêteurs, magistrats) devraient être interdits, ils nuisent aux bons déroulement des enquêtes, ils devraient être autorisés lorsque le dossier est définitivement clos !

  • la plus grande honte dans cette affaire ce sont les coupables ( des proches jaloux à priori ) qui vivent depuis plus de trente ans comme si de rien n'était , assassiner un gamin de 4 ans quel courage !! à l époque si on les avait trouvé , ils auraient été guillotinée

  • une erreur 1 ere il faut en cas de crime interdire un temps la cremation ;;;
    petit homme paix a toi

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