Jihadisme : "Les enfants sont des bombes à retardement", explique François Molins

Jihadisme : "Les enfants sont des bombes à retardement", explique François Molins

François Molins, le 9 janvier 2017, à Paris

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Orange avec AFP, publié le mardi 24 janvier 2017 à 08h30

Il est la "voix" et le "visage" de la lutte antiterroriste en France. Ce mardi 24 janvier, le procureur de la République de Paris François Molins a évoqué la menace terroriste, "toujours aussi forte".

Nouveau facteur central : "la menace des retours", en référence aux dizaines de ressortissants français partis en zone irako-syrienne, et qui aujourd'hui reviennent dans l'Hexagone.

À ce jour, 693 Français ont été identifiés "sur zone", dans les parties de territoire contrôlées par le groupe terroriste Daesh, dont plus de 200 femmes et 20 mineurs. "C'est une menace qui va poser des problèmes spécifiques et différents", a t-il expliqué sur Europe 1. Première mesure : "judiciariser" toutes les femmes de retour en France. "Elles ont un rôle de procréation, d'éducation et de formation d'enfants", qui grandissent dans un "milieu de violence extrême", détaille François Molins. "Ces enfants constituent des bombes à retardement", ajoute t-il, rappelant que "Daesh utilise des enfants" pour commettre des attaques terroristes.

"IL FAUT LAISSER LA NAÏVETÉ DE CÔTÉ"

Quid ensuite du crédit à la parole des "revenants" qui disent avoir tourné casaque ? "Il faut laisser la naïveté de côté", rappelle le procureur de la République au sujet des jihadistes de retour en France. "On aimerait les croire", dit-il, rappelant la "gravité du contexte" qui force les services antiterroristes à la méfiance. "Il ne faut pas confondre les déçus avec les repentis", note t-il encore au sujet d'anciens "soldats de Daesh" revenus de Syrie ou d'Irak.

La "cavale" du terroriste de Berlin Anis Amri, en décembre dernier, a elle soulevé des questions en matière de surveillance des transports à travers l'Europe. "Il y a un principe de libre circulation, c'est toujours plus compliqué de trouver quelqu'un qui a 24 heures d'avance sur ses poursuivants", explique François Molins. L'auteur de la tuerie au camion sur le marché de Noël de la capitale allemande avait ensuite fui en bus vers les Pays-Bas puis la France, transitant par des gares routières. Ces sites font selon François Molins "partie des points sensibles" à surveiller.

LA FRANCE A RÉAGI SANS PERDRE SON ÂME"

Face à cette menace nouvelle, François Molins prône la coopération entre les ministères. "On n'a pas été confrontés à ces problèmes, mais ce défi, on doit le relever et on le relèvera", estime t-il, adressant un commentaire d'espoir face à la lutte contre le terrorisme jihadiste : "On n'a pas encore gagné, mais la France a réagi sans perdre son âme", estime t-il, rappelant la préservation de l'Etat de droit. "Il faut essayer de redonner une meilleure efficacité à l'ensemble de la justice", demande t-il cependant, prônant la simplification de la procédure pénale et la révision du statut du parquet.
 
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