Jacqueline Sauvage graciée : une décision unanimement saluée par la classe politique

Jacqueline Sauvage graciée : une décision unanimement saluée par la classe politique

François Hollande a décidé d'accorder une grâce totale à Jacqueline Sauvage.

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Orange avec AFP, publié le mercredi 28 décembre 2016 à 21h22

Jacqueline Sauvage est sortie de la prison de Réau (Seine-et-Marne) peu avant 18h30 ce mercredi 28 décembre. François Hollande a accordé "une remise gracieuse du reliquat de sa peine d'emprisonnement" à cette femme de 69 ans condamnée à 10 ans de prison pour le meurtre de son mari violent, tué de trois coups de fusil dans le dos en 2012.

De la droite, au centre, en passant par le Front national et le parti communiste... La classe politique a unanimement salué la décision présidentielle, cependant critiquée par les magistrats. "Le président de la République a estimé que la place de Jacqueline Sauvage n'était plus aujourd'hui en prison, mais auprès de sa famille", a précisé le communiqué présidentiel.


Le chef de l'État a accordé sa grâce "après avis du ministre de la Justice", saisi le 9 décembre après le rejet en appel de la demande de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage. Dans une lettre adressée une semaine plus tôt au président, les trois filles de Jacqueline Sauvage se disaient "désespérées" de ne pas avoir leur mère près d'elles, "inquiètes pour son état de santé" et "craignant pour sa vie". Elles disaient aussi ne "plus" savoir "comment intervenir face à toutes ces interminables procédures qui n'aboutissent pas".

Un comité de soutien présidé par la comédienne Éva Darlan avait parallèlement exhorté "solennellement" le président Hollande de la "libérer, en lui accordant la grâce totale et immédiate".

"FRANÇOIS HOLLANDE PREND ENFIN UNE DÉCISION COMPLÈTE"

"J'en pleure, c'est merveilleux (...), on y croyait sans y croire. Un merci infini au président de la République", a immédiatement réagi l'une de ses filles, Caroline Marot. L'avocate de Jacqueline Sauvage, Me Nathalie Tomasini, s'est dite "terrassée par la joie et l'émotion" après avoir "porté ce dossier à bout de bras". "Je suis tellement heureuse, c'est le résultat d'un an de travail acharné", a-t-elle ajouté, confiant qu'elle était au courant de la décision mais ne pouvait pas s'exprimer car "tenue à un devoir de réserve".

"#Jacqueline Sauvage enfin libre! Merci #françoishollande. Une grâce présidentielle à bon escient. #victime #equité", a elle tweeté la secrétaire d'État chargée de l'Aide aux victimes, Juliette Méadel. "Après la grâce présidentielle de Jacqueline Sauvage, la mobilisation contre les violences faites aux femmes doit se poursuivre. Merci @fhollande", a ajouté la ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol.

"ELLE AURAIT PU SORTIR QUELQUES JOURS PLUS TÔT POUR NOËL"

À droite, l'ancienne porte-parole de François Fillon pendant la campagne de la primaire et membre du comité de soutien de Jacqueline Sauvage, Valérie Boyer a salué le choix de François Hollande. "Je pense que la demi-mesure qui avait été prise l'année dernière n'avait permis de satisfaire ni les juges, ni l'appareil judiciaire, ni Mme Sauvage et sa famille, et qu'aujourd'hui François Hollande prend enfin une décision complète", a-t-elle déclaré sur BFMTV. Elle a ensuite nuancé ses propos en affirmant qu'elle aurait "aimé qu'elle puisse sortir quelques jours plus tôt pour Noël".

D'autres personnalités du parti Les Républicains (LR) se sont également dit satisfait de la décision de François Hollande, qui a renoncé à se représenter à la prochaine élection présidentielle.



"UNE DÉCISION HUMAINE" POUR MANUEL VALLS

Pour le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, François Hollande "a eu raison d'accorder une grâce totale à cette femme dont le martyr a été compris par tous les Français". "C'est une décision de sagesse et d'humanité prise en conscience par le président de la République", a lui déclaré le candidat d'En Marche! à la prochaine présidentielle, Emmanuel Macron.

L'ancien Premier ministre, Manuel Valls, a parlé d'"une décision humaine". Son concurrent à la primaire du PS, Arnaud Montebourg, s'est lui "réjoui" sur Twitter de cette grâce avant d'ajouter : "Combattons sans relâche les violences faites aux femmes!". Leur adversaire pour le scrutin de janvier, Benoît Hamon - qui avait rejoint le comité de soutien de Jacqueline Sauvage il y a 10 jours - avait écrit au Président pour lui demander de gracier la sexagénaire.


Jean-Luc Mélenchon avait également écrit au chef de l'État. "Je suis heureux de la grâce complète accordée à Jacqueline Sauvage. Comme d'autres, à l'appel du comité et d'Éva Darlan, j'avais réclamé que le président sorte de la demi-mesure d'une grâce 'partielle'. Il l'a fait', a déclaré à l'AFP le candidat de "la France insoumise". "C'est une décision juste, par-delà la loi écrite, par-delà le bien et le mal, en conscience". Vincent Peillon, candidat à la primaire organisée par le PS, a également salué "une très bonne nouvelle" et "une décision courageuse".

Le vice-président du Front national, Florian Philippot, y est également allé de son message sur le réseau social : "#JacquelineSauvage: enfin! Une bonne décision!". La présidente du parti, Marine Le Pen, a qualifié la décision de "sage... mais tardive".



La libération a également été saluée par des associations, comme "Osez le féminisme", et des personnalités de la société civile comme le chanteur Keen'v. "On est extrêmement heureuses que Jacqueline Sauvage soit enfin graciée. C'est le fruit de l'union de toutes les associations féministes et, plus largement, de la mobilisation massive qui a eu lieu", a déclaré à l'AFP la porte-parole de l'association, Marie Allibert.


De leur côté, "Les Effronté-e-s" sont "nombreuses aujourd'hui à pleurer de joie". "La société française doit à présent, elle aussi, faire son examen de conscience: comment les coups de cet homme ont-ils pu envoyer trois fois cette femme aux urgences, sans que personne ne s'en émeuve ? Pourquoi 85% des femmes battues jugent-elles inutile de porter plainte en France, et s'en abstiennent ? Pourquoi ne nous intéressons-nous pas assez aux symptômes de la femme battue, à ses mécanismes de défense ?"


La présidente de l'Union syndicale des magistrats (USM), majoritaire dans la profession, a cependant critiqué cette décision présidentielle : "Le président de la République ne respecte pas la justice. Il ne connaît que ce que les avocats de l'intéressée ont voulu dire". "En accordant une grâce partielle (le 31 janvier), François Hollande avait mis en avant le respect des décisions de justice et l'indépendance des magistrats. Et quelques mois plus tard, on piétine allègrement ce que l'on avait dit", a estimé Céline Parisot, secrétaire générale de l'USM.

"Ce qu'il y avait comme message dans cette grâce partielle, c'était qu'il fallait libérer Mme Sauvage. Mais la justice est indépendante et elle ne l'a pas fait, alors le président la remet dehors. C'est très hypocrite", a déploré cette dernière. Et Céline Parisot de rappeler que Jacqueline Sauvage a "été condamnée au nom du peuple et par le peuple français. Soit il y a une justice indépendante, soit on estime qu'on peut défaire les décisions de justice à son gré."

Devenue un symbole des victimes de violences conjugales, Jacqueline Sauvage avait obtenu le 31 janvier, après une forte mobilisation, une grâce partielle du président Hollande, notamment de la période de sûreté, lui permettant ainsi de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle. Cette demande avait été rejetée en première instance, puis en appel. La cour d'appel de Paris avait notamment estimé que la réflexion de Jacqueline Sauvage demeurait "pauvre et limitée puisqu'elle pein(ait) encore" à accéder à un "authentique sentiment de culpabilité".

En octobre 2014, comme en appel en décembre 2015, Jacqueline Sauvage avait été condamnée à dix ans de réclusion criminelle. Ses trois filles avaient témoigné à charge contre leur père, expliquant avoir été violées et battues, comme l'avait été leur mère. Après le rejet de sa demande de libération conditionnelle, ses avocates avaient indiqué que Jacqueline Sauvage et sa famille renonçaient à se pourvoir en cassation.

 
119 commentaires - Jacqueline Sauvage graciée : une décision unanimement saluée par la classe politique
  • François dernier reconnaît ainsi l'indépendance de la justice et lui accorde sa confiance.

  • contente pour elle mais il faut faire ça pour tout le monde, c'est la porte ouverte a toutes les femmes victime de maltraitance et d'abus sexuels Tuer vos maris vous serais graciés

  • Décidément ce sera sa marque de fabrique !.....
    Son quinquennat en fut tâché jour après jour !.....
    Et Hollande demeurera pour la postérité comme le Président de la République qui fut, hélas pour la France : LE ROI DES HYPOCRITES !.....................

  • Français vous allez connaitre votre douleur au mois de mai prochain ..retour de la droite annoncé.et avec l abbé Fillion préparez vous a pisser du vinaigre..et pour sur il nous dira c est l héritage de la gauche..et pourtant vu sur bfmtv les plus fortunés n ont jamais autant d argent qu en 2016

  • oui mais a quoi serve les décision de justice si le hollande décide de passer outre

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