ISF : Macron rattrapé par le fisc

ISF : Macron rattrapé par le fisc

Après une réévaluation du patrimoine de son couple par l'administration fiscale, Emmanuel Macron va devoir payer de façon rétroactive l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

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Orange avec AFP, publié le mardi 31 mai 2016 à 21h31

Selon "Mediapart" et "Le Canard enchaîné", Emmanuel Macron et son épouse sont rattrapés par l'administration fiscale. Le couple aurait sous-évalué la valeur de son patrimoine immobilier de 200.000 euros, ce qui leur fait franchir le seuil de l'impôt sur la fortune (ISF).

Le ministre a déposé une déclaration rectificative et dénoncé une opération de destabilisation. Le rattrapage devrait cependant rester inférieur à 10.000 euros, intérêts et pénalités compris, selon "Mediapart".

Emmanuel Macron avait, jusque-là, estimé le patrimoine de son couple sous la limite fatidique des 1,3 million d'euros d'actifs nets taxables et était donc à l'abri de l'ISF. Après "plus d'un an et demi de discussions avec le fisc", le ministre de l'Économie a "finalement admis qu'il devait payer l'ISF" et "déposé une déclaration rectificative pour les années 2013 et 2014", explique "Mediapart" ce mardi 31 mai. Une information confirmée par "Le Canard Enchaîné" dans son édition à paraître mercredi 1er juin. Contactée par l'AFP, l'administration fiscale n'a pas souhaité confirmer l'information, évoquant le "secret fiscal".

UNE MAISON AU TOUQUET SOUS-ESTIMÉE

Sollicité par le site d'information, le cabinet du ministre a précisé qu'aujourd'hui, "la situation fiscale de M. et Mme Macron est tout à fait régulière, toutes les déclarations auxquelles ils sont assujettis ont été effectuées. Ils n'ont fait l'objet d'aucune notification d'un redressement". Interrogé en marge d'une visite d'usine dans le nord, le ministre a assuré n'avoir "fait l'objet d'aucun redressement fiscal", sans démentir être désormais assujetti à l'ISF. "Je suis en règle avec l'administration fiscale et avec la Haute autorité pour la transparence de la vie publique", a assuré le ministre.

"Je suis pour la transparence dans la vie publique, je suis pour le contrôle régulier et intransigeant de tous les dirigeants publics. Mais je ne suis pas pour la société du déballage. Je ne suis dupe de rien, sachez-le!", a-t-il poursuivi, évoquant une volonté de le déstabiliser à un moment où il tente de renouveler la politique française avec son nouveau mouvement "En Marche".


En cause ? La valeur de la maison de son épouse au Touquet (Pas-de-Calais) sous-évaluée de 200.000 euros, selon l'hebdomadaire. Cette dernière a été estimée par l'administration à 1,4 million d'euros, au lieu des 1,2 million avancés par le ministre, qui a contracté un emprunt pour y réaliser des travaux. Selon "Mediapart", "le rattrapage (rétroactif) devrait toutefois rester inférieur à 10.000 euros, intérêts ou pénalités compris".

De telles vérifications font partie des règles de transparence de la vie publique instituées en France après le scandale Jérôme Cahuzac, du nom de l'ex-ministre du Budget banni de la vie politique en 2013 après avoir avoué la dissimulation d'un compte en Suisse. Selon sa déclaration de patrimoine disponible sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), le ministre a gagné près de 2,4 millions d'euros lors de son passage à la banque Rothschild, entre 2011 et mai 2012.

UN MINISTRE FAVORABLE A LA SUPPRESSION DE L'ISF

Mi-avril, l'ancien banquier d'affaires de Rothschild, entré au gouvernement en août 2014, avait irrité la gauche en pourfendant l'ISF dans la revue économique "Risques" : "Je pense que la fiscalité sur le capital actuelle n'est pas optimale (...) Si on a une préférence pour le risque face à la rente, ce qui est mon cas, il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF", a déclaré le ministre de l'Économie.

Ces propos lui ont valu un recadrage de Manuel Valls et François Hollande. "Supprimer l'impôt sur la fortune, qu'on peut toujours améliorer, rendre plus efficace d'un point de vue économique, serait une faute", avait notamment répliqué le Premier ministre.
 
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