Inondations, intempéries : où en est-on ?

Inondations, intempéries : où en est-on ?

Manuel Valls à Nemours, le 2 juin 2016.

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Orange avec AFP, publié le jeudi 02 juin 2016 à 15h00

"La situation reste tendue", a déclaré jeudi 2 juin Manuel Valls. Depuis le centre opérationnel de gestion interministériel de crise à Paris, le Premier ministre a fait part des "inquiétudes" dans '"plusieurs secteurs" sur le front des inondations, alors que l'évacuation du centre de Longjumeau, en Essonne, a commencé.

"La situation reste tendue, difficile dans plusieurs secteurs.

Je pense notamment à l'Île-de-France, et plus particulièrement aux départements de la Seine-et-Marne et de l'Essonne", avec une "situation aiguë et à venir à Longjumeau", dans ce dernier département, a déclaré le Premier ministre depuis le Centre opérationnel de gestion interministériel de crise à Paris. Il avertit que "près de deux mille personnes devraient être évacuées" à Longjumeau et, "dans une moindre mesure", à Corbeil-Essonnes. "Nous avons encore de nombreuses inquiétudes", souligne le chef du gouvernement.


Depuis Nemours (Seine-et-Marne), où il s'est rendu dans la matinée, le Premier ministre a annoncé la mise en place d'une "fonds exceptionnel de soutien" pour les collectivités territoriales touchées. "Mon message est un message de solidarité pour les habitants, pour nos compatriotes. C'est un message aussi de vigilance, dans ces moments-là, alors qu'il pleut toujours, que la crue de la Seine est loin d'être terminée", a déclaré le Premier ministre dans la commune frappée par de graves inondations. "Il faut être extrêmement prudent", a-t-il souligné, même si le Loing a amorcé une décrue. "Nous pouvons considérer que dans le Nord-Pas-de-Calais et dans l'Est de la France les choses sont totalement maîtrisées, mais dans la région Centre, et ici dans la région Île-de-France, la situation reste extrêmement tendue, difficile", a-t-il averti.

"Bien sûr toutes les procédures de catastrophe naturelle doivent être engagées pour que dès le Conseil des ministres de mercredi prochain nous puissions les mettre en oeuvre, les engager", a déclaré le Premier ministre. Il a annoncé également la mise en place d'un "fonds exceptionnel de soutien pour les collectivités territoriales, parce qu'elles vont avoir besoin d'un soutien". "L'épisode pluvieux n'est pas terminé", a mis en garde Manuel Valls. "Les prévisions de Météo France nous appellent à la vigilance, bien sûr sur le département de l'Essonne, sur les départements de la région Île-de-France, et bien sûr également sur Paris". 

PANNE D'ÉLECTRICITÉ À LONGJUMEAU
De fait, les inondations sont loin d'être terminées, et progressent même dans certaines zones. Jeudi matin, seule la Seine-et-Marne était toujours en vigilance rouge, tandis que l'Essonne a été placée en vigilance orange. Cinq autres départements sont également en vigilance orange : Loiret, Indre-et-Loire, Cher, Loir-et-Cher, Indre.

Le centre-ville de Longjumeau, commune de 22.000 habitants, est totalement inondé et "l'eau atteint par endroits plus de 1,30 m voire 1,50 m", a indiqué à l'AFP la maire Sandrine Gelot (Les Républicains - LR). "L'eau est montée très vite, elle nous a tous surpris", a-t-elle par ailleurs déclaré sur iTélé. "Aujourd'hui, il faut bien se rendre compte que c'est au moins pour 48 à 72 heures que nous allons être dans cette situation critique. La plus grosse difficulté vient en fait du problème de l'électricité. Il n'y a plus d'électricité", a-t-elle expliqué.

Plus de 2.500 foyers de cette ville ne sont pas alimentés en électricité et environ 200 personnes ont été évacuées dans la soirée de mercredi, dont une vingtaine ont dormi dans un gymnase. La mairie a été provisoirement délocalisée dans un parc de la ville situé plus en hauteur. À une vingtaine de kilomètres au sud, Corbeil-Essonnes, où la rivière Essonne se jette dans la Seine, "se prépare au choc" pour la nuit de jeudi à vendredi, car "la vague qui est en bas de l'Essonne remonte", a déclaré à l'AFP le maire Jean-Pierre Bechter (LR). Au total, depuis dimanche et le début de l'épisode pluvieux, les secours ont effectué plus de 10.000 interventions, et évacué plus de 5.000 personnes.

"Quand vous voyez des personnes âgées, des familles, des enfants qui sont évacuées par barques, tout cela c'est une déchirure", a commenté le Premier ministre, appelant à faire preuve de "solidarité". Manuel Valls s'est rendu dans la matinée à Nemours, qui s'est retrouvée coupée en deux par les eaux, l'eau dépassant même les niveaux atteints lors de la crue historique de 1910 (4,25 m). Trois mille personnes y ont été évacuées vers des centres d'hébergement. 

UNE OCTOGÉNAIRE RETROUVÉE MORTE
Mercredi soir, le corps sans vie d'une femme de 86 ans a été découvert flottant mercredi soir dans son pavillon inondé à Souppes-sur-Loing (Seine-et-Marne). La femme a été "retrouvée par les pompiers, son corps flottant dans son pavillon", a indiqué à l'AFP une source policière. "On ne sait pas de quoi elle est morte, elle était peut-être morte avant, elle n'est pas forcément morte par noyade", a précisé cette source. De son côté, la préfecture de Seine-et-Marne a indiqué qu'"après des manifestations d'inquiétude de ses proches, une octogénaire a été découverte noyée". Une enquête a été ouverte par le parquet de Fontainebleau pour déterminer les causes exactes de la mort. Plus de 500 pompiers, policiers et gendarmes étaient toujours à pied d'oeuvre jeudi pour mettre à l'abri les riverains affectés par des crues exceptionnelles. "Ça fait 60 ans que j'habite ici, je n'ai jamais vu ça", commentait, éberluée, Sylvette Gounaud, employée d'une supérette de Nemours inondée. "Plusieurs centaines de pavillons" du centre de Nemours ont été évacués mercredi après-midi sur décision de la mairie. Les cours dans les écoles, les collèges et les lycées" de 17 communes du "secteur critique du Loing", affluent de la Seine, ont été suspendus.

UNE CRAINTE D'AGGRAVATION
Et la situation ne semble pas près de s'améliorer. Météo France a averti qu'après "une journée d'accalmie relative" mercredi, de nouvelles pluies sont attendues ce jeudi, laissant craindre une aggravation des inondations. Depuis dimanche et le début de l'épisode pluvieux.

"Le Loing monte, il est très haut", a confirmé Patrick Septiers, maire du Moret-sur-Loing, dont les services préviennent les riverains pour "qu'ils enlèvent les voitures, montent leurs meubles ou les objets de valeur à l'étage". Le phénomène a atteint le niveau d'"une crue centennale", a indiqué le préfet du département de Seine-et-Marne, qui a toutefois signalé "une diminution importante des précipitations" et "une stabilisation (...) voire une décrue pour l'Ouanne".

CHAMBORD LES PIEDS DANS L'EAU
Dans le Loiret voisin, il est tombé l'équivalent d'un mois et demi de précipitations en trois jours. Chouchou des touristes, le château de Chambord avait les pieds dans l'eau ce jeudi. Les élèves des écoles, collèges et lycées du département, sont eux aussi dispensés de cours et d'activités périscolaires. "Nous travaillons d'ores et déjà à la mobilisation des dispositifs 'catastrophe naturelle'" pour permettre un "retour à la vie normale dans les meilleurs délais" et "nous sommes prêts à mobiliser des moyens financiers dans les meilleurs délais", a indiqué mercredi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

De son côté, la présidente du Conseil régional d'Île-de-France Valérie Pécresse (LR) a annoncé qu'elle proposerait la mise en place d'un fonds d'urgence d'un million d'euros pour les communes sinistrées de la région. Tout au long du cours du Loing, plusieurs communes ont été touchées, comme Montargis, la "Venise du Gâtinais", qui n'a jamais aussi bien porté son nom. Mercredi, l'accès à Orléans par voie routière comme ferroviaire était difficile. L'A10 était fermée sur de larges portions.

Pour le ministre de l'Intérieur, l'objectif est de procéder "très rapidement" au retour à la vie normale. Pour cela, Bernard Cazeneuve espère que les dossiers de catastrophe naturelle "remontent le plus rapidement possible place Beauvau pour que nous puissions au Conseil des ministres mercredi statuer sur les territoires qui bénéficieront de ces dispositifs".

À Paris, une partie des voies sur berges a été fermée. La Seine frôlait les 5 mètres jeudi à la mi-journée, remontant jusqu'aux cuisses du zouave du pont de l'Alma, célèbre statue qui sert de repère aux Parisiens. Lors de la crue historique de 1910, il avait eu de l'eau jusqu'aux épaules (8,62 m). La Seine va continuer à monter et pourrait atteindre le week-end prochain dans la capitale un pic, entre 5,10 et 5,70 mètres, une situation qui "nécessite une vigilance particulière", avertit la mairie de la capitale.

Les intempéries touchent également le nord de l'Autriche et l'Allemagne, où quatre personnes ont été retrouvées mortes mercredi.
 
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