Inondations : difficile retour à la normale

Inondations : difficile retour à la normale

Sur le RER C à Paris, une partie de la ligne intra-muros est toujours fermée à cause des inondations.

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Orange avec AFP, publié le mardi 07 juin 2016 à 12h40

- Le dernier pic de crue est attendu ce mardi dans l'Essonne, au terme d'une semaine d'inondations exceptionnelles qui ont fait quatre morts et des dégâts dont le coût d'indemnisation pourrait dépasser le milliard d'euros. Quelque 3.000 foyers étaient par ailleurs toujours privés d'électricité en Île-de-France lundi soir.

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L'alerte orange inondations a été levée ce mardi 7 juin peu après midi dans les départements de l'Indre, du Cher et du Loir-et-Cher. Seuls les départements de l'Indre-et-Loire, de l'Essonne, de l'Eure et de la Seine-Maritime sont toujours placés en alerte par Météo France. À Corbeil-Essonnes, où la rivière Essonne se jette dans la Seine, on s'était préparé au pire mais aucune évacuation n'a finalement été déclenchée au cours de la nuit. "Ouf! C'est un soulagement. Les dégâts sont moins importants que prévu par les autorités", a déclaré le maire de la ville d'environ 40.000 habitants, Jean-Pierre Bechter. Particulièrement exposée, la commune risquait de voir deux de ses quartiers complètement inondés avant que la décrue de l'Essonne ne commence, lentement, en fin de journée.

PLUS DE DÉBORDEMENTS À PARIS À PARTIR DE JEUDI

"La Seine a énormément baissé et l'Essonne s'écoule quasi normalement mais très vite, à 30 m3 par seconde, sans gros dommage pour l'instant", a expliqué le maire. "Mais il faut voir comment ça évolue dans la journée". A Paris, la Seine, elle, continue doucement mais sûrement à baisser : le niveau était à 4,72 m à 10h mardi, soit près de 1,5 m de moins que son maximum atteint dans la nuit de vendredi à samedi (6,10 m). Selon Vigicrues, plus aucun débordement ne devrait être observé à compter de jeudi.

Lundi soir, près de 3.000 foyers étaient toujours privés d'électricité en Île-de-France. "L'électricité a été rétablie pour près de 90% des clients touchés par les crues", mais la lente décrue empêche encore certains dépannages qui dépendent du retrait des eaux", a indiqué le gestionnaire du réseau français de distribution d'électricité Enedis (ex-ERDF). 900 foyers sont toujours privés d'électricité dans l'Essonne, principalement dans les communes du Val d'Yerres et du Bassin de l'Orge, 1.000 en Seine-et-Marne dans la vallée du Loing, 700 dans le Val-de-Marne et 400 dans les Yvelines, où l'île de Juziers et Mezy reste sous les eaux. Au plus fort de la crise, quelque 25.000 foyers ont été touchés en Ile-de-France et dans le Centre Val de Loire.

Manuel Valls a annoncé lundi un "fonds d'extrême urgence" doté de "plusieurs millions d'euros" pour les sinistrés sans ressource ayant tout perdu, en attendant les indemnisations des assureurs. "La solidarité s'impose", a souligné le Premier ministre. Ce fonds est destiné aux sinistrés des inondations "sans ressources ayant tout perdu", en attendant les indemnisations des assureurs, a précisé le Premier ministre à l'issue d'une réunion au ministère de l'Intérieur des membres du gouvernement concernés par les inondations. Il a également confirmé que, dès mercredi, l'état de catastrophe naturelle serait reconnu en Conseil des ministres pour une première liste de communes et de départements. Les sinistrés ont également 7 jours de plus (jusqu'au 14 juin) pour déclarer leurs impôts. La ministre de l'Environnement Ségolène Royal a appelé mardi les assureurs à indemniser au plus vite et "sans barguigner" les victimes des intempéries.


VERS UN RÉOUVERTURE DU LOUVRE ET DU QUAI D'ORSAY MERCREDI

De leur côté, les agriculteurs touchés ont demandé à l'État de déclarer l'état de calamité agricole pour bénéficier du Fonds national de gestion des risques en agriculture (FNGRA) chargé de compenser les pertes sur des cultures pour lesquelles ils ne sont souvent pas assurés. Pour les commerces de proximité, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron doit convoquer une "cellule de continuité économique" qui "va arrêter des mesures d'aide exceptionnelles" pour permettre le démarrage des activités "le plus vite possible". Dans toutes ces zones, le retour à la normale s'annonce lent et difficile.

A Paris, la crue de la Seine risque de se traduire par une perte de 10 millions d'euros rien que pour le secteur touristique fluvial, ont affirmé lundi les armateurs, demandant eux aussi une aide "exceptionnelle". Au nord d'Orléans, les derniers camions bloqués sur l'A10 ont été évacués lundi, Vinci Autoroutes jugeant toutefois prématuré d'annoncer une date pour la réouverture de ce tronçon très fréquenté. De nombreux châteaux, monuments et musées à Paris et en région ont rouvert, mais pas le musée du Louvre, dont la réouverture est "envisagée" mercredi, sauf pour les salles des arts de l'Islam au sous-sol évacué. Le musée d'Orsay sera à nouveau accessible mercredi.

Côté transports, le trafic des trains est toujours perturbé par les crues, particulièrement sur les lignes C et le sud de la ligne D du RER. Le président de la SNCF Guillaume Pepy a expliqué qu'un retour à "un trafic normal n'est pas attendu avant la deuxième partie de la semaine prochaine". "Le jour où la voie sera à sec, quand la décrue sera faite, il faudra 48h de travaux pour remettre en service normal", avait-il déclaré samedi. Interrogé sur le coût de ces intempéries, le président de la SNCF a certifié qu'il n'était à ce stade "pas encore chiffré" car "il y a la remise en état puis les travaux de remise à neuf" . Mais(ce coût, NDLR) sera "essentiellement" porté par SNCF Réseau (ex-RFF).

DAVANTAGE DE POLLUTION

Bric-à-brac flottant, fuites d'huiles usagées ou d'hydrocarbures, sédiments contaminés... Les inondations devraient aussi entraîner un peu plus de pollution, même si cette hausse reste encore à évaluer. La ministre de l'environnement Ségolène Royal a demandé un état des lieux des pollutions aux agences de l'eau. Les gros rejets de nature industrielle ont été évités car "les événements ont été bien anticipés", notamment du côté des sites Seveso, s'est lui félicité Marc Mortureux, à la tête de la Direction de la prévention des risques (DGPR) au ministère de l'Environnement. L'essentiel des fuites d'hydrocarbures est venu, par exemple à Nemours, de débordement de cuves de particuliers ou de stations-service, et les fuites d'huiles de garages inondés.

Parmi les phénomènes à surveiller, le déplacement de polluants qui tendent à s'accrocher sur les sédiments charriés par les courants. Notamment les métaux lourds, les PCB ou certains hydrocarbures, déposés au cours du temps sur les sols avant de se retrouver dans l'eau à la faveur d'une inondation, explique Marina Coquery, chimiste de l'environnement à l'institut de recherche Irstea. "Il va falloir mener assez vite toutes les opérations de nettoyage, car les inondations draguent beaucoup de choses, y compris de la matière organique", prévient Marc Mortureux. Et une fois ce nettoyage général engagé, ne pas laisser les déchets s'accumuler.

Autre source d'effluents, les stations d'épuration qui ne sont plus en état de fonctionner. Dans la capitale, 50% de l'eau vient de sources souterraines situées à plus de 100 km et filtrées par le sol ; 25% de la Marne. Et "il n'y a eu aucun problème pour traiter" les 25% restant issus de la Seine, a cependant rassuré Célia Blauel, adjointe chargée de l'environnement. Quant à l'eau du fleuve, elle devrait retrouver son état pré-crue d'ici 3 à 4 semaines, espère l'élue.
 
1 commentaire - Inondations : difficile retour à la normale
  • pour une fois que la securité et fermeture de voie et route n'et pas que pour les films ile st germain andre santini comme pour la securité enfants ou le maire se moquer pendant deux ans de la fcpe et peep et c'est mr CHIRAC qui a agit en une semaine,on voit le role du soirée debat "securité" pour ses bons a rien

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