Images de l'attentat de Nice: décision à 18h sur le retrait de Paris Match

Images de l'attentat de Nice: décision à 18h sur le retrait de Paris Match

Un mémorial en hommage aux victimes de l'attentat de Nice, le 19 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais à Nice

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AFP, publié le jeudi 13 juillet 2017 à 16h59

Entre liberté d'information et respect de la dignité des victimes, la justice dira ce jeudi à 18H00 si elle ordonne on non le retrait du dernier numéro du magazine Paris Match, dont la publication d'images de l'attentat de Nice suscite la colère des victimes et de leurs proches.

Le parquet de Paris a demandé au tribunal d'ordonner le retrait de l'hebdomadaire des kiosques et d'interdire sa diffusion "sous tous formats". Et ce sous astreinte de 50.000 euros par jour de retard pour le journal papier et 50.000 euros par heure de retard pour les supports numériques.

Lors de l'audience, où siégeait le président du tribunal de grande instance de Paris Jean-Michel Hayat, le parquet a aussi demandé la publication d'un communiqué judiciaire en Une du journal.

A la veille de la commémoration de l'attentat qui avait fait 86 morts et 450 blessés sur la Promenade des Anglais le soir du 14 juillet 2016, le procureur Olivier Christen a dénoncé une atteinte à la "dignité des victimes".

Pour le magistrat, loin de répondre à un "intérêt légitime", la publication de ces clichés répond à une "logique mercantile".

Ce type de procédure, de surcroît à l'initiative du ministère public, est "évidemment exceptionnel", a-t-il souligné. En mars 2012, a-t-il rappelé, le parquet de Paris avait assigné la chaîne qatarie Al-Jazeera pour empêcher la diffusion d'une vidéo des tueries de Mohamed Merah, qui a assassiné des enfants et un enseignant juifs ainsi que trois parachutistes. La chaîne avait annoncé peu après qu'elle ne diffuserait pas ces images.

Informé mercredi de la publication par Paris Match d'images issues de la vidéosurveillance de la promenade des Anglais le soir de l'attentat, le parquet a "immédiatement ouvert une enquête pour violation du secret de l'instruction et recel" de ce délit.

"C'est une satisfaction de voir le parquet s'emparer de cette question qui est à la fois une question de principe et d'ordre public", a déclaré à l'AFP Eric Morain, l'avocat de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (Fenvac), qui avait appelé mercredi le parquet à intervenir.

- 'Des plans larges' -

Face au tribunal, l'avocate de Paris Match, Marie-Christine de Percin, s'est dite "sidérée". A ses yeux, ce sont "des raisons sûrement politiques qui se cachent derrière ce procès".

"Notre rédaction a voulu rendre hommage aux victimes en allant à leur rencontre un an après, dans un devoir de mémoire, pour que la société n'oublie pas", s'est défendu dès mercredi soir Olivier Royant, le directeur de la rédaction.

"Quant aux photos du camion cette nuit-là, largement publiées et relayées par nos confrères depuis un an, et encore ces jours-ci dans des émissions de télévision à grande audience, il s'agit de vues de loin, de plans larges, sans identification possible des victimes ni atteinte à leur dignité", a-t-il estimé.

"Si j'avais su que c'était pour faire de la presse sensationnaliste, je n'aurais pas accepté", a affirmé à l'AFP Kamel Sahraoui, 26 ans, une des victimes qui témoigne dans le magazine. "Ces photos m'ont choqué, tout particulièrement celle du terroriste" abattu dans la cabine du camion, a ajouté le jeune homme, qui a perdu sa fille, sa mère et son neveu dans l'attentat.

L'Association française des victimes du terrorisme (AFVT) a dénoncé un "parti pris éditorial assimilable à de la pornographie terroriste qui n'a pour but que de participer à la déshumanisation des victimes (...) et d'assurer le testament morbide du terroriste".

La Société des journalistes (SDJ) du magazine a estimé qu'une interdiction semblait "disproportionnée" et "remettrait en cause le droit de la presse à informer librement".

De son côté, le syndicat national des journalistes (SNJ) trouve "choquant" qu'une telle demande de retrait des kiosques soit "encouragée".

A la suite de cet attentat, plusieurs médias avaient déjà été pointés du doigt pour avoir notamment diffusé des images de victimes. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel avait appelé les médias audiovisuels à "la prudence et à la retenue, protectrices de la dignité humaine et de la douleur des personnes".

bl/spe/nal/epe/bir

 
8 commentaires - Images de l'attentat de Nice: décision à 18h sur le retrait de Paris Match
  • Le "devoir" d'informer n'a rien à voir avec la manipulation populiste qui consiste à faire du lecteur un voyeur en jouant sur des sentiments d'effroi
    Le vrai devoir d'un journaliste est de mener des investigations, par exemple à Nice, enquêter , avec ou à côté, c'est selon le goût de chacun, des autorités pour savoir si cet assassin était seul, ou s'il existe une organisation derrière. . . . .mais , je le reconnais, c'est autrement plus difficile et dangereux que de manipuler l'opinion avec les photos de pauvres gens dont certains sont décédés et d'autres encore en soin. Faire du fric avec le cadavre des autres c'est purement dégueulasse et doit être condamné

  • du grand n'importe quoi les videos sur le camion ciculent en boucle et la on veut interdire un magazine debible tout ca

  • En 1985 nous étions une poignée de vendeuses à être blessées par la bombe qui venait d'éclater à la parfumerie du printemps Haussmann. Par bonheur j'accompagnais une cliente a la caisse cela m'a peut-être sauvée. Un jeune homme sur le podium tout à côté de notre stand à fait sortir les clients avec une voix très douce et très calme. Personne n'a remercié ce très jeune homme qui faisait la promotion des parfums de Stéphanie de Monaco. J'ai aidé à sortir quelques collègues blessées, sous la chaleur des flammes les atomiseurs explosaient faisant plus de bruit que la bombe elle même. J'ai pû ramener quelques collègues à la maison, la fumée les avaient noircies, tout le monde a pris un bain, j'ai laissé les filles s'endormir dans mon lit et suis repartie comme si de rien n'était vers la piscine Deligny où m'attendaient plus de 400 personnes. Mon collègue Patrick était au micro et annonçait que j'avais été victime d'un attentat, que mon stand avait brûlé et que j'étais parmi les victimes. Lorsque je suis arrivée, j'étais vétu d'une longue robe blanche, maquillée coiffée et ... souriante. La foule a poussé un cri comme s'il apercevait un fantôme mais de suite j'ai repris mon rôle d'animatrice et la soirée s'est bien passée. En rentrant les filles dormaient. Pendant le week end le magasin a été restauré, nous avons (toutes les survivantes) repris notre travail comme si de rien n'était. Un évènement comme les autres. Il n'y avait pas de cellule psychologique qui infantilise les gens au lieu de les laisser prendre seuls les décisions qui s'imposent. Personne ne croit en la vie après la mort mais dans ce cas pourquoi tant de commémorations collectives alors qu'un deuil est si personnel ? Paris Match n'a fait que son devoir, et son devoir est d'informer.

  • eh oui , montrer la vérité , c'est interdit en FRANCE

  • Paris Match devrait se contenter de publier les photos du couple Macron,ça suffit comme horreurs à contempler pour les retraités spoliés par la CSG

    Mort de rire...Brigitte n'y est pour rien !

    stylomine" et les meme retraités qui vont plus payer d'impots locaux alors arretez de geindre

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