Guyane: première manifestation anti-blocage à Kourou

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Des manifestants brandissent une pancarte "Pou lagwiyann circule", le nom d'un groupe appelant à mettre fin aux blocages en Guyane à Kourou, le 11 avril 2017

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© AFP, jody amiet
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AFP, publié le mardi 11 avril 2017 à 18h57

Guyane: plusieurs centaines de manifestants anti-blocage réunis à Kourou appellent à rétablir au moins en partie la liberté de circulation

Ils n'étaient que quelques centaines mais se voulaient un symbole: pour la première fois des opposants ont manifesté mardi à Kourou pour réclamer la fin des blocages en Guyane, qui suscitent un mécontentement grandissant après trois semaines de mouvement social.

Derrière une banderole "Pou La Gwiyann circulé" en écho au nom du collectif "Pou La Gwiyann dékolé" menant le conflit, 200 ou 300 personnes ont bravé le soleil dans la ville abritant le centre spatial. Plusieurs milliers de Guyanais s'y étaient rassemblés il y a une semaine pour dénoncer un sous-investissement chronique de Paris dans ce département d'outre-mer. 

"Même si on n'est que dix, la manifestation doit se tenir", expliquait avant le début de la courte marche un auditeur sur une radio locale.

Alors que les barrages ne laissent plus passer les voitures depuis lundi, de nouveaux sites de blocages avaient été installés mardi matin à la sortie de Cayenne en direction de Kourou ainsi que dans la ville spatiale, a constaté l'AFP.

250 protestataires ont signé une "main courante", déposée peu avant 10H00 (15H00 en métropole) à la gendarmerie, pour "faire constater" qu'on n'a "pas accès à la libre circulation", a expliqué Denis Burlot, chef d'entreprise de 51 ans.

"Le conflit s'enlise, il faut adapter le mouvement, peut-être en ne mettant que cinq barrages, mais aux bons endroits", a estimé Thomas Saumier, guide touristique de 40 ans, pour qui "Pou La Gwiyann dékolé" porte "des revendications vitales" mais "n'écoute pas" le ras-le-bol des blocages.

Le cortège avait démarré sous les invectives de passants favorables au maintien des barrages. "Vous êtes des traîtres", a lancé un homme d'une trentaine d'années à la foule, illustrant le fossé en train de se créer entre les opposants et les partisans de la poursuite du mouvement.

"J'ai dit à un barrage que je devais chercher une bouteille de gaz pour nourrir mon enfant. On m'a répondu que je pouvais lui donner des crackers!", s'indignait lundi soir une auditrice sur la radio Péyi, très populaire depuis le début du conflit.

- 'Promesses' -

Le président François Hollande a appelé lundi à la fin du blocage, au motif que "l'économie guyanaise ne doit pas être fragilisée plus longtemps". "On ne peut pas multiplier les annonces, les promesses" intenables, à douze jours du premier tour de l'élection présidentielle, a-t-il insisté à l'issue du sommet des pays du sud de l'Europe à Madrid.

Alors qu'un Conseil des ministres a validé mercredi un plan d'urgence de plus d'un milliards d'euros pour la Guyane, le collectif au coeur du conflit social réclame 2,1 milliards d'euros supplémentaires.

"La mobilisation se poursuit en l'état, les barrages restent les mêmes. On leur laisse jusqu'à mercredi pour nous répondre", a déclaré Mikaël Mancée, un porte-parole des "500 frères contre la délinquance", dans une vidéo postée sur Facebook. Le combat "ne fait que commencer", a-t-il assuré.

Le collectif a cependant finalement décidé d'alléger le blocage qu'il promettait "total" lundi face aux critiques de la population. Si tous les véhicules, à l'exception des engins d'urgence, étaient empêchés de franchir les barrages, les piétons, les vélos et les scooters pouvaient passer.

"Il n'est pas tolérable de se voir refuser le droit de circuler librement sur le territoire", selon les signataires d'une pétition en ligne qui avait recueilli lundi après-midi plus de 2.600 paraphes. Près de 3.600 internautes font aussi partie d'un groupe Facebook "Stop aux barrages en Guyane".

La "grève générale illimitée" décrétée le 25 mars en Guyane, paralyse l'activité économique. Le blocage du port de Cayenne provoque des pénuries, notamment de produits frais.

Les ordures ne seront plus ramassées à partir de mardi "compte tenu du durcissement des barrages" dans Cayenne et ses environs, a annoncé la communauté d'agglomération.

Air France a annoncé lundi que le vol aller-retour entre Paris et Cayenne serait maintenu mardi, avec une escale technique à Fort-de-France (Martinique). Les liaisons aériennes entre Paris et la Guyane sont fortement perturbées depuis deux semaines.

 
9 commentaires - Guyane: première manifestation anti-blocage à Kourou
  • Pourquoi répondre jimmy973 ces personnes sont abandonnées comme nous par l'état sauf que cela est pire en Guyane, laisse ces personnes vociférer leur haine, ils sont persuadés que la Guyane les appauvrit, 9 millions de blancs sous le seuil de la pauvreté, dorment dans la rue, crèvent de froid, cela est dû la Guyane, surtout ne pas s'arrêter à la stupidité, laisse parler les gens comme dit la chanson cela leur permet d'exister.

  • jimmy973  (privé) -

    on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs. En attendant, pas de dégradation des infrastructures publiques, pas de pillage des bien privés (magasins), pas de violence, pas de bagarre avec les forces de l'ordre, et d'ailleurs, pas de force de l'ordre si ce n'est un peu devant la Préfecture, et c'est tout !
    Vous avez déjà vu ça quelque part dans le monde ? En Inde, peut-être, mais il y a bien longtemps !

    jimmy973  (privé) -

    ben oui, il a pris peur, puis il a pris une lacrymo quand des pôtes ont vu les 500 Frères lui venir en aide en l'entourant !...
    Le lendemain, il a bien précisé qu'il n'avait pas été agressé par les 500 Frères.
    Le surlendemain, il se faisait remonter les bretelles pour ces propos de la veille, qui ne collait pas avec le désir des pouvoirs publics de voir cette grève dégénérer !!!!!!!
    Aujourd'hui, il est sur le coup d'une suspension, voire plus !...

  • jimmy973  (privé) -

    Facebook ne représente rien, si ce n'est des mecs dans leur maison peinard qui signent n'importe quoi pour faire plaisir à l'expédition copain-inconnu !

  • jimmy973  (privé) -

    Faux,
    Lundi, comme tous les jours, les barrages sont filtrants !

  • jimmy973  (privé) -

    C'est de l'intox.
    Dès aujourd'hui les entreprises pouvaient travailloter, et cela va s'amplifier. La seule chose c'est qu'il faut laisser du temps aux nombreux collectifs pour tomber d'accord. Il s'agit la d'une initiative personnelle malheureuse. Car l'unité est là !
    Intelligent, les responsables des collectifs ont trouvé la solution, elle apparaitra demain au grand jour.
    Thomas a eu tord de s'affoler, il devait communiquer avec les collectifs de grévistes.

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