Guyane: mobilisation pour une inspectrice du travail sur fond de discrimination

Chargement en cours
 Des membres du collectif "500 Frères" lors d\

Des membres du collectif "500 Frères" lors d'un rassemblement devant la préfecture de Cayenne, le 7 avril 2017 en Guyane

1/2
© AFP, jody amiet
A lire aussi

AFP, publié le lundi 17 avril 2017 à 10h43

Guyane: une inspectrice du travail de Cayenne convoquée en commission disciplinaire à Paris pour répondre de propos "discriminatoires"

Pour avoir déclaré "je suis chez moi" en Guyane, une inspectrice du travail de Cayenne est convoquée jeudi en commission disciplinaire à Paris où elle doit répondre de propos "discriminatoires" et "racistes", un "scandale", selon ses défenseurs qui réclament l'annulation de la procédure.

Les faits remontent au 14 octobre 2016. Il est reproché à Henriette Henry, 50 ans, d'avoir prononcé cette phrase sur son lieu de travail, la DIECCTE de Guyane (direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) devant trois usagers.

Une réaction d'exaspération en réponse à une insulte, "négresse", proférée à son encontre par une collègue et ancienne supérieure hiérarchique, a expliqué à l'AFP son avocat Me Anthony Thiers.

Selon lui, depuis 2011, un an après sa mutation en Guyane où elle est née, "Mme Henry a été victime du harcèlement et de l'attitude de cette collègue, s'en est plainte à de nombreuses reprises à sa hiérarchie, et a porté plainte en 2013, en vain". Cette collègue a néanmoins été changée de secteur géographique (restant au sein du même bâtiment) sans cesser toutefois ses agissements, ajoute l'avocat, qui dénonce "la défaillance" de l'administration.

"Le cas de cette collègue sera examiné le 20 avril par la même commission disciplinaire", a précisé à l'AFP le ministère du Travail qui s'est refusé à tout autre commentaire. 

L'incident du 14 octobre est "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase après des années d'humiliations et de discrimination raciale et syndicale", dit la CGT, à l'origine de la mobilisation, appuyée par le sénateur socialiste de Guyane Antoine Karam et l'Union des travailleurs guyanais (UTG).

Mais pour le ministère, les propos de Mme Henry violaient les obligations déontologiques de réserve, de neutralité, et de dignité des fonctionnaires, et étaient "discriminatoires" et "racistes" car "affirmant une différence de droit entre agents publics fondée sur l'origine géographique (le lien territorial)", selon un rapport disciplinaire consulté par l'AFP.

- "circonstances discutables" -

Programmée le 28 mars à Paris, la commission disciplinaire a été reportée la veille au 20 avril, sans explication et en plein conflit guyanais.

Dans un courrier à la ministre du Travail Myriam El Khomri, Antoine Karam regrette une convocation "au risque (pour Mme Henry) d'être sanctionnée d'une rétrogradation ou d'une suspension temporaire".

Alors qu'elle "subit depuis de longues années remarques et propos dégradants, voire discriminatoires, principalement en raison de son engagement syndical", et qu'elle est "victime de harcèlement moral sur son lieu de travail". Syndiquée à la CGT, Mme Henry en est également sa représentante au CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail).

Le sénateur demande à la ministre de considérer "les circonstances discutables" dans lesquelles est intervenu le comportement reproché à l'agente.

L'UTG a de son côté interpellé le préfet de Guyane et un collectif métropolitain de huit femmes fonctionnaires en lutte contre les discriminations au sein du ministère du Travail a également demandé à la ministre d'annuler la procédure.

Mme Henry, qui a réussi le concours d'inspectrice du travail en décembre 2016, encourt une sanction pouvant conduire à sa rétrogradation ou à une suspension de trois mois à deux ans.

Hasard du calendrier, elle participe depuis janvier à une formation en métropole où se tiennent les commissions disciplinaires et n'aura donc qu'à prendre le train de Bordeaux pour répondre des faits qui lui sont reprochés.

La CGT a appelé à un rassemblement de soutien devant le ministère du Travail jeudi.

 
9 commentaires - Guyane: mobilisation pour une inspectrice du travail sur fond de discrimination
  • Voilà ce qu'on appelle du racisme d'état non reconnu par M. Désir!

  • Voyons, aucune crainte, elle peut faire confiance à l'administration centrale en CAP disciplinaire, elle suivra l'avis de ses chefs, car il est très rare quelle les contredise, ou alors cela a beaucoup changé, mais on ne sait jamais, elle peut gagner et je lui souhaite.

  • Elle ne risque rien, elle est défendue par la CGT. Donc.............

  • le racisme est condamnable, qui que ce soit le pratique. Cette dame est victime, dit elle, que le coupable soit condamné, mais elle, de même, si il s'avère qu'elle a proféré de tels affirmations. En Guyane, département Français, c'est un cheval de bataille que de vouloir favoriser les " locaux", comme si un Breton ne devait être employé qu'en Bretagne.... Il faut tout de même se souvenir de cette campagne en Guyane aux élections municipales de 2007, où un candidat aux origines non créoles a été copieusement insulté, au motif qu'il ne l'était pas, donc illégitime, donc pas " chez lui", donc non fondé à oser ( !! ) vouloir se présenter...

  • le gouvernement n'a jamais rien compris ni rien fait pour la Guyane, malgré la présence de Christiane Taubira au début de l'ère Hollande. Ce n'est pas à quelques jours de rendre ses tabliers que le ministère du travail et sa ministre vont pouvoir prendre une décision juste, surtout en plein conflit social ! Ridicule ! ils risquent seulement de reproduire les discriminations que l'on constate sur place.

  • [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]