Grippe aviaire: la filière volaille prend le pari de se réorganiser complètement

Grippe aviaire: la filière volaille prend le pari de se réorganiser complètement

Un élevage de canards à Benesse-Maremne, dans le sud-ouest de la France, le 10 décembre 2015

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AFP, publié le jeudi 13 avril 2017 à 17h04

Grippe aviaire: l'ensemble de la filière signe un "pacte" pour réformer les méthodes d'élevage et de transport

Les éleveurs de poules et canards français se sont engagés jeudi à réformer de fond en comble leurs pratiques sanitaires pour éviter la répétition des épidémies aviaires qui menacent la pérennité d'un des fleurons de la gastronomie française, le foie gras.

Des banques aux coopératives en passant par les éleveurs, accouveurs, transporteurs, et syndicats agricoles, 32 acteurs du secteur ont signé mardi au ministère de l'Agriculture à Paris, un "pacte de lutte contre l'influenza aviaire et de relance de la filière foie gras", durement éprouvée par deux épidémies successives en 2015-16 et 2016-17.

Cet engagement intervient à la veille d'un vide sanitaire total de six semaines dans les élevages de canards de 1.134 communes du sud-ouest, à l'issue duquel ils pourront redémarrer, dans les derniers jours de mai.

"Il s'agit de la mise en place d'une stratégie de biosécurité" pour faire face aux risques sanitaires en général", a déclaré M. Le Foll à la presse.

Le ministre s'est déclaré satisfait d'avoir obtenu la signature de l'ensemble des syndicats agricoles, du Modef à la FNSEA en passant par la Confédération paysanne, qui avait été dans les premiers à dénoncer le modèle industriel de production du foie gras pour expliquer la diffusion rapide du virus.

- Des efforts de tous -

A tous les niveaux, "des efforts" doivent être faits, a prévenu le ministre. Et des investissements lourds seront nécessaires. 

Au final, l'objectif est de maintenir la diversité et la spécificité des élevages de plein air français, de la petite ferme qui vend ses foies gras-maison au marché du coin, à la coopérative industrielle qui les exporte sur les marchés mondiaux.

L'administration va mettre en place un outil de base de données sécurisées permettant la géolocalisation des élevages ainsi que l'enregistrement des mouvements d'animaux. Un système d'alerte rapide va être mis en place pour réagir au plus vite en cas de détection d'un virus.

Les éleveurs de canards subiront un audit annuel dès 2017 sur l'application des règles de biosécurité.

Des efforts devront aussi être faits sur la gestion des effluents, car les fientes de canard propagent les virus. Des investissements en matériels adaptés (méthanisation, enfouissement..) sont nécessaires.

La capacité de confinement des animaux devra être améliorée en fonction du risque, c'est-à-dire surtout en fin d'automne pendant les migrations d'oiseaux sauvages.

Pour maintenir le même niveau de production, le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (CIFOG), qui réunit tous les éleveurs, avait estimé en mars les investissements nécessaires à 100 millions d'euros, pour la construction d'un millier de bâtiments de 400 mètres carrés chacun.

- Abaissement du niveau de risque -

Les méthodes de transport des canards entre naisseurs, éleveurs, gaveurs et abatteurs, sérieusement mises en cause dans la dernière épidémie, seront revues.

Des matériels dédiés doivent être utilisés par types de canards transportés, facilement nettoyables et désinfectables. Des audits sanitaires  des transporteurs seront effectués, la formation des personnels sera augmentée, et des guides de bonnes pratiques mis à disposition.

Les mesures de biosécurité doivent être appliquées par toute personne approchant les canards, éleveur, famille, attrapeur, vétérinaire, représentant commercial d'une société d'aliments pour bétail, ou transporteur.

Chaque coopérative va aussi chercher à diminuer le nombre moyen de kilomètres parcourus par ses canards.

Pour être efficace, l'ensemble de cette politique publique d'envergure reste néanmoins soumise à un suivi sérieux et au respect du calendrier de suivi, qui sera sous le pilotage du gouvernement mis en place après la présidentielle du 7 mai.

Le "pacte" va être présenté à la Commission européenne, qui a fourni 50 des 140 millions d'euros d'aide versés aux éleveurs jusqu'à présent.

En France, l'épidémie du virus H5N8 cette année a provoqué l'abattage de plus de 4 millions de volailles, et des pertes évaluées à 250 millions d'euros.

Le niveau du risque doit être abaissé vendredi, après publication d'un décret, ce qui allègera les contraintes pesant actuellement en matière de confinement des élevages, a indiqué M. Le Foll.

 
10 commentaires - Grippe aviaire: la filière volaille prend le pari de se réorganiser complètement
  • C'est bien de réorganiser, mais au final est-ce que ça sera aussi efficace qu'avant à l'époque où ce n’était que des petits producteurs et où on entendait très peu parler de problèmes sanitaires. En plus as t'ont aussi prévus de faire quelque chose pour les oiseaux sauvages qui viennent dans les élevages.

  • elle est belle la politique de la FNSEA, productiviste, non seulement on nous fait manger de la M, mais un agriculteur se suicide tous les deux jours, et on prend les même et l'on recommence, nouvelle présidente, et c'est reparti, c'est comme avec les politiques, tous irresponsables

  • Faudra aussi fermer les frontières aux oiseaux migrateurs.....

  • Une seule question : se demander à qui profite le "crime" génocidaire contre ces millions de malheureux palmipèdes ?
    Ah, cette "grippe aviaire" ! C'est tout de même bien commode pour refaire une virginité aux divers marchés en lien avec le commerce des victimes.

  • pourquoi ne pas pratiquer la vaccination? comme cela se faisait dans les années 50. à cette époque là, on appelait cette maladie la "peste aviaire" et... dans les fermes on vaccinait les volailles, éventuellement on enterrait les poules qui mouraient et la vie continuait aussi bien pour les humains que pour les animaux. point d'abattage massif à cette époque là, même cette "formule" n'avait pas été inventée et de plus les animaux de la ferme étaient bien traités, l'élevage intensif, lui non plus n'existe pas. bref il y aurait encore beaucoup à dire...

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