Grenoble : l'auteur de la fresque "anti-flics" se justifie

Grenoble : l'auteur de la fresque "anti-flics" se justifie

En trois mois, près de 50 enquêtes ont été ouvertes par la police des polices pour des accusations de violences policières. Photo prise aux Invalides, le 14 juin 2016.

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Orange avec AFP, publié le lundi 27 juin 2016 à 15h00

- Une œuvre de street-art représentant une Marianne matraquée par deux policiers, exposée dans le cadre d'un festival organisé par la mairie écologiste, provoque de vives réactions. Sur le Huffington Post, l'artiste Goin assume et explique ne plus vouloir "entendre le son des bottes".

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L'œuvre de Goin représente une femme à terre, tenant un drapeau bleu-blanc-rouge effiloché, frappée par deux policiers anti-émeute, dont l'un porte un bouclier "49.3". Cette fresque a été réalisée sur un mur proche de la gare de Grenoble (Isère), qui doit être détruit "dans les jours ou les semaines qui viennent".


Face à l'avalanche de réactions indignées, chez les policiers et les politiques, l'artiste s'explique ce lundi 27 juin sur le Huffington Post. Goin déclare assumer sa fresque. Il revendique "un art subversif et engagé qui est une arme d'évolution massive pour notre société". "Le son des bottes nous ne voulons plus l'entendre, nous en avons marre, nous sommes fatigués..., explique-t-il au Huff Post. Nous rêvons simplement d'un monde meilleur ou ce que je peins n'existerait plus", explique-t-il. Goin accable en outre le gouvernement : "Avec l'état d'urgence et le 49-3, la France des Lumières s'obscurcit rapidement, l'esprit Charlie est bien loin déjà... L'État prend en otage notre 'démocratie' au profit du totalitarisme marchand qui définit nos vies avant même que l'on ne les ait vécues", dénonce l'artiste sur le site.


Critiqué depuis que sa fresque est apparue, l'artiste a toutefois reçu ce lundi le soutien du maire de Grenoble Éric Piolle (Europe-Écologie-Les Verts, EELV). "On comprend bien sûr l'émoi de la police. Mais comprendre cet émoi ne veut pas dire s'asseoir sur les textes fondateurs de la République", explique l'élu. "La liberté d'expression fait partie des bases fondamentales de la République. C'est ce que nous défendons tous et ce que la police a défendu après les attentats contre Charlie Hebdo", ajoute-t-il, en refusant de commenter l'œuvre en elle-même.

RÉACTIONS INDIGNÉES

Mais, dans l'opposition grenobloise et chez les policiers, la pilule a du mal à passer. "C'est honteux, la République nous la défendons, nous ne lui tapons pas dessus", a expliqué dimanche sur France 3 Alpes, Yannick Biancheri, syndiqué SGP-Police FO à Grenoble. "Cette fresque fait mal, surtout en cette période difficile depuis les attentats. C'est scandaleux, notre métier c'est gardien de la paix et quand on voit comme on nous représente... Lors des manifestations, on est là pour protéger les manifestants des casseurs, ne l'oublions pas". Selon la chaîne locale, le syndicat policier pense à porter plainte, comme après l'affaire de l'affiche CGT sur les violences policières.

"Je trouve ceci indigne", a également réagi le directeur départemental de la sécurité publique, Patrick Mairesse, cité par le quotidien régional Le Dauphine libéré. "Fouler aux pieds le symbole de l'État et de l'autorité dont nous avons tant besoin, oui je suis choqué", a ajouté à France Bleu Isère le président Les Républicains du département, Jean-Pierre Barbier. Pour Debout la France, parti dirigé par Nicolas Dupont-Aignan, cette fresque "de la honte" est "abjecte" et doit être retirée immédiatement par la municipalité.


CONDAMNATIONS AU PARTI SOCIALISTE

"Quand la collectivité locale finance, sur l'argent des contribuables grenoblois, une fresque réalisée dans le cadre d'un festival subventionné à hauteur de 25.000 euros, à la vue de tous, dans l'espace public, elle est responsable des messages passés, a quant à elle souligné l'ancienne ministre socialiste Geneviève Fioraso, qui appartient à l'opposition à la municipalité. Par respect pour ceux qui nous protègent, il faut effacer immédiatement cette fresque inacceptable dans le contexte".

L'ancien maire socialiste de Grenoble Michel Destot a également fait connaitre son opposition : "Comment est-il possible de cautionner une telle fresque ?", s'est-il questionné sur Twitter. "Respect pour ceux qui nous protègent".

"L'ART PEUT ÊTRE SUBVERSIF"

"Nous, en tant que politiques, on s'interdit de vouloir gérer la création artistique", a-t-on répliqué au cabinet du maire, où on relève le "grand succès" du Grenoble Street Art Fest, qui se termine ce dimanche 26 juin. "On comprend la réaction de la police et d'autres, mais ça reste une oeuvre d'art et l'art peut être subversif", fait-on valoir. "L'art a vocation à créer du débat, voire de la polémique".

"Ce n'est pas une fresque anti-police, c'est une fresque qui dénonce l'utilisation que fait l'État du 49.3. Si elle crée le débat, elle joue son rôle", a ajouté sur France Bleu Isère, Jérôme Catz, responsable de l'association Space Junk, qui organise le festival et qui a invité l'artiste Goin (http://www.goinart.net/).

Une autre fresque sur les violences survenues en marge des manifestations contre la loi travail avait suscité la polémique. Réalisée le 18 mai dans le Xe arrondissement de Paris, elle avait été effacée à la demande des autorités.


Le mercredi 23 juin, huit organisations (la CGT, la FSU, Solidaires, SAF, l'Unef, la FIDL, l'UNL et la LDH) ont réclamé l'ouverture d'une enquête parlementaire sur les "dysfonctionnements" du maintien de l'ordre et "les choix opérés par le ministère de l'Intérieur" lors des manifestations contre la loi travail. "De nombreux manifestant-tes sont victimes de graves dysfonctionnements : délogés, pourchassés, blessés, interpellés par les forces de police alors même qu'ils n'ont commis aucune infraction !", dénoncent-elles. "Dans le même temps, certains individus responsables de 'casse' sont contenus en tête de cortège sans jamais être neutralisés par les forces de police", ajoutent ces organisations, estimant cette enquête "indispensable".
 
75 commentaires - Grenoble : l'auteur de la fresque "anti-flics" se justifie
  • la france a besoin de travail pas d'oeuvres polémiques pour se faire connaître des médias ....

  • celui qui peint se torchon ses un fils a papa bien protégé .mai quand il aurat besoin des policiers ils va pleuré pour les appelé

    rogese se croit certainement un "bon français". Il devrait sans plus tarder se mettre à l'apprentissage de sa langue. Ca urge...

  • Il n'y a que la vérité qui dérange moi ça ne me choque pas du tout je vois juste une vérité sur ce que le peuple vit aujourd'hui ! !!!!

  • Dans un article de 2014 on lisait "Le nouveau maire écologiste de Grenoble, Eric Piolle, ne compte pas laisser Jean-Marie Le Pen tenir un meeting pour les européennes dans sa ville mercredi."
    en 2016 on lit "On comprend bien sûr l'émoi de la police. Mais comprendre cet émoi ne veut pas dire s'asseoir sur les textes fondateurs de la République", explique l'élu. "La liberté d'expression fait partie des bases fondamentales de la République"

    la seule liberté de l'expression de ce qu'il pense sûrement ...

  • ( les textes fondateurs de la République ) n'encouragent pas à détruire les institutions de cette république.
    Ceux qui manifestent et ceux qui cassent, parfois les mêmes, son bien ceux qui ont mis en place par leur vote le gouvernement présent !
    Le moins qu'ils puissent faire est d'assumer !

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