Gérard Collomb : "un tiers" des personnes radicalisées "présentent des troubles psychologiques"

Gérard Collomb : "un tiers" des personnes radicalisées "présentent des troubles psychologiques"

Environ "un tiers" des personnes radicalisées "présentent des troubles psychologiques", selon le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. (Photo : le 5 août 2017 à Palneca en Corse-du-Sud).

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Orange avec AFP, publié le mardi 22 août 2017 à 12h40

Invité de BFMTV mardi 22 août, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb est revenu sur les récents drames, des attentats en Espagne à la mort d'une femme percutée par un véhicule à Marseille, en passant par l'attaque contre des militaires à Levallois-Perret.

"À peu près un tiers" des personnes signalées pour radicalisation "présentent des troubles psychologiques", a indiqué l'occupant de la place Beauvau. Soit près de 6.000 personnes. En effet, le fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation (FSPRT), créé en 2015, recense environ 17.400 personnes, selon un rapport sénatorial publié au printemps. 

Drame de Marseille : un phénomène d'"imitation du terrorisme"

Gérard Collomb est notamment revenu sur le cas de l'homme qui a tué une femme de 42 ans et en a grièvement blessé une autre, âgée de 25 ans, en fonçant sur deux abribus à bord d'une camionnette lundi à Marseille. "Il sortait de clinique psychiatrique. Il avait des antécédents de prison et il assassine une personne. Il faut réfléchir sur ce genre de prisme", estime le ministre. "Ce n'est pas du terrorisme (...) mais on a de l'imitation", insiste-t-il. 

"Un certains nombre d'esprits faibles peuvent se laisser entrainer à des actes de mimétisme". "C'est ça qui est grave, c'est qu'un certains nombre d'esprits faibles qui voient ce qui s'est passé à Barcelone, qui voient ce qui s'est passé contre le dispositif Sentinelle, se disent 'on va passer à l'acte comme ça'", pense le ministre de l'Intérieur. "C'est ce contre quoi il faut se prémunir, ce contre quoi nous voulons travailler avec ma collègue la ministre de la Santé mais également avec l'ordre des médecins, les psychiatres (...) Nous ne voulons pas faire cela dans notre coin", mais "trouver le juste équilibre", explique Gérard Collomb.

"Trouver le moyen (que les individus) (...) qui souffrent de troubles graves ne puissent pas commettre des attentats"

Au lendemain du drame en Seine-et-Marne, où un homme avait foncé dans une pizzeria avec sa voiture, tuant une adolescente et faisant 12 blessés le 14 août, Gérard Collomb avait déclaré vouloir mobiliser les hôpitaux psychiatriques et les psychiatres "pour identifier les profils qui peuvent passer à l'acte". "Il est clair que le secret médical c'est quelque chose de sacré mais en même temps, il faut trouver le moyen qu'un certain nombre d'individus, qui effectivement souffrent de troubles graves, ne puissent pas commettre des attentats", insiste de nouveau mardi le ministre de l'Intérieur.

Revenant par ailleurs sur les attentats en Catalogne, Gérard Collomb a indiqué que Younes Abouyaakoub, le terroriste de Barcelone tué lundi par la police espagnole, ainsi que l'imam de Ripoll, soupçonné d'avoir endoctriné le réseau espagnol, étaient inconnus des services français.

Neuf attentats déjoués en France en 2017

Le ministre de l'Intérieur confirme que l'Audi ayant servi de véhicule-bélier à Cambrils a bien été flashée en France Nous savons qu'ils étaient venus en région parisienne et nous avons immédiatement transmis ces informations" aux autorités espagnoles, indique-t-il.

Quant à la menace terroriste en France, le ministre rappelle que "la menace est grande" : "nous avons eu 9 attentats déjoués depuis le début de l'année, malheureusement certains ont réussi." 

Rendre le dispositif Sentinelle plus mobile

Gérard Collomb a également évoqué la pertinence de l'opération Sentinelle, remise en cause notamment après l'attaque ayant récemment visé des militaires à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). "Il y a eu beaucoup de critiques vis-à-vis de Sentinelle, pourtant c'est assez efficace. Ceux qui sont des cibles, ce sont tous ceux qui ont des uniformes, explique-t-il. Sentinelle sera l'objet du projet Conseil de Défense : il faudrait redéfinir le dispositif de manière à le rendre plus mobile ; faire en sorte que l'on n'ait pas un dispositif de 7.000 personnes sur des postes fixes, mais plutôt 3.500 à des postes définis, 3.500 à des postes plus souples, de manière à garantir, par exemple, la braderie de Lille etc.", propose le ministre.

 
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