François Molins : le risque d'attentat est "renforcé" par l'affaiblissement de Daesh

François Molins : le risque d'attentat est "renforcé" par l'affaiblissement de Daesh

François Molins, le 21 juillet 2016, à Paris

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Orange avec AFP, publié le vendredi 02 septembre 2016 à 14h32

"Visage" de la lutte antiterroriste en France depuis les attentats de Charlie Hebdo, le procureur de la République de Paris, François Molins, livre des prévisions empreintes de pessimisme quant au risque d'attentat, qu'il juge "renforcé" par les déboires de l'organisation Daesh en Irak et en Syrie. Il donne également un avis sévère vis-à-vis de l'idée "absolument impossible" de placer en rétention les individus fichés "S", ou celle de créer un parquet national spécial pour l'antiterrorisme, égratignant au passage les propositions de candidats à la primaire de droite, dont Nicolas Sarkozy.

"Paradoxalement, l'affaiblissement de l'Etat islamique en zone irako-syrienne constitue un facteur qui renforce le risque d'attentat".

Le constat signé François Molins n'est pas pour rassurer quant à la situation sécuritaire dans l'Hexagone. Face à ces faits, le procureur de la République de Paris, a annoncé un "durcissement considérable" de la politique pénale du parquet de Paris, "en criminalisant les dossiers correctionnels".

"On utilisait jusqu'ici la qualification criminelle en cas d'exactions", mais "nous considérons désormais comme participant à une association de malfaiteurs criminelle toutes les personnes parties sur zone (irako-syrienne, ndlr) depuis janvier 2015 ayant participé à des combats, des patrouilles ou à la police islamique avec l'EI ou le Front Al-Nosra, devenu Fatah Al-Sham" explique t-il dans les colonnes du Monde ce vendredi 2 septembre.

"Les effectifs de la section antiterroriste ont été portés à treize magistrats, contre sept avant les attentats de janvier 2015, et nous disposons d'une liste de 61 magistrats mobilisables à tout instant" en cas de crise, ajoute-t-il, affichant par ailleurs son scepticisme face aux propositions de plusieurs candidats à la primaire des Républicains.

"DE L'IGNORANCE OU DE LA MAUVAISE FOI"

Placer en rétention les individus fichés "S" par les services de renseignement, comme le préconisent certains à droite, et notamment Nicolas Sarkozy, "c'est absolument impossible", répond le procureur. "Il ne peut y avoir de détention préventive en dehors d'une procédure pénale. C'est le socle de l'état de droit. On ne peut pas détenir quelqu'un avant qu'il ait commis une infraction", souligne-t-il. Depuis la vague d'attentats qui a touché la France, des voix s'élèvent aussi régulièrement pour réclamer la création d'un parquet national spécial pour les affaires de terrorisme.

"Je ne sais pas si cela relève de l'ignorance ou de la mauvaise foi!", réagit le procureur de Paris, en soulignant que "depuis trente ans, la justice antiterroriste fonctionne de manière centralisée et spécialisée", avec une section dédiée au sein du parquet de Paris, des juges d'instruction spécialisés, et la 16e chambre correctionnelle ou la cour d'assises spéciale, qui "a son propre fonctionnement, sans jury" populaire. "De plus, le fait que la section antiterroriste soit aujourd'hui au sein du parquet de Paris, sous la direction d'un procureur unique, offre une souplesse en période de crise qu'aucun autre système ne permettrait", estime François Molins.

Même scepticisme quant à l'idée d'une "cour de sûreté antiterroriste", émise par Nicolas Sarkozy. "Créer une cour de sûreté pour appliquer une justice spéciale avec par exemple des règles différentes en matière de présomption d'innocence serait contraire aux principes de la Convention européenne des droits de l'Homme", explique-t-il.
 
298 commentaires - François Molins : le risque d'attentat est "renforcé" par l'affaiblissement de Daesh
  • Ce monsieur a une tête de mollasson, un peu faux derche, encarté très probablement...

    Il me semble que c'est Sarkozy qui l'a installé à ce poste ... j'ai la faiblesse de croire à ce qu'il dit.

    La Maud a un pseudo dorénavant, c'est Haro, alias le baudet....

  • Alors que faut-il faire? Les laisser agir sans se défendre?

  • vous leurs avez donner les pleins pouvoirs ?????????? , nous le savions qu'il ne fallait pas compter sur se gouvernement pour être en sécurité au contraire

  • Même discours que Valls : français vous allez être attaqué mais vous n'avez pas le droit de vous défendre ! les félés islamistes doivent bien rigoler .

  • Nonobstant beaucoup de sottises lues sur ce forum, à ce sujet, Monsieur Molins a évidemment raison. En l'état actuel du Droit, on ne peut pas détenir quelqu'un avant qu'il ait commis une infraction.
    Pourtant, il faut bien dire qu'attendre, pour le coffrer, qu'un fiché "S" passe à l'action, c'est prendre le risque de beaucoup de morts et, pour comble, de ne plus pouvoir arrêter qu'un cadavre de terroriste !
    Donc, le Droit actuel n'est malheureusement pas adapté à cette situation là.
    Mais, depuis Hammourabi, jusqu'à Napoléon 1er, en passant par Justinien, le Droit a bien évolué. Il a même beaucoup changé.
    Serait-il, par hasard, interdit d'imaginer que, pour faire face efficacement au terrorisme, il puisse être aménagé spécifiquement dans ce cadre ?

    Pas contrariant le Arranov ! Il me " reprend " , mais en fait avec d'autres mots , il dit la même chose que moi !
    A savoir : " Attendre qu'un suspect " criminel ou terroriste " nous ait tué pour le juger et le condamner est " ABSURDE " dans la chronologie des faits !

    Mon cher LouGabian, n'avez-vous jamais remarqué qu'avec les mêmes mots, selon l'arrangement qu'on leur donne lorsqu'on écrit, on peut obtenir un beau texte clair et bien français ou, inversement, une ineptie difficile à comprendre, voire même incompréhensible.
    Boileau disait :
    "Ce qui se conçoit bien s'exprime clairement
    et les mots, pour le dire, arrivent aisément."

    Quelle culture, mon cher Colombeblc ! Je vois que vous comprenez parfaitement les finesses de la langue française et que l'usage spécifique des citations ne vous échappe pas. Il vaut mieux lire Boileau sur les tablettes, que demeurer ballot sur les toilettes.

    sauf si on est en guerre . au fait ; on est en guerre ?

    Bonjour Mamigi.

    Eh bien non, la France n'est pas en état de guerre. Même si ça en a tout l'air. L'état de guerre doit faire l'objet d'une déclaration officielle de conflit contre un, ou plusieurs autres états, et doit être voté par le Parlement. Donc, il n'est pas possible d'envisager une Justice "spéciale" du genre de celle que la loi martiale peut engendrer..

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