Fonctionnaires: la suppression du ministère suscite la critique des syndicats

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 Marylise Lebranchu, le 3 février 2016 à l\

Marylise Lebranchu, le 3 février 2016 à l'Assemblée nationale à Paris

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AFP, publié le jeudi 18 mai 2017 à 20h51

La suppression d'un ministère de la Fonction publique à part entière au sein du nouveau gouvernement a suscité la critique unanime des syndicats - craignant qu'elle soit réduite à une simple "variable budgétaire" -, relayée par leur ancienne ministre socialiste Marylise Lebranchu.

Les 5,4 millions d'agents publics, qui représentent un emploi sur cinq, seront désormais rattachés au ministère de l'Action et des comptes publics, sous la houlette de Gérald Darmanin, 34 ans, maire de Tourcoing. Un ministre "issu d'une droite dite dure, qui voulait supprimer plusieurs centaines de milliers de postes d'agents publics", rappelle Marylise Lebranchu.

Pour l'ancienne ministre PS de la fonction publique, de la décentralisation et de la réforme de l'Etat, ce rattachement donne "l'impression que la fonction publique devient une variable d'ajustement budgétaire".

"Même Nicolas Sarkozy n'avait pas franchi un tel cap !", s'est insurgée la CGT (1er syndicat chez les fonctionnaires). "En effaçant ainsi la fonction publique, en la rattachant à un département ministériel qui en fera avant tout une variable budgétaire et en y nommant une personnalité fortement ancrée à droite", Emmanuel Macron et Edouard Philippe "indiquent clairement leur volonté de poursuivre et d'amplifier les nocives politiques d'austérité", estime le syndicat. 

"Les fonctionnaires sont, quels que soient leur statut et leur entrée dans la fonction publique, l'ossature de la République", a  assuré le nouveau ministre. Il pilotera les comptes publics (budget) et sociaux (comptes de la Sécu) ainsi que la Fonction publique et la Réforme de l'État, selon son entourage.

"Les ambitions de modernisation, d'économies et de transformation des collectivités publiques, nécessaires à la préservation de nos équilibres et à la qualité de nos administrations, se feront en dialogue permanent avec les agents", a assuré son ministère jeudi soir dans un communiqué, précisant que M. Darmanin prendrait "personnellement contact" vendredi avec les organisations syndicales de la fonction publique.

"Il leur proposera de les recevoir individuellement la semaine prochaine pour commencer à dialoguer sur les objectifs" fixés par le gouvernement, ajoute le communiqué.

La grogne syndicale est loin de se résumer à la CGT. A FO (3e), l'Union interfédérale des agents de la fonction publique (UIAFP-FO) dénonce aussi une "vision purement comptable et budgétaire" et demande "un ministère à part entière".

- Suppression de 120.000 postes -

L'UIAFP-FO rappelle quelques-unes des "intentions" du président de la République lorsqu'il était en campagne : suppression de 120.000 postes de fonctionnaires, fin de l'évolution uniforme des rémunérations de toutes les fonctions publiques "dans une logique d'individualisation des rémunérations basée sur le mérite", "remise en cause du code des pensions civiles et militaires en introduisant un régime unique de retraite en points", "contrats pour remplacer le système des corps de fonctionnaires jugé trop rigide".

Pour Solidaires (6e) aussi, ce "rapprochement" entre action et comptes publics fait craindre que la fonction publique et ses agents servent de "variable d'ajustement pour l'équilibre des comptes de la nation". 

"Mais où est passée la fonction publique ?", s'interroge la CFDT (2e), qui dit attendre "une réponse rapide à ses interrogations qui concernent plus de 5 millions de fonctionnaires et agents publics".

L'Unsa (4e) évoque "un mauvais signal donné aux agents" qui "renvoie à un passé" où la révision générale des politiques publiques (RGPP), dont la mesure phare était le non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux dans la Fonction publique d'Etat, "avait réduit la politique fonction publique à une gestion mécanique par les seuls coûts". 

5e syndicat de fonctionnaires, mais première chez les enseignants, la FSU juge inacceptable "de traiter des missions de services publics par le seul prisme budgétaire", tandis que CFTC et CFE-CGC dénoncent également en choeur un "choix comptable" et une "logique comptable".

De son côté, Mme Lebranchu, invitant Emmanuel Macron à expliquer "où et quand" il supprimera 120.000 postes de fonctionnaires, dit néanmoins "attendre de voir comment les nouveaux équilibres ministériels vont concrètement se mettre en place".

Pour elle, une seule question vaut : "quels services publics voulons-nous ?".

 
174 commentaires - Fonctionnaires: la suppression du ministère suscite la critique des syndicats
  • ministère des fonctionnaires, une très bonne chose
    il faut arreter de donner des privilèges, des avantages et des emplois à vie à ces gens là

  • Bravo pour la suppression du ministère ...
    et mise en place de l'inventaire des avantages des fonctionnaires...
    n'importe qui du privé envie l'emploi à vie ...pour quelle contrepartie ? - de 35 h par semaine, des arrêt-maladie ,sans limite , ...

  • l’ossature de la république passe avant tout par l'ossature et la charpente pertinentes des autres mécanismes d'un pays pour entretenir ce système et non l'inverse ! Mais cela seul louis XIV pourrait ne pas l'expliquer !
    En fait , ces fonctionnaires ont peur de ne pas pouvoir nous piquer assez de pognon pour vivre de leur incommensurable importance ! Les élus , tels qu'ils se désignent en terme de privilège et de priorité nationale ! Qu'ils restent au bon niveau , on ne leur en demande pas plus , juste au bon niveau !

  • Aujourd'hui plus que jamais,ce qui fait l'intérêt majeur de la fonction publique,c'est la sécurité de l'emploi...Cette sécurité découle d'une foi généreuse en l'homme et a fait merveille à l'époque des "hussards noirs de la République",c'est-à-dire à une époque où les valeurs morales étaient bien ancrées dans la population...On peut douter que ce soit encore le cas aujourd'hui ; ainsi,un seul enseignant peu motivé sur dix suffit à discréditer la profession,à quoi s'ajoutent bien évidemment les difficultés liées au manque de formation des jeunes profs et aux carences propres à l'EN : il ne suffit pas de mettre devant des élèves quelqu'un qu'on affuble du nom de "prof" pour que le miracle s'accomplisse ! Encore faut-il que ce "prof" soit solide dans sa discipline et formé pédagogiquement...C'est pourquoi je penche pour une certaine évaluation au mérite (Gros problème de mise en place,je le reconnais) et peut-être aussi d'en finir avec la sécurité sacro-sainte de l'emploi,afin que les fonctionnaires sans conscience ne puissent continuer à sévir sur le dos des usagers et des contribuables.

    peut être faudra-t-il également réfléchir au salaire des profs dont vous parlez, 5 ans de fac et 1500€ pour commencer, c'est sûr ce sont des privilégiés!

  • que de commentaires négatifs à l'encontre des fonctionnaire avec cette particularité que peu savent ce q'est un fonctionnaire ,son statut ,ou il est présent il y a un gros morceau c'est la fonction hospitalière (les infirmiers(es) tout le personnel para médical ,la police ,l'éducation nationale , il est peu probable que ces ministères soient réduits puisque le gouvernement envisage de recruter des policiers ,il faut recruter des emplois de surveillants dans la pénitentiaire ,la durée professionnelle des soignants est en nette diminution en cause le manque d'effectifs ,le nombre d'actes ,ce sont des corps que l'on peut guère "toucher" par contre en ce qui concerne les agents de la fonction territoriale il y problème les communautés de commune qui auraient du en principe jouer sur une diminution des personnels et ainsi des charges est en fait le contraire on a embauché à outrance pour aider les uns ou les autres pour services rendus il s'y trouve une nuée de directeurs ,de sous directeurs de vice présidents ect

    tout a fait raison et les administrés non pas vu d amélioration dans les services rendu par contre les feuilles d impots locaux les augmentation ont été subtentciel

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