Procès Fiona: les accusés clament de nouveau leur innocence

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 Nicolas Chafoulais (D) le père de Fiona et son avocat Charles Fribourg, au tribunal du  Puy-en-Velay le 9 octobre 2017

Nicolas Chafoulais (D) le père de Fiona et son avocat Charles Fribourg, au tribunal du Puy-en-Velay le 9 octobre 2017

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© AFP, Thierry Zoccolan
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AFP, publié le lundi 09 octobre 2017 à 22h05

"Je n'ai pas tué Fiona": au premier jour de leur procès en appel devant les assises de Haute-Loire, la mère de la fillette et son ex-compagnon, jugés pour coups mortels, ont de nouveau clamé lundi leur innocence.

Emmitouflée dans un épais gilet beige à fanfreluches, Cécile Bourgeon a semblé dormir pendant la lecture des faits, le visage bouffi encadré de longs cheveux blonds. Avant de prendre calmement la parole, interrogée par le président de la cour, Etienne Fradin.

"Je n'ai jamais maltraité mes enfants. J'ai échoué en tant que mère, je n'ai pas su protéger ma fille  (...) mais je vais être honnête, Monsieur le Président, si (Berkane Makhlouf, son ancien concubin, ndlr) avait commencé à la taper, je l'aurais quitté", assure la jeune femme de 31 ans, les yeux ourlés de noir et les ongles peints en rouge.

"Que je sois en prison ou dehors, j'ai pris perpétuité. Fiona, elle reviendra jamais. Je vais devoir vivre avec ça. La question, c'est: est-ce que je vais y arriver ?", s'interroge celle qui a tenté de mettre fin à ses jours en prison durant l'été.

Un peu plus tôt, Berkane Makhlouf, 36 ans, moins hébété par les médicaments qu'en première instance selon son avocat, l'avait devancée dans ses dénégations en prenant la parole sans y être invité.

"Je suis écoeuré par rapport à ça (sa condamnation en novembre dernier, ndlr). J'ai pris 20 ans comme un criminel alors que je n'ai pas tué Fiona. Cécile, elle a reconnu avoir menti (...) On m'a sali, je veux vraiment que la lumière soit faite", lance l'accusé volubile, au visage glabre, vêtu d'un épais pull gris.

Il demande à ne pas être jugé sur son passé violent, avec des adultes uniquement. "C'est verrouillé dans ma tête, je m'en prends pas aux enfants", martèle-t-il. "Je jouais avec Fiona dans le couloir, je l'emmenais à l'école, je faisais le cheval, je jouais au Mikado, à la console", énumère l'accusé qui évoque "des moments de bonheur" en famille.

"C'était un ange cette gamine, j'avais pas du tout lieu d'être violent avec elle, tout ce que je me suis permis, c'est de lui donner une petite tape sur les fesses."

- "Il nous reste dix jours" -

Et l'accusé d'affirmer qu'ils ne sont pas des criminels en regrettant que le corps de la fillette de cinq ans n'ait pu être retrouvé et autopsié, faute d'avoir pu retrouver le lieu où le couple, connu pour sa toxicomanie à l'époque, dit l'avoir enterré dans les environs de Clermont-Ferrand, en 2013.

"Je trouve que Berkane Makhlouf répond sans aucune concession au président. Il ne cherche pas l'esquive et à s'excuser. Il est plein d'humanité pour Cécile Bourgeon, il n'est pas dans une forme de stratégie", a commenté son conseil, Me Mohamed Khanifar.

Mais les proches de la victime ne croient pas à la thèse de l'accident - Fiona aurait pu avaler un produit, comme du Subutex, le soir du drame dans l'appartement familial - et réclament la vérité.

"Elle (Cécile Bourgeon) manipule la cour, elle manipule tout le monde (...) Je veux qu'elle fasse une grosse peine de prison, cinq ans, c'est pas grand-chose", a déclaré avant l'audience Nicolas Chafoulais, le père de l'enfant.

Les accusés peuvent-ils leur apporter des réponses ? La défense en doute mais les parties civiles veulent tout tenter.


"Souvent, en appel, ce sont les pères et les beaux-pères - ceux qui ont souvent pris la peine la plus lourde en première instance - qui craquent. Il nous reste 10 jours et je compte bien en profiter", estime Me Marie Grimaud, avocate d'une association de protection de l'enfance.

Le 12 mai 2013, Cécile Bourgeon, enceinte de son troisième enfant, avait signalé à la police la disparition de Fiona dans un parc de Clermont-Ferrand, un mensonge que le couple a maintenu pendant plusieurs mois avant d'avouer sa mort en se rejetant mutuellement la faute.

 
90 commentaires - Procès Fiona: les accusés clament de nouveau leur innocence
  • Ils n'a rien fait ,il le dit ,elle n'a rien fait non plus ,elle le dit aussi et si son copain avait battu sa fille ,elle serait partie , oui ,mais alors qu'est il arrivé à cette petite Fiona et où est elle ? Quand je lis ce que ces deux là on dit au tribunal ,je me dis qu'il y a des coups de pied quelque part qui se perdent ,qu'on les enferme à vie jusqu'à se qu'on retrouve ce petit ange !!!!

  • Ils ne cessent de clamer leur innocence! La petite est morte sous les coups, de surcroît elle a visiblement beaucoup souffert les jours et heures qui ont précédé. Un hématome à la tempe caché par un bandeau, des vomissements, une agonie avec personne vers qui se tourner puisque ni sa mère ni son beau-père ne l'ont secourue.

    Ils l'ont ensuite enterrée dans un coin et la mère a joué la grande scène de la gamine enlevée. Bien sûr qu'il y a des explications psychologiques à tout cela (quand on est sain d'esprit on ne tue pas ou on n'assiste pas au meurtre de son propre enfant pour l'enterrer ensuite n'importe où et la laisser là!)

    Il y a aussi une très grande manipulation, une désinvolture par rapport à la gravité des actes. Vous êtes pitoyables M. Maklouf et Mme Bourgeon, le seul sort qui vous préoccupe est le votre et votre volonté de sortir de prison au point de vous rejeter la faute l'un sur l'autre, comme s'il n'y avait qu'un coupable. Vous minimisez votre rôle dans la mort de cette pauvre petite.

    Je crois Madame que vous êtes encore pire que votre compagnon. Comptez les années, les mois, les jours, les heures que votre propre fille gît quelque part et dites au moins ce que vous en avez fait. Vous lui devez au moins ça!

    Il y aura du monde après pour prendre soin de ce petit corps, lui offrir une sépulture décente et se recueillir sur la tombe de ce petit martyre, votre enfant!

  • Avez vous déjà vu des gens avouer leur culpabilité ? MOI pas.

    La recherche des aveux n'a aucun sens quand on sait que même en face de leurs mensonges, de preuves évidentes, etc. personne n'avouera. Alors à plus forte raison s'il n'y a pas de preuve évidente.

    Bien sûr il y a des accusés qui sont innocents. Cela s'est déjà vu !

    Mais ,enfin la petite a 5 ans ,ils doivent bien savoir ce qu'elle est devenue qu'ils soient coupables ou innocent ce dont je doute sérieusement !

  • aucune clémence pour ses 2 individus. C'est horrible ce qu'ils ont fait subir à cette jolie petite fille.La mère est encore plus responsable car elle aurait dû défendre sa petite fille.
    Cette petite fille n'a même pas de sépulture.
    Ils doivent rester en prison jusqu'à la fin de leur vie.

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